Une trentaine d’étudiantes et étudiants du baccalauréat en histoire de l’art présentent «Chemins de désir: traces et mémoires uqamiennes», une exposition créée dans le cadre du cours Organisation d’une exposition, donné par la chargée de cours Laure Bourgault. Installée dans l’espace adjacent au foyer de la salle Jean-Claude Lauzon (J-M400), elle invite le public, jusqu’au 19 décembre, à redécouvrir l’UQAM à travers ses archives matérielles, photographiques et institutionnelles.
Les documents rassemblés témoignent des générations qui ont «habité» l’université depuis 55 ans: leurs créations, leurs mobilisations, leurs constructions, mais aussi les traces plus discrètes qui s’effacent peu à peu. Ensemble, ces fragments racontent une UQAM vivante, mouvante, traversée par des gestes qui ont laissé autant de marques visibles que de chemins souterrains.
Au cœur du projet se trouve le concept urbanistique de «chemins de désir»: ces parcours spontanés tracés par les usagères et usagers, en marge des itinéraires planifiés. Métaphore centrale de l’exposition, il révèle la tension entre l’espace conçu et l’espace vécu, et souligne la manière dont la communauté uqamienne façonne, détourne ou réinvente son environnement.
L’exposition explore cette idée à travers trois axes (mouvements sociaux, arts, architecture) qui mettent en lumière les multiples façons dont les Uqamiennes et Uqamiens ont créé leurs propres passages depuis 1969. La scénographie, inspirée du travail en atelier, propose un double parcours: des panneaux verticaux qui exposent les archives sous forme de fragments, et un espace de consultation horizontal où les visiteuses et visiteurs peuvent ouvrir des chemises, feuilleter des dossiers et participer eux-mêmes au processus de recherche.
On peut notamment y consulter des photos et des esquisses de la construction de la phase 1 du campus central, en 1974-1975 (démolition de l’église Saint-Jacques, maquette du campus, esquisse d’une brasserie et d’une discothèque), de quelques expositions ou performances artistiques réalisées à l’UQAM au fil des ans (la momie de l’UQAM, des sculptures, un artiste qui fait brûler ses œuvres sur le terrain de l’université en 1978!), et de plusieurs mobilisations syndicales et étudiantes, dont celle du Printemps érable de 2012.
L’expérience se déploie ainsi comme une enquête vivante au cœur des mémoires uqamiennes.