Les résultats aux épreuves ministérielles de français démontrent que les élèves éprouvent des difficultés avec la syntaxe et la ponctuation. «Ce sont aussi des éléments difficiles à enseigner, note Marie-Hélène Giguère, professeure au Département d’éducation et formation spécialisées. Des outils existent, mais l’application en classe est ardue.»
Pour répondre à ce besoin, une autoformation numérique sur l’enseignement de la syntaxe et de la ponctuation a été lancée récemment sur la plateforme Cadre21, un OBNL spécialisé dans les formations numériques. S’adressant aux personnes qui enseignent le français au troisième cycle du primaire et au premier cycle du secondaire, le projet a obtenu une subvention de 170 000 dollars des Fonds de recherche du Québec – Société et culture.
La formation dure entre huit et neuf heures. «Elle peut être suivie de façon autonome, au rythme des enseignantes et enseignants, souligne Marie-Hélène Giguère. Elle mène à une attestation et est reconnue dans les heures d’activités de formation continue exigées dans la Loi sur l’instruction publique.»
Une séquence didactique qui a fait ses preuves
La formation vise à se familiariser avec l’enseignement d’une séquence didactique en syntaxe et en ponctuation développée par une équipe de recherche de l’UQAM et de l’UQAC au milieu des années 2010. La séquence, qui a été testée dans 17 classes, propose des activités interactives et l’utilisation systématique des manipulations syntaxiques. «L’enseignement de cette séquence a permis d’améliorer significativement les textes des élèves, tant descriptifs que narratifs, affirme Marie-Hélène Giguère. Ils maîtrisent davantage les phrases complexes et la créativité syntaxique et comprennent mieux leurs erreurs de syntaxe.»
La séquence est divisée en trois blocs. Le premier porte sur les phrases syntaxiques et graphiques; le second sur la ponctuation négociée (les élèves sont devant un texte sans ponctuation et doivent justifier les signes en s’appuyant sur des critères syntaxiques); et le troisième sur la combinaison de courtes phrases répétitives en une seule phrase graphique. «Ce procédé peu utilisé dans la Francophonie a fait ses preuves dans le monde anglo-saxon», mentionne la professeure.
Pour chacun des blocs, des activités à faire en classe avec les élèves sont détaillées de façon explicite. «Nous illustrons chaque activité avec des vidéos, des textes formels et des questionnaires d’autorégulation, explique Marie-Hélène Giguère. Les activités favorisent l’apprentissage inductif par la manipulation et la réflexion.»
Au total, la séquence comprend une vingtaine d’activités de 30 à 45 minutes à faire en classe avec les élèves. «Tout le matériel peut être téléchargé gratuitement», précise la chercheuse.
Depuis sa mise en ligne, l’autoformation a été visionnée par plus de 1600 personnes enseignantes. De ce nombre, 700 ont fait une demande pour obtenir une attestation de formation continue. «Nous allons prochainement évaluer les bienfaits de l’autoformation, tant chez les élèves que les personnes enseignantes, conclut Marie-Hélène Giguère. Pour l’instant, les échos que nous recevons sont très positifs.»