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Benjamin Deruelle au Forum sur la justice militaire au Canada

Le professeur d’histoire a présenté ses travaux à l’événement qui a réuni des intervenants du système de justice militaire canadien.

12 décembre 2025 à 16 h 03

Le professeur du Département d’histoire Benjamin Deruelle, titulaire de la Chaire de recherche en histoire de la guerre, et Roch Legault, professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean et chercheur associé à la Chaire, ont été invités à participer au Forum sur la justice militaire au Canada, tenu en novembre dernier à Ottawa. Cette rencontre bisannuelle réunit les principaux intervenants du système de justice militaire canadien, notamment le vice-chef d’état-major de la défense, le juge-avocat général (JAG), avocat militaire principal des Forces armées canadiennes (FAC), le grand prévôt des FAC ainsi que les directeurs des poursuites militaires et du Service des avocats de la défense.

C’est le Cabinet du JAG qui a entrepris l’organisation du Forum à la suite du Rapport 3 de 2018 du Vérificateur général du Canada – Administration de la justice dans les Forces armées canadiennes, explique Benjamin Deruelle. «Il s’agit d’un lieu de consultation et d’échanges qui contribue aux réflexions actuelles sur l’état et l’avenir du système de justice militaire, sur l’amélioration de son fonctionnement et sur sa modernisation». Cette année, le Forum portait sur l’état de préparation et la capacité de déploiement du système de justice militaire canadien ainsi que sur sa capacité d’adaptation à l’environnement opérationnel du futur.

Le professeur a été invité à participer au Forum par le bureau du JAG afin d’exposer les travaux de sa Chaire développés dans le cadre du projet financé par le CRSH et du programme MINDS du ministère de la Défense nationale, intitulé «Justice militaire en Europe occidentale et en Amérique du Nord (14e-20e s.)». Benjamin Deruelle a également présenté les résultats préliminaires d’un rapport commandé par le bureau du JAG au printemps 2025. «Ce rapport doit offrir un point de vue synoptique sur la manière dont, dans le temps, les systèmes de justice militaire ont été impactés et se sont adaptés dans les périodes de mobilisation et de déploiement de forces à l’extérieur des frontières nationales. Il doit aussi identifier les enjeux cruciaux de la justice militaire, décrire son fonctionnement et mettre en lumière ses limites.»

La collaboration entre la Chaire du professeur et le Cabinet du JAG a débuté dans le cadre de ces projets de recherche, à la fin de l’année 2024. Elle se poursuit depuis par des rencontres et des échanges réguliers.


Une expertise utile

«L’expertise de la Chaire repose sur la contribution que la connaissance du passé apporte à la compréhension des enjeux actuels, notamment pour agir face à la montée sans précédent des tensions internationales depuis la Seconde Guerre mondiale et la fin de la Guerre froide», souligne l’historien. L’utilité de l’histoire réside également dans l’application de ses méthodes pour interroger le présent à partir de contextes moins passionnés, pour ouvrir, par analogie, des voies de réflexion. «Bien que tournée vers le passé, l’histoire permet alors non pas de prédire l’avenir, évidemment, mais d’éclairer le présent et d’envisager les conséquences éventuelles des choix qui pourraient être faits aujourd’hui», note Benjamin Deruelle.

Selon le professeur, les récentes «crises des inconduites» dans l’armée canadienne – violences perpétrées par certains militaires à l’égard de leurs semblables, amis ou ennemis, et de populations – posent depuis le début des années 2020 la question de la place de l’armée dans la société, du rapport de ses membres au pouvoir, à la démocratie et à la citoyenneté, et de la confiance à accorder à son système de justice pour régler ses problèmes. «Au-delà de l’instauration de commissions d’enquête et de la proposition de recourir à des juges civils, une réflexion importante a été lancée au sein des forces armées, notamment par le bureau du JAG, pour améliorer le fonctionnement de la justice militaire par le renforcement du dialogue et des relations avec la société et avec le monde de la recherche», relève Benjamin Deruelle.