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Un cri d’alarme pour les psychologues scolaires

Le nombre de psychologues dans les écoles secondaires québécoises a diminué de 45 % au cours de la dernière décennie.

Série

Acfas 2025

Par Jean-François Ducharme

6 mai 2025 à 9 h 54

Mis à jour le 8 mai 2025 à 8 h 05

Si le décrochage professionnel des enseignantes et enseignants est bien documenté, celui des psychologues scolaires demeure méconnu. Le problème est pourtant bien réel. Au Québec, le nombre de psychologues dans les écoles secondaires a diminué de 45 % entre 2011 et 2023.

«Les causes mentionnées par les psychologues qui fuient l’école sont multiples, affirme la professeure du Département de psychologie Maryvonne Merri. Les tensions avec les directions d’école et avec les collègues des autres corps professionnels qui gravitent autour des élèves – orthopédagogues, orthophonistes, psychoéducateurs, etc. – peuvent amener un sentiment d’isolement, une perte d’autonomie professionnelle et des dilemmes éthiques. La lourdeur de la tâche, la taille des établissements, la diversité des problématiques de santé mentale vécues par les élèves et le manque de temps consacré à l’intervention et à la prévention sont aussi des facteurs d’épuisement.»

Afin de faire le point sur l’état de la profession, la professeure coorganise, avec ses collègues Marie-Pierre Fortier et Laurie Bergeron, du Département d’éducation et formation spécialisées, le premier colloque consacré à ce sujet au Québec. Intitulé L’activité des psychologues scolaires: contradictions vécues, décrochage professionnel et persévérance (8 et 9 mai), le colloque est organisé en collaboration avec l’Association québécoise des psychologues scolaires (AQPS). Le professeur du Département de psychologie Marc Bigras et les étudiants au doctorat Jean-Micael Pothier, Benoit Lalonde et Zakaria Idrissi participent au colloque.

La rencontre vise notamment à trouver des pistes susceptibles de favoriser la rétention et le recrutement et à favoriser l’interprofessionnalité. «Une table ronde réunira des membres de différents corps professionnels afin de mieux travailler ensemble pour le bien des élèves», soulignent Marie-Pierre Fortier et Laurie Bergeron.

Les enjeux vécus par les psychologues scolaires sont aussi observés à l’international. Ainsi, plusieurs conférencières et conférenciers de France aborderont les défis que doivent relever les psychologues de l’Éducation nationale.

Le colloque s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche qui a obtenu une subvention de développement de partenariat du CRSH. Ce projet documentera les besoins de transformation organisationnelle, de soutien professionnel et de formation exprimés par 500 psychologues membres de l’AQPS.

Maryvonne Merri, Laurie Bergeron et Marie-Pierre Fortier croient que ce colloque pourrait aussi préparer le terrain pour d’éventuelles formations interprofessionnelles. «La plupart des psychologues scolaires n’ont jamais rencontré un orthopédagogue avant d’être sur le terrain, mentionnent les chercheuses. On espère que notre colloque permettra de créer un dialogue entre les associations professionnelles et qu’il sera un tremplin réflexif pour penser ces éventuelles formations.»