Plusieurs chercheuses et chercheurs de l’UQAM participeront à l’édition 2024 des Entretiens Jacques Cartier, qui se déroulent cette année à Montréal, Sherbrooke, Québec et Ottawa. Quatre colloques sont organisés ou co-organisés par des Uqamiens ou Uqamiennes, dont trois qui auront lieu entre les murs de l’université.
Créés en 1987 à Lyon, en France, les Entretiens Jacques Cartier proposent chaque année colloques, conférences et moments de réseautage reflétant les quatre thématiques du Centre Jacques Cartier: Santé et sciences de la vie; Enjeux de l’innovation et des nouvelles technologies; Enjeux économiques et écoresponsables; Culture et société. Ils se tiennent alternativement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et au Québec et à Ottawa.
Acceptabilité sociale de la transition écologique
La professeure du Département de communication sociale et publique Stéphanie Yates co-organise avec ses collègues Valérie Lehmann (management) et Corinne Gendron (stratégie, responsabilité sociale et environnementale) le colloque intitulé «L’acceptabilité sociale de la transition écologique: enjeux, controverses et vivre-ensemble», les 16 et 17 octobre, au Salon orange du Centre Pierre-Péladeau.
Il y sera question de la transition des énergies fossiles vers des énergies renouvelables ou moins polluantes, laquelle transition suscite de vives tensions sociales, que l’on pense aux mobilisations citoyennes liées à l’exploitation des minéraux critiques et stratégiques (graphite, lithium), à l’éventuelle construction de nouveaux barrages hydro-électriques au Québec, aux taxes sur le carburant ou au retour du nucléaire en France.
«Les autorités locales sont directement interpellées par ces débats, souvent issus des communautés riveraines appelées à subir les externalités négatives de ces projets, précise Stéphanie Yates. Ces conflits posent avec acuité la notion d’acceptabilité sociale, que nous entendons aborder sous différents angles dans le cadre de ce colloque, et pavent la voie à des controverses plus profondes associées à une véritable transition écologique, dont les implications feront aussi l’objet de nos échanges.»
Le doyen de l’ESG UQAM, Komlan Sedzro, participera à la table ronde en ouverture de la deuxième journée du colloque.
La notion de sobriété
Le professeur du Département de marketing de l’ESG UQAM Fabien Durif co-organise avec sa collègue de l’Université Clermont-Auvergne Christine Lambey-Checchin le colloque intitulé «La sobriété comme levier essentiel des transitions? Regards croisés sur les enjeux et les défis d’opérationnalisation», le 17 octobre, à la salle facultaire de l’ESG UQAM (R-3750).
Dans la foulée de la pandémie de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine, la notion de «sobriété» a émergé dans le paysage politique en France comme au Québec, explique Fabien Durif, directeur de l’Observatoire de la consommation responsable et du GreenUxLab. Mobilisée par de nombreux acteurs, la sobriété n’a pour l’instant pas de définition précise et consensuelle. «Elle englobe diverses pratiques encourageant une modération de la production et de la consommation de biens ou de ressources, précise le professeur. Malgré son importance, la sobriété peut être perçue négativement en raison d’associations avec des contraintes, du renoncement, voire de l’appauvrissement.»
Comment faire accepter des changements de comportement en faveur de la sobriété? Quel est le rôle des universitaires, des pouvoirs publics, des OBNL, des entreprises privées et des citoyens dans l’accélération des pratiques de sobriété? Ces questions seront abordées durant le colloque.
Soigner l’accompagnement
En collaboration avec Françoise Farge (ALYNEA, Interface 9ème), Mélanie Couture (Université de Sherbrooke), Vincent Rialle (Université Grenoble-Alpes), Nicole Borie (Centre psychanalytique de consultations et traitement de Lyon) et Laurence Langer-Sautière (Ville de Lyon), la professeure de l’École de travail social Marie-Chantal Doucet organise le colloque intitulé «Soigner l’accompagnement: versants clinique, social et politique», le 17 octobre, au pavillon J.-A.-DeSève (local DS-1950). Le vice-doyen à la recherche de la Faculté des sciences humaines, Pascal Bastien, prononcera le mot de bienvenue de l’événement.
Le malaise des intervenants psychosociaux a été largement documenté dans la littérature francophone, observe Marie-Chantal Doucet. Les études montrent que l’emprise managériale y joue un rôle crucial et que les pratiques d’accompagnement se reconfigurent dans un contexte institutionnel de plus en plus fragmenté, ce qui fait naître un phénomène nouveau de solitude dans le travail.
En France, par exemple, on constate une séparation progressive entre le social et le soin en dépit d’une «inséparabilité» vécue sur le terrain, illustre la chercheuse. «Au Québec, les restructurations trilogiques du public, du communautaire et du privé occasionnent un sentiment d’inquiétude chez des professionnels toujours à l’affût de “ce qui s’annonce”. Serait-il possible de retrouver l’art de “soigner le soin” de nature à restaurer une dynamique de confiance dans ce champ d’activité fondamental à nos sociétés?», s’interroge-t-elle. Cette question servira de base aux échanges.
Densification urbaine et biodiversité
La Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier de l’ESG UQAM co-organise le colloque «Logement + Nature: comment concilier ces défis?», le 17 octobre, en collaboration avec l’Agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise, l’Institut de la résilience et de l’innovation urbaine et la Métropole de Lyon. L’événement se déroulera au Centre des mémoires montréalaises en présence du recteur Stéphane Pallage, qui prononcera le mot d’ouverture.
«L’objectif du colloque est de réfléchir à la manière dont la densification urbaine et les besoins en matière de logement abordable peuvent être conciliés avec les impératifs climatiques et de conservation de la biodiversité», précise la professeure du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale Andrée De Serres, titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier de l’ESG UQAM.
Le colloque vise à créer un espace de dialogue et d’échange pour partager des expériences, des études de cas et des pratiques innovantes afin de stimuler les réflexions en matière de développement de nouvelles formes d’habitat permettant de réinventer l’espace urbain de manière durable, inclusive et résiliente. «Nous aborderons également les questions de nouveaux encadrements réglementaires propices à la création d’innovation ainsi que l’étude des impacts sociaux et sanitaires de la nature urbaine sur le bien-être des citoyens», ajoute Andrée De Serres.
On peut consulter le programme complet de l’édition 2024 et s’inscrire aux colloques sur le site des Entretiens Jacques Cartier.