Selon l’édition 2016 du Baromètre de la consommation responsable au Québec, ce sont les Québécois issus de la génération Y, âgés entre 18 et 24 ans, et ceux de la génération de 65 ans et plus qui sont les plus responsables. Réalisé pour une septième année consécutive par l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM, avec le soutien d’Éco Entreprises Québec, le baromètre dresse le portrait des comportements des consommateurs québécois des six dernières années.
C’est la première fois en six ans que l’on observe un renversement dans l’ordre des groupes d’âge les plus responsables. Les Québécois âgés de 45 à 64 ans représentaient jusqu’alors la génération la plus responsable. «Dans les éditions précédentes, on remarquait qu’à chaque passage d’une génération à l’autre, l’indice de consommation responsable augmentait. En 2016, ce sont les générations opposées qui sont les plus impliquées dans la consommation responsable: les 18-24 ans occupent la première place avec un indice de 67,6 points et les 65 ans et plus la deuxième place avec un indice de 66,7 points», explique Fabien Durif, professeur au Département de marketing de l’ESG UQAM et directeur de l’OCR.
Ce phénomène s’observe également sur le plan des revenus puisque ce sont les citoyens les plus et les moins nantis qui pratiquent le plus la consommation responsable.
L’indice de consommation responsable (ICR) progresse de 2,1 points depuis 2010, ce qui démontre que la consommation responsable s’implante progressivement dans les pratiques des citoyens.
Parmi les types de comportements responsables les plus répandus chez les Québécois, le recyclage demeure au premier rang suivi de la déconsommation, de la consommation locale et de la protection des animaux. Chez les Québécois qui décident de consommer moins, près de 75 % renoncent à acheter des produits dont ils n’ont pas besoin ou diminuent leur consommation de façon générale (62 %). «La déconsommation prend de l’ampleur, surtout chez les milléniaux (les 18-34 ans)», fait remarquer Fabien Durif.
L’achat local, particulièrement en ce qui concerne l’épicerie, est une pratique responsable bien ancrée au Québec. L’origine des produits semble mobiliser les consommateurs, considérant que pour près des deux tiers des répondants le lieu de production constitue un critère très important lors de l’achat de produits alimentaires. Le logo Aliments du Québec, par exemple, semble avoir un fort impact sur le choix des consommateurs. Plus de 50% des répondants assurent consacrer au moins 30% de leur budget alimentaire aux produits locaux par plaisir ou pour des raisons environnementales.
Autres constats
Plus de 8 consommateurs sur 10 choisissent un mode de vie plus sain en optant, par exemple, pour des aliments qui les aident à rester en bonne santé.
Le nombre de propriétaires de véhicules hybrides progresse significativement. En 2016, 3,4% des citoyens disent posséder une voiture hybride contre 1,7% en 2015.
Le phénomène de la consommation collaborative a la cote. Les services de partage Uber et Airbnb continuent de progresser de manière significative. Airbnb séduit notamment les Québécois pour son excellent rapport qualité/prix, le côté pratique et la personnalisation du service.
Les habitations écologiques sont encore peu répandues chez les consommateurs. Quelque 3,7% seulement des répondants possèdent une telle résidence. Toutefois, 31,6% des répondants entrevoient une option écologique pour leur prochaine habitation. Les citoyens prêtent une attention aux caractéristiques écologiques d’une habitation, même si celles-ci ne sont pas encore déterminantes dans leur choix par rapport à d’autres attributs comme le prix, l’état de la propriété, l’emplacement, la proximité des services ou le montant des taxes.
Enfin, le marché écoresponsable est encore source de confusion. Quelque 63,9 % des répondants se disent très confus face aux allégations environnementales des produits verts; 31,7 % se disent très sceptiques face à ces produits et même 46,0 % y voient une forme d’écoblanchiment, un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image écologique responsable.