Le succès dans le sport dépend essentiellement de trois facteurs: le talent, le travail… et la chance. Ce dernier élément a cruellement manqué à Philippe Guertin lors de l’épreuve de natation de 10 kilomètres en eau libre, qui avait lieu à Cozumel, au Mexique, le 2 mai dernier.
Après 8 kilomètres, l’étudiant au baccalauréat en sciences comptables nageait allègrement vers un podium, lorsqu’un concurrent a fait une manœuvre qui l’a poussé vers les bouées servant à délimiter le parcours. En heurtant une bouée, le nageur a subi une fracture d’un os de la main gauche. «Philippe a franchi les deux derniers kilomètres de la course à un seul bras, avant de sortir de l’eau en ambulance», raconte son père Michel.
En ralentissant la cadence, l’Uqamien est passé du premier au troisième rang chez les Canadiens. Or, seuls les deux premiers participeront aux Championnats du monde en eau libre en Russie cet été. Cette épreuve sert de qualifications pour les Jeux olympiques de Rio en 2016. «Il devra vraisemblablement faire une croix sur les Jeux de Rio, admet son père. C’est triste que la course la plus importante de sa carrière se termine de cette façon.» Puisque les nageurs en eau libre atteignent habituellement leur apogée à un âge plus avancé, l’athlète de 24 ans pourra assurément tenter de nouveau sa chance pour les Jeux olympiques de 2020.
Bien que sa main soit présentement immobilisée dans un plâtre, Philippe Guertin ne devrait pas subir d’opération. Le nageur peut aussi trouver consolation dans le fait que ses récentes performances aux Essais canadiens de natation en piscine lui ont permis de se classer pour les Universiades d’été, qui auront lieu à Gwangju, en Corée du Sud, du 3 au 14 juillet prochains. «Souhaitons que sa main soit rétablie d’ici là», mentionne Michel Guertin.