L’École préparatoire de musique (EPM) rendra hommage à la professeure de chant classique et soprano Colette Boky, du Département de musique, dans le cadre d’un concert hommage. L’événement, qui aura lieu le mardi 19 mai à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, s’inscrit dans le cadre du concert bénéfice annuel de l’École. «Nous avons eu l’idée de rendre hommage à cette grande dame de l’art lyrique avant qu’elle ne prenne sa retraite, explique Isabelle Héroux, professeure au Département de musique et directrice de l’École. C’est une manière de la remercier de son immense apport au Département de musique tout en valorisant son travail.»
Selon la directrice de l’EPM, Colette Boky est une véritable mentor pour ses étudiants et une professeure accessible et passionnée. «Elle a joué sur les plus grandes scènes du monde dans des productions à grand déploiement et elle possède une solide expérience de la scène», remarque Isabelle Héroux. Comme Colette Boky a de plus touché à la mise en scène et à la conception d’un opéra, elle peut aussi en enseigner les rudiments. «Ce ne sont pas tous les chanteurs d’opéra qui ont cette double expérience», rappelle la professeure.
Pédagogue hors pair très appréciée de ses étudiants, Colette Boky est arrivée à l’UQAM en 1981, à l’invitation du professeur d’art lyrique Joseph Rouleau, qui a enseigné au Département de musique de 1980 à 1998. Ensemble, ils ont fondé l’Atelier d’opéra de l’Université dans le but de partager leurs expériences comme professionnels de la scène lyrique et de former la relève. À ses débuts comme professeure de chant, Colette Boky est d’abord assistante à la direction artistique de Joseph Rouleau dans le cadre des productions de l’Atelier d’opéra. Elle en assumera la direction peu avant le départ de Joseph Rouleau à la fin des années 90. Durant ces années, elle poursuit également sa carrière de cantatrice. «C’est une véritable force de la nature», témoigne Isabelle Héroux.
Mordue de comédie musicale et amoureuse de tous les styles musicaux, la cantatrice a signé une dizaine de mises en scène avec l’Atelier d’opéra et ses étudiants, dont celle de La bohème de Puccini, de La flûte enchantée de Mozart et de Carmen de Bizet. «C’étaient des mises en scène considérables, avec de grands orchestres, dans lesquelles on retrouvait aussi des musiciens en formation», précise Isabelle Héroux. Colette Boky a aussi créé des opéras, dont Le prix, en 1993. Plusieurs Uqamiens ont participé à cette production, dont les regrettés Jacques Hétu, professeur et compositeur, à la musique, et Miklós Takács, qui a longtemps dirigé le Chœur de l’UQAM, à la direction musicale. La mise en scène était assurée par Larry Tremblay, alors professeur à l’École supérieure de théâtre. Colette Boky planche actuellement sur un projet de recherche rassemblant entre autres ses archives de l’Atelier d’opéra pour le site Web du Service des archives et de gestion des documents de l’UQAM.
Une carrière florissante
Colette Boky obtient un diplôme de maîtrise et le Premier Prix de chant avec distinction du Conservatoire de musique du Québec en 1961. Lauréate du prix d’Europe l’année suivante, elle poursuit sa formation à Paris et remporte le second prix au Concours international d’exécution musicale de Genève. Sa carrière internationale prend véritablement son envol lorsqu’elle joue au Metropolitain Opera de New York. Elle y interprétera plus d’une vingtaine de premiers rôles et y restera une dizaine d’années.
Durant sa carrière, elle interprétera plus de 70 rôles sur les scènes les plus prestigieuses des États-Unis, d’Europe et du Canada tout en étant la vedette de nombreuses productions télévisées. Colette Boky a chanté auprès des plus grands noms de la scène lyrique mondiale tels que Renata Tebaldi, Joan Sutherland, Marilyn Horne, Franco Corelli, Luciano Pavarotti et Placido Domingo. Elle a triomphé sous la direction de grands chefs d’orchestre comme Leonard Bernstein, Karl Richter, Zubin Mehta, Peter Maag et Charles Dutoit. Avec l’Orchestre symphonique de Montréal, Colette Boky donnera plus de 25 concerts, dont la célèbre Huitième Symphonie de Mahler.
Les honneurs
Colette Boky a reçu plusieurs prix prestigieux. Elle a été décorée de l’Ordre du Canada (officier, 2002) et de l’Ordre national du Québec (chevalière, 2006), en plus d’être intronisée au Panthéon canadien de l’art lyrique (1998). Le prix Calixa-Lavallée (1971), décerné par la société Saint-Jean-Baptiste pour son rayonnement musical tant au Québec qu’à l’étranger, et le prix Denise-Pelletier (1986), attribué par le gouvernement du Québec dans le domaine des arts, de la littérature et des sciences, lui ont aussi été remis. Les éditions Triptyque ont publié, en 2008, sa biographie intitulée Colette Boky. Le chant d’une femme, rédigée par la célèbre professeure elle-même, en collaboration avec Mireille Barrière.
Programme du concert hommage
Au programme du concert hommage du 19 mai prochain: Bernstein, Debussy, Ravel, Ginastera, Schubert et Villa-Lobos, «des œuvres que Colette Boky a déjà interprétées au cours de sa carrière», précise Isabelle Héroux, qui sera sur scène. Le concert mettra également en vedette le baryton Vincent Ranallo, enseignant à l’École préparatoire de musique, des musiciens de l’École préparatoire, des étudiants de l’UQAM supervisés par Colette Boky ainsi que le jeune pianiste Jean-Christophe-Melançon, grand gagnant du concours musical Marcelle Corneille 2015, du nom de la fondatrice de l’École. «La prestation musicale sera accompagnée de faits saillants de la carrière de Colette Boky, dont un extrait vidéo où on la voit interpréter La voix humaine de Francis Poulenc et Jean Cocteau», ajoute Isabelle Héroux. Après le concert, les spectateurs pourront rencontrer la soprano et les artistes de la soirée.
Rattachée au Département de musique, l’École préparatoire de musique a pour mission d’offrir un enseignement musical de qualité et à faible coût aux enfants et aux adultes. Sa programmation vise une formation instrumentale et vocale complète, du niveau débutant jusqu’au collégial. «L’École est d’abord un service à la collectivité dans le domaine de l’éducation musicale», explique Isabelle Héroux. L’an prochain, l’École souhaite offrir un camp de jour estival en musique et des bourses d’études pour les enfants provenant de familles défavorisées.
Les fonds recueillis lors du concert hommage serviront à la mise en place de ces deux projets de l’École préparatoire. Les billets pour le concert sont en vente au coût de 70 dollars.