Repro-UQAM, c’est bien plus qu’un comptoir de service et des imprimantes. C’est d’ailleurs à ses artisans qu’on a confié l’impression du projet de l’atelier intensif Design international, tenu cette année à l’École de design. La publication couleur de 32 pages recto-verso, fruit de la créativité des étudiants, représentait tout un défi technique. Vingt-deux étudiants de deuxième et troisième année du baccalauréat en design graphique ont conçu le projet, qui a été tiré à 100 exemplaires par l’équipe de Repro-UQAM.
«L’idée, c’était de produire une édition commémorative du journal Le Devoir, comme si nous devions publier son ultime édition!», explique Louis-Charles Lasnier, professeur au Département de design et responsable du projet. Le but était de prendre conscience de la richesse, de la spécificité et des possibilités qu’offre le médium d’impression, surtout en cette ère numérique. C’était aussi une belle occasion de réfléchir au statut fragile d’un journal indépendant comme Le Devoir.»
Chaque printemps depuis 1982, le cours intensif Design international permet aux étudiants de l’École de parfaire leur apprentissage au contact de créateurs, de chercheurs et autres praticiens de réputation internationale œuvrant dans différents champs d’activités du design. D’une durée d’une semaine, la session comprend une série d’ateliers, de cours pratiques et de conférences qui offrent aux étudiants et aux professeurs participants la possibilité de réfléchir à différents aspects de la pratique du design. Du 26 au 31 avril derniers, l’École a accueilli sept professeurs invités, dont le duo de designers du studio berlinois Onlab, Thibaud Tissot et Nicolas Bourquin, un spécialiste du design d’information. «Les designers nous ont proposé de reprendre le concept d”école d’été” qu’ils offrent chaque année à des étudiants provenant de partout dans le monde, explique Louis-Charles Lasnier. Le projet consiste à produire une publication de A à Z (contenu, éditorial, graphisme, impression, reliure).»
Impression de qualité
Le projet de grand format a été imprimé sur un papier blanc et opaque de qualité au moyen d’une imprimante professionnelle offset, dans les locaux de Repro-UQAM. «Nous avons opté pour une impression en duotone (deux couleurs). Les couleurs choisies – le magenta et le cyan – permettent de lier les différentes sections du journal. Ce type de presse nous permet de faire des juxtapositions de couleurs et d’obtenir des effets subtils et particuliers, ce qu’une impression digitale ne peut pas nécessairement offrir», dit Louis-Charles Lasnier.
Michel Tremblay et Roger Lavoie, techniciens en gestion de reprographie à Repro-UQAM, se sont occupés de la gestion du projet en collaboration avec les étudiants et les professeurs de l’École de design. «Nous avons été présents à toutes les étapes du projet: la soumission, le budget, le choix de papier, etc., explique Roger Lavoie, qui travaille à Repro-UQAM depuis une vingtaine d’années. Après avoir reçu les documents PDF finaux du projet étudiant, il a fallu procéder à la prépresse, soit la vérification en détail du document afin que tout soit prêt pour l’impression, et à la préparation des plaques de métal pour chaque couleur qui servent à l’impression des pages du document.»
Luc Payant, technicien en procédés d’impression, a été chargé de l’impression des 100 exemplaires. Une opération qui a duré près de deux jours. «Deux plaques sont utilisées en même temps afin d’encrer les deux couleurs sur les pages du journal. Après chaque changement de plaques, le technicien réalise un test d’impression de la page, afin de voir si tous les détails y sont et si les couleurs sont bien calibrées. Les couleurs doivent être constantes d’un bout à l’autre du document et de la production de toutes les sections», explique Martin Frédéric Pinard, directeur de Repro-UQAM. Ce métier, Luc Payant le pratique depuis plus de 30 ans, dont près de 10 à Repro-UQAM. «C’est un véritable œil de lynx!, déclare le directeur. Il a longtemps travaillé pour l’industrie des cosmétiques. Quand on imprime une boîte de teinture pour cheveux, la couleur doit refléter la nuance exacte du produit!»
Pour Martin Frédéric Pinard, l’impression d’un si petit tirage est un véritable défi. «Quand on imprime en grande quantité, on sait qu’il y aura toujours des copies contenant de petits défauts d’impression, c’est presque immanquable, alors que pour un petit tirage de la sorte, chaque copie doit être parfaite.»