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Lectures de septembre

Notre sélection mensuelle d’ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l’UQAM.

8 septembre 2014 à 10 h 09

Mis à jour le 22 septembre 2017 à 11 h 09

Série «Titres d’ici»

L’écosanté dans la francophonie

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L’UQAM accueillait en août dernier le colloque international EcoHealth, qui rassemblait des chercheurs et des praticiens dans divers domaines – écologie, médecine, médecine vétérinaire, planification urbaine et rurale, sciences sociales et développement international. L’événement avait pour objectif de reconnaître la diversité des approches dans le domaine de l’écosanté et à susciter les collaborations entre les chercheurs. Le colloque a aussi servi de rampe de lancement à un numéro hors-série de [VertigO], la revue électronique en sciences de l’environnement, intitulé «Les approches écosystémiques de la santé dans la francophonie». Dans l’article d’introduction, Johanne Saint-Charles, professeure au Département de communication sociale et publique et directrice du CINBIOSE, Céline Surette, professeure à l’Université de Moncton, et Maude St-Cyr Bouchard, agente de recherche au CINBIOSE expliquent que ce numéro spécial de [VertigO] vise à mieux faire connaître les apports des francophones dans le domaine de l’écosanté, notamment auprès des étudiants et des personnes œuvrant en santé publique. Les pratiques en recherche, en intervention et en formation dans le cadre d’approches écosystémiques de la santé y sont tour à tour présentées et questionnées. Plusieurs Uqamiens comptent parmi les auteurs, dont Sylvie de Grosbois directrice du Service aux collectivités.

Fictions du 11 septembre 2001

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Comment la littérature, la musique, le cinéma et les arts visuels ont-ils traité des attentats du 11 septembre 2001? Cette question est au cœur de l’ouvrage collectif L’imaginaire du 11 septembre 2001, motifs, figures et fictions, publié sous la direction du professeur Bertrand Gervais et des chargées de cours Alice van der Klei et Annie Dulong, du Département d’études littéraires, à la suite d’un colloque tenu sur le même thème en 2011, à l’UQAM. La première partie de l’ouvrage s’attarde aux œuvres phares d’auteurs comme Don DeLillo, Jonathan Safran Foer et Colum McCann, qui abordent de près ou de loin les attentats. La seconde partie porte sur la figure de l’homme qui tombe (The Falling Man), d’après la célèbre photographie de Richard Drew devenue une figure majeure de l’imaginaire du 11 septembre 2001, qui a donné son titre à un roman de Don DeLillo. Des chercheurs se penchent enfin sur la médiatisation du 11 septembre 2001 et analysent des œuvres d’auteurs québécois (Catherine Mavrikakis, Martine Delvaux Mathieu Arsenault) qui ont été marqués par les images de l’effondrement des tours jumelles sans toutefois en faire le sujet principal de leurs romans. L’ouvrage cherche à saisir «un pan de l’imaginaire contemporain, en ciblant ce que d’aucuns considèrent comme un événement marquant du XXIe siècle, qui modifie en profondeur notre rapport au monde, étonnamment fragilisé.» Paru aux Éditions Nota bene.

Musique d’Haïti

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La musique d’Haïti est caractérisée par deux tendances paradoxales: la conservation du patrimoine africain et l’invention du style créole. «L’héritage africain et les apports européens qui se sont côtoyés pendant la colonie, puis l’addition des influences interaméricaines survenues après l’indépendance ont convergé vers une typologie musicale nationale, prédominante au niveau populaire, certes, mais aussi juxtaposée à plusieurs autres courants de création moins perceptibles au premier abord», souligne Claude Dauphin dans Histoire du style musical d’Haïti. Le professeur associé du Département de musique aborde la pluralité d’influences en se penchant sur les traditions paysannes – le vaudou, les instruments coutumiers, le conte chanté rural –, la musique populaire de danse urbaine, les genres et les formes de la musique classique. Il tente ainsi de circonscrire le style musical d’Haïti qui, selon lui, permet aux habitants de l’île et à ses ressortissants d’éprouver un sentiment d’appartenance culturelle et patrimoniale au sein d’une communauté traversée par de nombreuses inégalités. Cet ouvrage de musicologie s’adresse à ceux qui veulent découvrir et comprendre la musique des Haïtiens. Il conjugue analyse, anthologie et réflexion critique et est agrémenté d’images, de partitions musicales et de photos d’archives. Publié chez Mémoire d’encrier.

L’architecture du XXe siècle

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L’École de design a joué un rôle de pionnier en matière de patrimonialisation de l’architecture moderne au Québec en organisant une mobilisation contre la rénovation du Westmount Square, en 1988. «Si, à l’époque, la revendication visant à préserver un ensemble moderniste était accueillie avec scepticisme par les gestionnaires du patrimoine et les professionnels de la conservation, en plus de vingt ans les attitudes ont évolué. Nous osons penser que les actions visant à faire connaître l’architecture moderne y ont contribué, tout comme les congrès et rencontres organisés pour explorer les enjeux de conservation de l’héritage bâti récent», écrivent France Vanlaethem, professeure émérite à l’École de design, et Marie-Josée Therrien, professeure agrégée au Ontario College of Arts and Design University, qui ont dirigé la publication La sauvegarde de l’architecture moderne. Cet ouvrage, qui s’inscrit dans la foulée du colloque international organisé fin 2010 par l’École de design et l’Institut du patrimoine, convie gestionnaires, praticiens et chercheurs à faire part de leur expérience et de leur expertise en matière de documentation, de protection, de conservation et de mise en valeur de l’architecture novatrice du XXe siècle. Paru aux Presses de l’Université du Québec.

Hommage à Nan Goldin

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L’ouvrage Nan Goldin. Guerrière et Gorgone, de la professeure Martine Delvaux, du Département d’études littéraires, n’est pas une biographie de la photographe américaine Nancy «Nan» Goldin ni un essai sur le travail de cette artiste née en 1953, connue à travers le monde pour ses portraits de malades du sida, de toxicomanes et de marginaux. Il s’agit plutôt d’un récit-hommage où se mêlent des éléments de la vie de la photographe, profondément marquée par le décès tragique de sa sœur aînée, à ceux de l’auteure, qui n’a jamais connu son père. «Comme Goldin, je suis une fille d’ici, et comme elle, je suis coupée de mes racines. Goldin a perdu sa sœur, et moi, logeuse d’un fantôme, je suis mise en demeure de porter le deuil toute ma vie», écrit Martine Delvaux. Celle qui a publié plusieurs romans et des essais voit en Goldin «une guerrière, une gardienne de la mémoire, une femme qui lutte pour qu’on n’oublie pas la vie des femmes, des malades et des bannis», ainsi qu’une «sœur» dont elle admire l’esthétisme et avec qui elle partage une colère, une rébellion et un engagement à dire la vérité, peu importe le prix. Paru aux éditions Héliotrope.

Éthique et environnement

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Lucie Sauvé, professeure au Département de didactique, et Yves Girault, du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ont piloté le dernier numéro (vol. 16, No 1) d’Éthique publique, revue internationale d’éthique sociétale et environnementale. Ce numéro, intitulé «Enjeux éthiques des politiques publiques en matière d’environnement», réunit des articles de chercheurs provenant du Québec, de la France, de l’Espagne et de la Suisse. Ceux-ci traitent des questions écologiques qui se trouvent désormais au cœur de politiques publiques complexes, tant dans le domaine de l’environnement que dans ceux de la santé, des ressources naturelles, de l’énergie, de l’aménagement du territoire, de l’alimentation et de l’éducation. Selon Lucie Sauvé et Yves Girault, les enjeu soulevés par l’élaboration et la mise en œuvre de telles politiques interpellent certes les instances internationales, les responsables nationaux et locaux, les experts concernés et les acteurs de la sphère économique, mais aussi une société civile mieux organisée qui réclame de plus en plus d’espaces de délibération et de décision et qui fait entendre son indignation à l’égard de la détérioration des milieux de vie. Un tel contexte met en lumière les liens étroits entre réalités sociales et environnementales ainsi que leur caractère éminemment politique. Paru aux éditions Nota Bene, ce numéro d’Éthique publique est aussi accessible en ligne sur le site www.ethiquepublique.revues.org/