La diversité des pratiques sera à l’honneur au 45e congrès de l’Association canadienne d’ergonomie, qui aura lieu du 7 au 9 octobre au Cœur des sciences de l’UQAM et à l’Hôtel Plaza. «C’est la première fois que l’UQAM organise et accueille ce congrès et nous en sommes bien fiers, car nous formons depuis 20 ans des professionnels en ergonomie», souligne Nicole Vézina, professeure au Département de kinanthropologie et présidente du congrès.
L’événement, qui devrait attirer quelque 300 participants du Canada, mais aussi des États-Unis, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’Afrique du Nord, a pour thématique «Diversité des interventions, diversité des populations: quels enjeux, quels défis pour l’ergonomie?» Plus de 170 conférences y seront présentées.
L’intervention ergonomique dans les milieux de travail, champ de spécialisation de l’UQAM, sera au centre des discussions. «Quand on parle de milieux de travail, cela s’étend du secteur minier au milieu hospitalier, note Bénédicte Calvet, membre du comité organisateur et étudiante au nouveau doctorat interdisciplinaire en santé et société. Depuis quelques années, l’hétérogénéité de la clientèle – hommes ou femmes d’âges variés et de cultures différentes – suscite d’autres façons de pratiquer le métier d’ergonome.»
La diversité des pratiques est également liée à la formation initiale des ergonomes, lesquels se spécialisent ensuite au deuxième cycle. «Certains détiennent un diplôme de premier cycle en psychologie, en biologie, en biomécanique, en sciences sociales, en relations industrielles ou en gestion», illustre Nicole Vézina, qui est également membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE).
Un congrès interactif
Toutes les conférences du congrès sont offertes en traduction simultanée afin que participants et conférenciers puissent échanger entre eux. «Les gens pourront envoyer leurs questions directement aux conférenciers pendant les présentations, favorisant ainsi une plus grande interaction», souligne la professeure, qui souhaite que les étudiants profitent pleinement de l’événement.
Conférenciers de marque
Florence Chappert, responsable du projet Genre et conditions de travail, Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), France;
François Daniellou, directeur du Département d’ergonomie des systèmes complexes, École Nationale Supérieure de Cognitique de l’Institut Polytechnique de Bordeaux, France;
Barbara Neis, codirectrice du SafetyNet Centre for Occupational Health and Safety Research, Memorial University, Canada;
Yves Roquelaure, médecin du travail et ergonome, directeur du Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail (LEEST), Angers, France;
Barbara Silverstein, directrice de recherche du programme Safety and Health Assessment and Research for Prevention Program (SHARP), Washington State Department of Labor and Industries, États-Unis;
Judy Village, École de génie mécanique et industriel, Université Ryerson, Canada;
Serge Volkoff, statisticien et ergonome, ancien directeur du Centre de recherches sur l’expérience, l’âge et les populations au travail (CREAPT), France.
Concours étudiant
L’Association canadienne d’ergonomie pilote un concours à l’intention des étudiants lors du congrès. «Les étudiants doivent faire une communication scientifique et un lauréat par cycle d’études – baccalauréat, maîtrise et doctorat – sera sélectionné par un jury», explique Élise Ledoux, présidente du comité scientifique du congrès et nouvellement professeure au Département de kinanthropologie. Les prix seront annoncés lors de l’événement de clôture le jeudi soir.
Formation pré-congrès et lancement
La veille de l’ouverture du congrès, le 6 octobre, les ergonomes pourront profiter de l’une des huit séances de formation continue, portant sur des thématiques précises.
La parution de la traduction anglaise de l’ouvrage L’intervention en ergonomie sera également soulignée lors du congrès. Élise Ledoux et Nicole Vézina, de même que Denys Denis, chargé de cours au Département des sciences biologiques, figurent parmi les auteurs de ce manuel de référence dans le domaine.
Un métier indispensable
Un nouveau programme de DESS en intervention ergonomique est offert à l’UQAM depuis l’an dernier. «Il s’agit de la première partie de la maîtrise en kinanthropologie, profil professionnel, concentration en ergonomie, explique Nicole Vézina. C’est un programme axé sur la pratique au cours duquel les étudiants effectuent des interventions en entreprise.»
«Dans le contexte économique actuel marqué par la rationalisation, les ergonomes sont indispensables, observe Élise Ledoux. Les opérations de rationalisations suppriment souvent les temps morts que l’on juge inefficaces, mais ceux-ci sont importants pour que les gens se coordonnent et fassent leur travail convenablement.»
L’objectif de l’ergonome est double, poursuit Élise Ledoux. «D’un côté, on vise à bonifier la performance de l’entreprise ainsi que l’efficacité et ultimement la qualité du travail effectué par l’employé, explique-t-elle. De l’autre, on doit s’assurer que les employés bénéficient de conditions adéquates afin de ne pas subir des lésions professionnelles ou développer des maladies liées au travail. Voilà pourquoi les ergonomes doivent travailler de concert avec les gestionnaires, les travailleurs et les représentants syndicaux.»