Étudiante au baccalauréat en histoire de l’art, Camille Larivée-Gauvreau raconte son séjour d’études à Lyon, deuxième plus importante ville universitaire de France.
Il ne reste plus que quelques semaines avant les examens. Mon séjour tire donc à sa fin, car je quitterai la France juste à temps pour Noël! Tout s’enchaîne à un rythme un peu effréné: la préparation des examens et les visites de lieux et d’expositions.
Étudier en Europe offre plusieurs avantages, dont celui de pouvoir voyager facilement. Les pays sont à courte distance les uns des autres et les moyens de transport sont efficaces et abordables. J’ai donc profité du congé de la Toussaint, au début novembre, pour aller rendre visite à l’une de mes bonnes amies qui habite à Londres. J’ai adoré cette ville immense et magnifique, l’une des grandes capitales culturelles du monde. On ne peut pas s’ennuyer à Londres, tant il y a de choses à découvrir: plus de 200 musées, des galeries d’art, des quartiers insolites, sans oublier la vie nocturne, plutôt trépidante. Il n’y a pas que New York qui ne dort jamais! Ce petit voyage m’a donné un regain d’énergie afin de poursuivre ma session.
À mon retour à Lyon, j’ai continué d’explorer la Biennale d’art contemporain en visitant notamment la Chaufferie de l’Antiquaille et l’Église Saint-Just, qui sont situées dans le vieux Lyon, l’un des plus mythiques et anciens quartiers de la ville. Il abrite d’ailleurs des sites gallo-romains magnifiques, face auxquels se dresse la Chaufferie de l’Antiquaille. Cette ancienne chaufferie de l’hôpital de l’Antiquaille, construite dans les années 30, est restée presque intacte. On y voit encore les boîtes et fils des systèmes électriques ainsi que les nombreux graffitis qui ont envahi les murs au cours des années. Ce bâtiment accueillait deux installations de l’artiste chinois Zhang Ding, dont Control Club, une tour monumentale produisant un univers sonore hétéroclite, composé de bruits captés lors d’émeutes urbaines et d’une symphonie de Beethoven. Assez impressionnant!
L’église Saint-Just, classée monument historique, présentait une œuvre de l’artiste américain Tom Sachs, Barbie Slave Ship. Un parcours à travers l’église permettait de découvrir les différentes sculptures de l’artiste, qui se confondaient avec les objets religieux. Une immense maquette d’un bateau rose, le Victory, occupait le centre de l’espace. Le Victory raconte l’histoire de l’esclavagisme américain en y intégrant des éléments de la culture populaire américaine, dont les célèbres poupées Barbie, qui portent les noms de femmes artistes, représentant ainsi les esclaves lors de leur traversée de l’Atlantique. Ces deux sites historiques lyonnais, reconvertis en espaces d’exposition, conféraient aux œuvres une sorte d’aura mystique et solennelle.
La Nuit Résonance, qui s’est déroulée le 28 novembre dans différents quartiers de la ville, a été un événement phare de la Biennale. Plus de 40 galeries ont ouvert leurs portes jusqu’à minuit. Des vidéos et photos ont aussi été projetées sur des façades. C’était agréable à regarder, surtout en buvant un petit verre de vin chaud! Pour faire connaître le travail des jeunes artistes lyonnais, plusieurs visites d’ateliers avaient été organisées, donnant ainsi l’occasion de discuter avec eux. J’ai eu le plaisir d’imprimer une affiche du collectif Broadcast Posters, lequel propose au public de se procurer des affiches uniques d’artistes de la région grâce à un concept original de copy-shop en libre-service. Bref, une soirée qui a terminé en beauté ce mois de novembre froid et pluvieux!
Je continue par ailleurs d’investir l’espace public de la ville avec quelques-unes de mes installations textiles accompagnées de messages politiques et féministes. J’ai découvert d’intéressants artistes du street art au cours de mes repérages dans les rues colorées du 2e arrondissement et du quartier de la Croix-Rousse, bien connus pour leurs nombreux graffitis et murales. Comme quoi Lyon continue de me surprendre!
