Un des diplômés les plus célèbres de l’UQAM, Patrick Pichette, était de passage dans son alma mater aujourd’hui. Le premier vice-président et chef de la direction financière de Google a été accueilli officiellement à son arrivée en matinée par le recteur, Claude Corbo, par la vice-rectrice aux Affaires publiques et aux relations gouvernementales et internationales, Chantal Bouvier, par la doyenne de l’École des sciences de la gestion, Ginette Legault, ainsi que par la directrice de la Fondation, Diane Veilleux.
Très décontracté en jeans et baskets, le gestionnaire vedette s’est ensuite prêté de bonne grâce à une entrevue réalisée par le Service des communications, qui sera intégrée à une vidéo promotionnelle sur le rayonnement de l’UQAM. Profondément attaché à son alma mater, Patrick Pichette insiste sur le fait qu’il est toujours resté en contact avec l’UQAM et sa fondation. «L’UQAM a été un tremplin pour ma carrière en me permettant d’obtenir la bourse Rhodes», souligne le diplômé. Au terme de son baccalauréat en administration complété en moins de trois ans à l’ESG, il a en effet été le premier finissant de l’UQAM à obtenir la prestigieuse bourse Rhodes, qui lui a servi de passeport pour faire ses études de maîtrise en philosophie à l’Université Oxford, en Angleterre. «Cette bourse a changé ma vie, dit-il. Mon passage à Oxford m’a donné accès à un réseau international dont je bénéficie encore aujourd’hui.»
Après le lunch servi au rectorat, le diplômé a accordé une autre entrevue, cette fois dans le cadre d’un webinaire international de l’ESG diffusé en direct et ouvert au grand public. Menée par la doyenne Ginette Legault, l’entrevue disponible sur le site de l’ESG a porté sur le cheminement académique et professionnel de Patrick Pichette, du Québec à Mountain View, en Californie, et, plus précisément, sur les défis de gestion entourant la diversité culturelle pour une entreprise telle que Google.
Répondant avec la vivacité qui lui est propre aux questions de son interlocutrice, Patrick Pichette a dressé à travers ses réponses un portrait fascinant de la culture d’entreprise de Google. Des petits plats macrobiotiques au médecin sur place, en passant par le mécanicien disponible pour les changements d’huile tous les vendredis et les machines à laver le linge, Google fait tout pour rendre la vie plus facile à ses employés afin que ceux-ci puissent se consacrer pleinement à ce pour quoi on les embauche : innover, inventer l’avenir. Les explications qu’il a données sur les méthodes de recrutement de ces employés triés sur le volet constituent d’ailleurs un temps fort de l’entrevue. Parmi les critères de sélection : avoir un excellent dossier scolaire et de grandes aspirations, vouloir changer le monde, être actif dans sa communauté et avoir connu beaucoup de succès dans sa carrière. À noter : l’âge moyen du personnel tourne autour de 30 ans!
Google recrutant partout sur la planète, la diversité culturelle est au rendez-vous. «Ce n’est pas que nous sommes ouverts à la diversité, dit-il. Nous célébrons la diversité!» Et quiconque n’a pas compris cela ne pourra jamais franchir les différentes étapes du processus d’embauche, dont l’une des exigences sine qua non est de montrer que l’on pourra se fondre dans la culture Google…
Depuis plusieurs années, et même si cela est loin d’être la norme aux États-Unis, Google offre exactement les mêmes bénéfices aux couples homosexuels qu’aux autres. Quant aux accommodements – s’absenter pour assister à une cérémonie religieuse, par exemple –, ils vont de soi dans la mesure où chacun connaît ses objectifs et travaille d’arrache-pied pour les atteindre.
Parmi ses accomplissements personnels chez Google, Patrick Pichette s’enorgueillit d’avoir créé les Bureaucracy Busters, une grande fête annuelle à laquelle chaque employé est convié et qui consiste à identifier des complications bureaucratiques inutiles – et leur solution. «Il faut que le problème ait une solution qu’on peut implanter en 60 jours, précise le gestionnaire. Sinon, on risque de pelleter des nuages!»
Impossible de tirer les vers du nez de Patrick Pichette sur les projets qui sont sur les planches à dessin : le secret d’entreprise fait partie de la culture Google. Mais le gestionnaire insiste sur les qualités de visionnaires de ses patrons, les fondateurs de la firme, et sur l’importance de la recherche et de la science pour commencer dès aujourd’hui à travailler sur des solutions aux problèmes de demain.