Le professeur du Département de didactique Stéphane Villeneuve s’intéresse au cyberharcèlement vécu par les journalistes depuis quelques années déjà. Le premier volet de ses recherches, en 2022, avait révélé qu’environ 50 % des travailleuses et travailleurs de l’information avaient déjà subi du cyberharcèlement. En 2025, il avait lancé le second volet de son étude portant, cette fois, sur les politiques mises en place par les patronnes et patrons de presse pour prévenir le phénomène et traiter les plaintes.
Le 16 juin dernier, à l’occasion de la Journée de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement au travail, Stéphane Villeneuve et sa partenaire, Annick Charette, de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC), ont lancé une boussole numérique éducative afin de sensibiliser et documenter le cyberharcèlement envers les journalistes. Le projet a été réalisé dans le cadre du programme Engagement partenarial du CRSH avec le soutien financier du Service aux collectivités de l’UQAM et la participation de l’agente de développement Julie Raby. L’équipe de Stéphane Villeneuve est composée de son collègue Alain Stockless et du diplômé Jérémie Bisaillon (Ph.D. éducation).
Cette boussole numérique permettra à l’équipe de recherche d’obtenir des données en continu afin de suivre l’évolution de la situation dans le temps. Au cours des dernières années, Stéphane Villeneuve et Alain Stockless ont collaboré afin de créer plusieurs boussoles numériques éducatives. «Lorsqu’un participant répond au questionnaire, la boussole analyse ses résultats en temps réel et lui fournit un portrait de ses réponses par rapport à l’ensemble des répondants, d’où la portée éducative, car la comparaison fait réfléchir les gens», expliquait Alain Stockless l’an dernier.
La FNCC espère que ce nouvel outil permettra aux journalistes et à leurs employeurs de mieux faire face aux dangers découlant du cyberharcèlement, un phénomène qui va en s’accélérant, note Annick Charette.
Environ le tiers des journalistes interrogés dans le cadre du premier volet de l’étude de Stéphane Villeneuve considérait que le cyberharcèlement faisait partie de leur travail. «Il me semble pourtant qu’aucune travailleuse, aucun travailleur ne devrait tolérer ce type de comportements», soulignait le professeur.
La FNCC met également en place un registre de témoignages. Toute victime de cyberharcèlement pourra désormais accéder à une plateforme dédiée pour y décrire plus longuement le ou les épisodes de cyberharcèlement vécus.