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Troisième sommet sur la santé à l’UQAM

L’événement tenu en collaboration avec l’Association pour la santé publique du Québec a réuni près de 300 personnes.

Par Jean-François Ducharme

15 septembre 2026 à 15 h 15

Près de 300 actrices et acteurs du réseau de la santé et des services sociaux, du milieu politique, de la recherche et du milieu économique ont assisté à la troisième édition du sommet Une nouvelle vision de la santé, le 15 septembre dernier, au Cœur des sciences. Organisé par l’UQAM, en collaboration avec l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), le sommet proposait une réflexion sur l’avenir de la prévention au Québec.

«Il y a quelques années, la prévention en santé demeurait trop souvent en marge des grandes décisions, notent Fabrice Brunet, vice-recteur associé au Développement des sciences de la santé, et Thomas Bastien, directeur général de l’ASPQ. Aujourd’hui, elle s’impose comme une priorité stratégique, en cohérence avec la Stratégie nationale de prévention en santé 2025-2035.»

La chancelière de l’UQAM, Pauline Marois, et le recteur, Stéphane Pallage, ont prononcé les allocutions d’ouverture. Parmi les personnalités qui ont participé à l’événement, on retrouvait la Dre Caroline Quach-Thanh, directrice nationale de la Santé publique et sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux, Georges-Charles Thiebaut, commissaire adjoint à l’évaluation et scientifique principal de la Commissaire à la santé et au bien-être, la Dre Annie Talbot, directrice générale médicale des services professionnels de Santé Québec, et le Dr Raymond Lalande, président du Comité d’orientation pour le développement du programme de médecine familiale et de première ligne de l’Université du Québec.

Débat électoral: la santé du Québec de demain

Alors que la campagne électorale bat son plein, un débat offrait une tribune aux formations politiques pour se prononcer sur la place que devrait occuper la prévention dans les politiques publiques, pour améliorer durablement la santé de la population. Des candidates et candidats de quatre des principaux partis représentés à l’Assemblée nationale ont participé aux échanges.

Animé par Éric Grenier, rédacteur en chef du magazine L’actualité, le débat a abordé l’importance des déterminants sociaux en santé, l’innovation, les soins de première ligne et la proportion budgétaire allouée à la prévention et à la santé publique par rapport aux soins curatifs. En 2026, le budget prévu pour la prévention se chiffre à 1,8 milliard de dollars sur une enveloppe globale de 68,7 milliards, soit 1,7 %.

Sonia Bélanger, candidate de la Coalition avenir Québec dans Prévost et actuelle ministre de la Santé, a souligné les avancées réalisées par son gouvernement au cours des derniers mandats. «Nous avons changé le paradigme en matière de santé en dévoilant la première Stratégie nationale de prévention en santé 2025-2035 ainsi qu’un plan d’action pour améliorer la santé des populations», a-t-elle souligné. La candidate a aussi rappelé les actions prises par son gouvernement en matière de logement, d’éducation, de transport et d’environnement.

Le candidat du Parti libéral du Québec dans Nelligan, Monsef Derraji, a déclaré que son parti augmenterait de 1,7 % à 5 % la part du budget consacré à la prévention en santé. «Nous consacrerons principalement nos efforts à l’accès au logement et à la lutte contre l’itinérance, qui ont des impacts sociaux énormes, a affirmé le député. Ce n’est pas normal, en 2026, que l’espérance de vie varie de façon aussi radicale d’un code postal à l’autre.»

Camille Pellerin-Forget, candidate du Parti québécois dans Iberville, a insisté sur l’importance de décentraliser les services de santé vers la première ligne. «La création de Santé Québec par la CAQ a eu pour conséquences de doubler le nombre de fonctionnaires, alourdissant la machine bureaucratique, a déploré celle qui est physiothérapeuthe dans le réseau public. De notre côté, nous investirons 550 millions de dollars uniquement pour la prévention et développerons une vision holistique de la santé.»

David Poulin-Latulippe, candidat de Québec solidaire dans Richmond, a indiqué que son parti augmenterait le financement des organismes communautaires d’un milliard de dollars. «Les organismes communautaires ont un impact énorme sur le terrain», a souligné le psychologue clinicien. David Poulin-Latulippe a aussi indiqué que la création d’épiceries publiques aurait des conséquences positives sur plusieurs déterminants sociaux de la santé, en réduisant l’insécurité alimentaire, en diminuant la facture des contribuables et en assurant un revenu aux agriculteurs.

Penser autrement l’itinérance

La table ronde intitulée Penser autrement l’itinérance, animée par Pauline Marois, a constitué l’un des moments phares de la journée. On se souviendra que la chancelière de l’UQAM a proposé, en mai dernier, la tenue d’un grand Sommet national sur l’itinérance d’ici juin 2027.

Cette table ronde réunissait Lucie Ménard, vice-rectrice à la Recherche, à la création et à la diffusion, Priscilla Ananian, vice-rectrice associée à la Relance du Quartier Latin, la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, Jaëlle Bégarin, présidente-directrice générale de la Maison du Père, et Larry Potvin, intervenant pivot à la Maison du Père.

Programme de médecine de l’UQ

Le Dr Raymond Lalande a mis en lumière l’apport déterminant de l’UQ au système de santé québécois ainsi que sa capacité à proposer des solutions novatrices à l’accès aux soins, aux pénuries de main-d’œuvre, à la santé mentale et au développement de services de proximité.

Il a présenté le projet de programme de médecine de l’UQ, une initiative ambitieuse qui vise à former des médecins enracinés dans les réalités des territoires, engagés envers la première ligne et déterminés à répondre aux besoins des populations, particulièrement dans les régions du Québec.

Une économie qui favorise la santé

En fin de journée, une étude sur l’achalandage du réseau de la santé a été présentée par Thomas Bastien, directeur général de l’ASPQ, et Christian Bernard, associé chez Aviseo.

Annouk Bissonnette et Anne-Sophie Leclair, directrices chez KPMG, ont souligné les effets positifs des investissements en prévention. Un rapport de KPMG, dévoilé l’an dernier lors de la deuxième édition du sommet Une nouvelle vision de la santé, démontrait que la création d’une filière économique de prévention et de réduction de la maladie au Québec permettrait de réduire l’incidence des maladies chroniques et de générer jusqu’à 7,7 milliards de dollars en économies d’ici 2030.

Vision et expertises en santé

Lors du premier sommet sur la santé organisé en 2024 par l’UQAM et l’ASPQ, l’Université avait annoncé la création de sa faculté des sciences de la santé et présenté sa vision et ses expertises dans ce domaine.