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Table ronde sur les Championnats du monde de cyclisme

L’événement aura des impacts positifs sur la ville, la collectivité et les individus, croit Mohamed Reda Khomsi.

Par Jean-François Ducharme

8 septembre 2026 à 9 h 56

Mis à jour le 9 septembre 2026 à 16 h 40

Du 20 au 27 septembre, Montréal accueillera les Championnats du monde route UCI 2026. On prévoit que le méga-événement, qui rassemblera 1 000 cyclistes de 80 pays, attirera près 500 000 spectateurs, en plus des quelque 200 millions de téléspectateurs de 140 pays qui regarderont les compétitions à la télévision. On estime les retombées économiques à plus de 76 M$. «Le cyclisme n’a peut-être pas une grande tradition en Amérique du Nord, mais c’est un sport extrêmement populaire à travers le monde, surtout en Europe, souligne Mohamed Reda Khomsi, professeur au Département d’études urbaines et touristiques. Le fait que ce soit un événement ouvert et gratuit a aussi une plus grande portée que les matchs sportifs qui se déroulent dans un stade ou un aréna.»

Le professeur participera à la table ronde Kaléidoscope – Le sport, moteur de ville et de rêves, le 15 septembre prochain, au MEM – Centre des mémoires montréalaises. Organisée conjointement par le Service des partenariats et du soutien à l’innovation (SePSI) de l’UQAM et le MEM, en collaboration avec le comité organisateur des Championnats du monde route UCI, l’activité sera animée par Sandra Sassine (B.Sc. intervention en activité physique). L’ancienne escrimeuse, qui a participé aux Jeux olympiques de Beijing en 2008 et de Londres en 2012, est aujourd’hui directrice du Service de soutien aux départements à la Faculté des arts.

La table ronde, qui réunira également Luc Denis, directeur des sports de la Ville de Montréal, et Joseph Limare, directeur général de Montréal 2026, abordera les retombées sociales, culturelles et urbaines des grands événements sportifs. «Montréal, qui a accueilli plusieurs événements d’envergure depuis les Jeux olympiques de 1976, est l’une des plus grandes villes de sports en Amérique du Nord», rappelle Mohamed Reda Khomsi.

La discussion portera sur trois thématiques: les impacts sur les individus, sur la collectivité et sur la ville. «On entend beaucoup parler de congestion routière dans les médias, mais peu de la fierté d’accueillir un événement de cette ampleur, une fierté qui est très bien documentée dans la recherche scientifique, mentionne le professeur, qui a réalisé sa thèse de doctorat sur le rôle des grands événements dans le développement touristique montréalais. L’accueil des Championnats peut aussi inspirer des jeunes à s’investir dans leur pratique sportive et leur laisser un legs durable grâce aux infrastructures et aménagements réalisés.»

Au début de l’été, plusieurs personnes avaient applaudi la décision de Montréal de ne pas accueillir de matchs de la Coupe du monde de soccer – on rapporte que plus d’un milliard de dollars en fonds publics ont été consacrés à l’organisation des matchs à Toronto et à Vancouver. Le budget prévu pour l’organisation des Championnats du monde est beaucoup plus raisonnable, soit un peu moins de 30 M$.

«Un événement sportif est toujours très coûteux la première fois, mais il peut devenir rentable s’il est accueilli une deuxième ou une troisième fois, nuance le professeur. Je suis allé au Qatar après la Coupe du monde de 2022, qui avait coûté quelque 200 milliards de dollars, et les gens à qui j’ai parlé étaient satisfaits des investissements, qui seront amortis sur plusieurs décennies, et du legs de l’événement.»