Le professeur de l’École de travail social Renaud Goyer a obtenu le 26 mai dernier le prix Chercheur émergent francophone en recherche ancrée dans les communautés, décerné pour la première fois par Recherche partenariale Canada. Le comité de sélection a été particulièrement impressionné par l’ancrage soutenu de ses recherches dans les milieux communautaires et le souci réel qu’il porte à la valorisation des savoirs d’expérience et de pratique des militantes, militants et personnes concernées dans les projets de recherche qu’il mène sur les enjeux du droit au logement.
«Professeur à l’UQAM depuis moins de cinq ans, Renaud Goyer travaille principalement sur les politiques du logement, les expulsions résidentielles et les institutions qui régulent les relations locatives au Québec et ce, à travers une démarche scientifique attentive aux savoirs et aux expériences des personnes directement concernées par les problèmes étudiés, tout en contribuant aux efforts des organisations communautaires engagées dans la défense des droits», souligne la directrice de l’École de travail social, Maria Nengeh Mensah, qui a soumis la candidature de son collègue.
Dans le cadre de son doctorat, Renaud Goyer avait travaillé en partenariat avec le Comité logement Saint-Laurent, une organisation communautaire active dans la défense des droits des locataires. «Ensemble, ils ont réalisé une recherche pour comprendre comment les locataires eux-mêmes analysent les rapports sociaux inégalitaires qui traversent leur expérience du logement, précise Maria Nengeh Mensah. Cette posture implique de concevoir la recherche comme un espace de dialogue entre savoirs scientifiques et savoirs issus de l’expérience. Elle implique également une réflexion sur la responsabilité du chercheur dans les débats publics ; celui-ci devient le «porte-voix» sans se substituer aux acteurs eux-mêmes.»
Renaud Goyer a joué un rôle actif dans la création et le développement du Collectif de recherche et d’action sur l’habitat (CRACH), un espace de collaboration réunissant des chercheurs universitaires et des organisations communautaires engagées dans les luttes pour le droit au logement. «Le CRACH est un espace partenarial dans lequel les groupes communautaires ne sont pas seulement des partenaires consultés, mais des acteurs participant activement à la définition des orientations de recherche, à la conception des projets et à la diffusion des résultats», explique la directrice de l’École de travail social.
Les récents travaux de Renaud Goyer sur les expulsions résidentielles combinent l’analyse qualitative de l’expérience vécue par les locataires et l’analyse systématique des décisions rendues par le Tribunal administratif du logement. «Cela permet de mieux comprendre les dynamiques sociales et politiques qui structurent les processus d’expulsion et les inégalités d’accès au logement», note Maria Nengeh Mensah.
Renaud Goyer collabore également avec le Service aux collectivités (SAC) de l’UQAM et la Ligue des droits et libertés sur un projet portant sur l’exercice du droit à l’information au Québec. Sa recherche documente les obstacles rencontrés par les mouvements sociaux dans l’accès à l’information et analyse les conséquences de ces obstacles. La Ligue, partenaire du projet, joue un rôle central dans la définition des orientations de recherche, la collecte des données et l’analyse des résultats.
Dans le cadre de la reconnaissance de Recherche partenariale Canada, Renaud Goyer a reçu une plaque commémorative et un prix de 1 000 dollars pour soutenir ses futures initiatives de recherche communautaire.