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Soutenir le plaisir d’apprendre

L’UQAM remet un prix d’excellence à des diplômées enseignantes en français, en éducation physique et en arts.

Par Jean-François Ducharme

13 avril 2026 à 14 h 38

Valérie Bélanger (B.Ed. enseignement secondaire), Maud Deschênes (B.Sc. intervention en activité physique) et Julie Talbot (B.A. enseignement des arts visuels et médiatiques) ont remporté un prix d’excellence en enseignement décerné conjointement par la Faculté des sciences de l’éducation, la Faculté des sciences, la Faculté des arts et les Services à la communauté diplômée.

Les prix ont été remis le 8 avril dernier, à la salle Pierre-Bourgault, lors d’une soirée visant à faire découvrir des pratiques d’enseignement novatrices influencées ou appuyées par la recherche scientifique, et dont l’objectif commun est d’améliorer l’expérience scolaire des élèves et de favoriser leur réussite par le plaisir d’apprendre.

Rendre la grammaire agréable

Enseignante de français dans une école secondaire privée de Montréal, Valérie Bélanger s’est donné pour mission de rendre l’apprentissage de la grammaire agréable. «On voit souvent la grammaire comme un monstre aux mille et une tentacules, insaisissable et complexe, souligne la diplômée. Ma pratique consiste à faire de la grammaire par petites bouchées, en y consacrant de 10 à 20 minutes par jour.»

Son approche se divise en trois étapes: d’abord, les élèves travaillent en groupe sur une phrase, en identifiant ses constituants et en faisant son analyse par arbre syntaxique; ensuite, ils refont cette analyse grammaticale de façon individuelle afin que l’enseignante puisse poser un diagnostic sur les difficultés rencontrées; enfin, ces connaissances sont réutilisées dans une démarche d’autocorrection. «La majorité des élèves ont de la difficulté à corriger leurs textes, note Valérie Bélanger. Cette pratique améliore leurs habiletés d’autocorrection dans un contexte authentique.»

L’enseignante et l’une de ses collègues ont aussi délaissé les cahiers d’exercices pour créer elles-mêmes leur matériel pédagogique. «Les élèves sont plus engagés et apprennent mieux avec du matériel qui répond à leurs besoins, souligne Valérie Bélanger. Le fait qu’ils utilisent les outils à leur disposition, comme un code grammatical, plutôt que d’apprendre par cœur, augmente leur confiance en soi et leur sentiment de compétence.»

Des stratégies actives et diversifiées

Enseignante d’éducation physique et à la santé au secondaire au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, Maud Deschênes utilise diverses stratégies de pédagogie active, comme la résolution de problèmes, la différenciation et l’enseignement à l’extérieur du gymnase. «Ces stratégies aident les élèves à rester actifs, à être davantage engagés dans leurs apprentissages et à faire des choix sains», souligne l’enseignante, qui est aussi professeure invitée au Département des sciences de l’activité physique.

Maud Deschênes pratique le coenseignement avec une collègue qui enseigne les sciences. «Nous utilisons les sciences de l’activité physique et la biologie pour répondre à des questions touchant la santé des élèves», mentionne-t-elle.

Selon la diplômée, ces stratégies augmentent l’autonomie, la motivation et le plaisir d’apprendre des jeunes. «C’est très gratifiant d’observer que nos élèves peuvent s’appuyer sur la science, réfléchir de façon éclairée et identifier les bénéfices de leurs choix pour leur santé», conclut Maud Deschênes.

Favoriser le mieux-être en classe

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pandémie de COVID-19 a affecté la santé mentale et le bien-être de plusieurs jeunes de 14 à 17 ans. «Je me suis beaucoup questionnée sur ce que les élèves vivaient et j’avais envie de favoriser le mieux-être dans ma classe», mentionne Julie Talbot, enseignante en arts et multimédia dans une école secondaire privée de Montréal.

En 2022, elle s’inscrit à un programme de maîtrise en arts visuels et médiatiques. Son mémoire porte sur la pédagogie sensible et l’enseignement du cinéma. «À travers un projet de film, un médium que les élèves connaissent bien, je les amène à parler de leurs émotions, explique-t-elle. Ce laboratoire artistique est un espace axé sur l’introspection.»

En plus de créer un lien avec les élèves, ce projet leur donne une voix pour s’exprimer. «Ce projet leur procure une grande fierté, une meilleure connaissance de soi, mais, surtout, le sentiment d’être écoutés, respectés et validés dans ce qu’ils ressentent», souligne Julie Talbot.