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Nouvelle Chaire de recherche du Canada en pratiques décoloniales en art

Le professeur de l’École des arts visuels et médiatiques Romeo Gongora en sera le titulaire.

25 mai 2026 à 13 h 40

Mis à jour le 26 mai 2026 à 16 h 31

Romeo Gongora, professeur à l’École des arts visuels et médiatiques, obtient une nouvelle Chaire de recherche du Canada en pratiques décoloniales en art. L’annonce a été faite par le Conseil de recherche en sciences humaines le 13 mai dernier.

Cette chaire de recherche de niveau 2 vise à reconfigurer le champ des arts visuels à partir des pratiques diasporiques du Sud Global au Canada. Le programme repose sur trois objectifs: analyser les mécanismes coloniaux qui traversent les sphères artistiques, élaborer des méthodologies de recherche-création décoloniales et mobiliser les connaissances pour transformer les pratiques culturelles à travers des collaborations transnationales.

Il s’agit non pas d’intégrer les récits minorisés aux cadres dominants, mais de transformer ces cadres eux-mêmes, en contestant les hiérarchies esthétiques et les normes épistémiques imposées par la colonialité du savoir.

L’approche de recherche-création est à la fois participative, transdisciplinaire et ancrée dans des méthodologies décoloniales. Le programme s’articule autour d’un espace de cocréation conçu pour collaborer avec les personnes s’auto-identifiant à des diasporas du Sud Global au Canada. Cet espace constitue un laboratoire vivant, à la fois lieu de recherche, de rencontre et de transformation. Il permet l’élaboration de projets de recherche-action participative, de dispositifs artistiques collectifs et d’ateliers communautaires menés avec des partenaires locaux et internationaux.

Le programme valorise des pratiques artistiques souvent marginalisées et développe des formats de diffusion collective: publications multilingues, modules de formation, colloques-expositions. Il s’appuie sur l’expérience du Laboratoire d’art et de recherche décoloniaux (LabARD) cofondé et dirigé par Romeo Gongora, qui regroupe une équipe incarnant la diversité diasporique du Sud Global.

Le caractère novateur de la Chaire réside dans son refus des approches symboliques de la diversité: elle propose une critique structurelle des institutions artistiques et universitaires, et place les pratiques diasporiques au cœur de la recherche-création. En intervenant dans un champ encore peu exploré au Canada, elle offre un apport majeur à la transformation des conditions de création, de transmission des savoirs et à la reconnaissance des pratiques artistiques diasporiques comme sources de connaissance à part entière.

Deux autres chaires, la Chaire de recherche du Canada sur les petites et moyennes villes en transformation, dont la titulaire est la professeure du Département d’études urbaines et touristiques Hiên Pham, et la Chaire de recherche sur les différences de genre à l’école, dont la titulaire est la professeure du Département de didactique Isabelle Plante, ont obtenu un renouvellement de leur financement.