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Musique metal, adolescence et consommation de substances à l’âge adulte

La doctorante Catherine McConnell signe un article dans le Journal of Applied Developmental Psychology.

13 août 2026 à 15 h 13

Mis à jour le 17 août 2026 à 9 h 29

Des études ont déjà montré que les jeunes qui préfèrent certains genres musicaux, comme le metal, ont davantage tendance à consommer de l’alcool et du cannabis. Cette association persiste-t-elle à l’âge adulte? Et quelles sont les différences selon le genre? C’est à ces questions que répond un article publié par la doctorante en psychologie Catherine McConnell dans le Journal of Applied Developmental Psychology.

Cosignée par son directeur, le professeur François Poulin, et par le doctorant Olivier Vivier, l’étude regroupe 364 participants (dont 59 % de femmes), qui ont rapporté annuellement leur intérêt pour la musique metal entre l’âge de 15 et 22 ans. La consommation problématique d’alcool et de cannabis a été évaluée à l’âge de 35 ans. Des variables de contrôle, incluant la consommation précoce de substances, des facteurs de risque reconnus ainsi que l’intérêt pour le metal à 35 ans, ont été mesurées au début de l’adolescence ou à l’âge adulte, selon le cas.

L’étude a permis de distinguer deux trajectoires: le premier groupe présentait un faible intérêt pour le metal (les non-amateurs, qui comptaient pour 67 % de l’échantillon) et le deuxième un intérêt élevé (les amateurs, 33 %). Les analyses de modération selon le genre ont montré que les femmes appartenant à la trajectoire d’intérêt élevé étaient plus susceptibles de présenter une consommation problématique d’alcool à l’âge de 35 ans. Ces résultats suggèrent qu’un intérêt soutenu pour le metal durant l’adolescence et le début de l’âge adulte pourrait constituer un marqueur développemental et socioculturel d’un risque accru de consommation problématique d’alcool chez certaines femmes. Selon la chercheuse, cette association refléterait vraisemblablement une combinaison de processus de sélection et de facteurs contextuels, notamment les expériences genrées au sein des scènes musicales, plutôt qu’un effet causal direct des préférences musicales.

Catherine McConnell n’en est pas à son premier article sur l’association entre genres musicaux et troubles psychologiques. En 2023, elle avait publié dans le Journal of Youth and Adolescence une étude, également cosignée par François Poulin, qui montrait une association entre une préférence pour la musique gothique à l’adolescence et le risque de développer des problèmes psychologiques à l’âge adulte.