La romancière québécoise Madeleine Monette vit à New York depuis les débuts de sa vie professionnelle, mais elle a toujours entretenu un lien étroit avec l’UQAM, où elle a été une l’une des premières étudiantes à obtenir une maîtrise en études littéraires, en 1974. En 1993-1994, celle qui est aussi nouvelliste, poétesse et essayiste y a été écrivaine en résidence. En juillet dernier, elle a fait don à l’Université de ses archives: manuscrits (romans et poèmes en chantier), textes de conférences, correspondance avec plusieurs auteurs et autrices d’ici et d’ailleurs ainsi que des photographies.
«En choisissant de confier ses archives à l’UQAM, Madeleine Monette, figure importante de la littérature québécoise contemporaine, démontre son attachement envers l’université qui l’a formée et elle pose un geste empreint de générosité et de confiance», souligne Cédric Champagne, directeur du Service des archives et de la gestion de l’information (SAGI). «Nous sommes reconnaissants qu’elle ait pris l’initiative de communiquer avec nous, poursuit-il. Ce fonds viendra enrichir nos autres fonds littéraires, notamment ceux de femmes qui sont moins bien représentées, et offrira à tous les publics – chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants, étudiantes et étudiants, ou autres – un accès privilégié à son parcours, à son œuvre et à son processus de création.»
Une œuvre polymorphe et rayonnante
Née à Montréal en 1951, Madeleine Monette vit à New York depuis 1979. Elle est l’autrice, entre autres, des romans Le double suspect (prix Robert Cliche 1980), Petites violences (1982), Amandes et melon (1991), La femme furieuse (1997) et Les rouleurs (2007), repris à Paris en 2015 et à Montréal aux éditions Mains libres en 2021 sous le titre Skatepark, puis traduit en anglais sous le titre The Chalioux Kid en 2026. Elle a également signé deux recueils de poésie, Ciel à outrances (2013) et La mer, au feu, publié en 2017 sous forme de livre d’artiste avant de paraître aux éditions du Noroît en 2020, ainsi qu’un recueil d’essais et d’entretiens, L’Amérique est aussi un roman québécois. Vues de l’intérieur (2022). Certains de ses poèmes, récits et essais sont parus dans diverses revues littéraires au Québec, au Canada anglais, aux États-Unis, en Italie, en France, en Roumanie, en Haïti, en Martinique et au Maroc.
Bien qu’installée à New York, Madeleine Monette n’a jamais cessé de faire vivre la langue française par son œuvre, note Cédric Champagne. «Son parcours, dit-il, témoigne du rayonnement du français au-delà de nos frontières et de la contribution des créatrices et créateurs québécois à la vie culturelle internationale.»
Admise à l’Académie des lettres du Québec en 2007, Madeleine Monette est aussi membre du PEN American Center, du Centre québécois du PEN et du Parlement des écrivaines francophones (PEF), dont la mission est de promouvoir la littérature féminine dans sa diversité en France et à l’étranger. Elle a d’ailleurs collaboré à la première anthologie du PEF, Voix d’écrivaines francophones, publiée en France (2019), ainsi qu’à trois recueils collectifs, Corps de fille, corps de femme (2023), Toi, ma mère (2024) et Nos exils (2025), parus aux éditions Des femmes à Paris.
L’écrivaine a été mise en nomination pour de nombreux prix littéraires, dont le prix Marguerite-Yourcenar (États-Unis), le prix France-Québec Philippe-Rossillon (France), le Grand Prix des lectrices d’Elle Québec et les prix Molson et Ringuet de l’Académie des lettres du Québec.