Voir plus
Voir moins

Lectures de janvier

Actualités UQAM présente chaque mois une sélection d’ouvrages publiés par des membres de la communauté universitaire.

5 janvier 2026 à 10 h 31

Mis à jour le 6 janvier 2026 à 15 h 20

etat_du_quebec_2026_w
Penser le temps autrement

Dans une société où tout va vite, quand est-il temps d’agir, de ralentir ou de s’accorder une pause face aux bouleversements constants? C’est la question à laquelle tente de répondre l’édition 2026 de L’état du Québec, une publication annuelle visant à informer et à proposer un regard neuf sur les débats qui animent la société québécoise. Plusieurs Uqamiennes et Uqamiens ont participé à l’exercice, placé sous le thème «Penser le temps autrement», et explorent les rythmes — ni uniformes ni synchronisés — de la politique, de la justice, de la culture, de l’environnement, de l’éducation, de l’économie, du social, de la science et de la psychologie. L’ouvrage questionne les moments où les réformes s’imposent et ceux où il faut laisser mûrir les idées. En tissant les fils du passé, du présent et du futur, il offre un regard renouvelé sur l’évolution de la société québécoise. Sous la direction de Lili Jacob et Sandra Larochelle, on y retrouve les contributions de la directrice de l’École des médias, Catalina Briceno, du professeur associé du Département de sciences des religions Frédéric Castel, du professeur du Département de communication sociale et publique Dominic Duval, de la professeure retraitée Louise Poissant, de la chargée de cours de l’École des médias Catherine Mathys et des personnes diplômées Malorie Flon (M.A. science politique, 2008), Alain Giguère (B.A. sociologie, 1980) et Sébastien Tanguay (B.A. communication/journalisme, 2013). Publié chez Somme toute/Le Devoir.

les_incels_w
Enquête chez les incels

Qui sont donc les incels, cette communauté de «célibataires involontaires» qui gagne de plus en plus d’adeptes à travers le monde? Pour analyser cette sous-culture de la manosphère, la diplômée et journaliste d’origine norvégienne Annvor Seim Vestrheim (M.A. science politique, 2023) a publié Les incels. Du clic à l’attentat, qui constitue une plongée dans le plus grand forum incel virtuel: Inceldom Discussion. On y découvre un langage codé et un ensemble complexe de règles et de normes bien définies. «La communauté, dans sa taille et ses pratiques, a beaucoup évolué, écrit l’autrice. Elle est composée de jeunes hommes réunis autour de l’idée que les femmes les priveraient injustement de relations sexuelles et amoureuses.» Cette rhétorique, souligne Annvor Seim Vestrheim, est d’ailleurs au cœur de tueries de femmes commises aux Canada, aux États-Unis et en Angleterre dans les années 2010. Unis par la frustration d’un soi-disant rejet par les femmes, animés par une soif de vengeance, les membres du forum justifient leurs difficultés amoureuses et sexuelles par la biologie évolutionniste. Plusieurs défendent sans gêne la suprématie mâle, tandis que d’autres héroïsent les auteurs d’attentats. Au lieu de psychologiser la violence masculine, la journaliste met l’accent sur son caractère à la fois misogyne et politique. Paru aux Éditions du remue-ménage.

z-comme-zahnd_w
Le théâtre québécois en affiches

C’est toute une partie de l’histoire du théâtre québécois qui se révèle à travers Z comme Zahnd, le dernier livre du professeur émérite de l’École de design Marc Choko. Gérald Zahnd a, en effet, été l’affichiste le plus prolifique sur la scène théâtrale montréalaise, de la fin des années 1960 aux années 1980. Il a signé, entre autres, les premières affiches de la pièce Les belles-sœurs de Michel Tremblay. Le Centre du théâtre d’Aujourd’hui, le Théâtre Populaire du Québec, le Théâtre du Nouveau Monde et, surtout, le Théâtre du Rideau Vert ont fait appel à ses talents. En parallèle, le graphiste d’origine suisse a créé des centaines de programmes, de rapports, de dépliants publicitaires, de logos et de présentations graphiques en tous genres pour divers clients du milieu culturel ou du monde des affaires. Abondamment illustré et imprimé en couleurs, le livre, dont le design soigné est signé par le chargé de cours Stéphane Huot (B.A. design graphique, 1993), fait honneur à la qualité du travail de Zahnd et à son style joyeux et coloré. Il est accompagné de préfaces de la femme de théâtre Lorraine Pintal, du designer Michel Dallaire et de l’artiste Édouard Lachapelle. Paru chez Somme toute.

esthetiques_numeriques_w
Les esthétiques numériques devenues réalité

Sous la plume du professeur émérite du Département d’études littéraires Bertrand Gervais, l ‘essai Esthétiques numériques et culture de l’écran explore les conditions de notre participation à une culture de l’écran où l’image devenue omniprésente rivalise avec le texte comme mode de connaissance. À l’ère de l’hyperconnectivité et du tout écran, nous sommes pistés. Nos moindres gestes sont conservés et analysés, ce qui ouvre la voie à une véritable économie fondée sur notre attention, mais aussi à des formes de résistance et à des tactiques de détournement qui s’inscrivent au cœur des esthétiques numériques. Pour Bertrand Gervais, les esthétiques numériques sont ces pratiques créatives, voire réactives, qui font du réseau leur lieu premier, souvent unique, de création et de diffusion. Avec leur savoir-faire, les artistes explorent les limites de la représentation, remédiatisant des œuvres, manipulant des bases de données, parasitant les moteurs de recherche et les plateformes de réseaux sociaux. La notion de flux y joue un rôle central, précise l’auteur, car le réseau est caractérisé par des flux de toutes sortes: flux de l’information, flux électrique, flux de données, flux de nos propres pensées qui les accompagnent. Mais que font les flux à l’identité, à la connaissance, à l’attention ou à la mémoire? Ils les remodèlent selon les paramètres d’une raison numérique. Publié aux Presses de l’Université du Québec.

jerome-geste-libre_w
Une figure importante de l’art moderne au Québec

Le professeur associé du Département d’histoire de l’art Gilles Lapointe est l’auteur de l’ouvrage Frère Jérôme, le geste libre, consacré à l’un des pédagogues et artistes les plus estimés de l’histoire de l’art du Québec. Ami du peintre automatiste Paul-Émile Borduas, le frère Jérôme a contribué à la formation de nombreux artistes au fil des générations, parmi lesquels Jean-Paul Mousseau, Raôul Duguay et Diane Dufresne. Son œuvre s’impose par une puissance d’expression particulièrement féconde, depuis ses premières aquarelles et natures mortes réalisées en 1925 jusqu’aux œuvres plus intimes des années 1990. Son projet artistique et son enseignement, marqués par ses convictions et sa vision du monde, pleinement engagés dans son époque et multipliant les expériences sur la couleur et la matière, manifestent une volonté de démocratiser l’art. Richement illustré – plus de 100 peintures, dessins et pastels –, cet ouvrage rend compte de la modernité du frère Jérôme et témoigne des diverses étapes d’une démarche créatrice et esthétique placée sous le signe de la liberté d’expression. Écrit par un spécialiste de l’art de cette période, il permet de suivre l’évolution du langage pictural abstrait de l’artiste et de saisir l’importance de sa contribution à l’histoire de l’art du Québec moderne. Paru aux Presses de l’Université de Montréal.

mao_panthere_w
La Guerre froide vue autrement

Le doctorant en histoire Clément Broche, récipiendaire du Prix du mérite dans la catégorie Relève étudiante, troisième cycle, en 2024, a consacré son mémoire de maîtrise, sous la direction de la professeure Olga Aleexeva, à deux acteurs que l’on n’associe pas d’emblée à la période de la Guerre froide: le Black Panther Party et la République populaire de Chine. Dans son ouvrage Mao, Panthères noires et Tigre de papier: la Chine communiste et le Black Panther Party (1966-1972), il se joint aux historiens qui proposent, depuis une vingtaine d’années, une relecture de cette période en mettant au centre de ses enjeux le tiers-monde et la question de la décolonisation, redéfinissant le conflit dans une opposition Nord-Sud plutôt qu’Est-Ouest. « À travers cette étude de cas, ce livre s’interroge tant sur la place de la République populaire de Chine dans l’imaginaire révolutionnaire de certains militants de la cause noire, que sur les intérêts de Pékin dans son soutien affiché à ces activistes et à leur lutte, écrit l’auteur. […] En prenant fait et cause pour les Black Panthers, et de façon plus large pour la cause afro-américaine, Mao se présentait en leader du tiers-monde et en champion de la lutte des populations de “couleurs” contre l’impérialisme “blanc”, qu’il soit américain ou soviétique.» Publié aux Presses de l’Université Laval.