Il y a 17 ans, l’UQAM accueillait quelque 6 000 personnes à la quatrième édition de La Nuit de la philosophie, un marathon d’activités de 24 heures. Le 25 septembre prochain, l’Association générale étudiante du module de philosophie 1er cycle (ASSOPHIA), en collaboration avec l’Association étudiante de philosophie de l’Université de Montréal (ADEPUM), fera renaître, sous une forme renouvelée, une grande nuit de réflexion et de culture. Cette cinquième édition de La Nuit de la philosophie se déroulera à l’Espace Quartier latin (pavillon AD), de 18 h à 5 h. L’entrée est libre et gratuite pour toutes et tous.
Du crépuscule jusqu’à l’aube, la philosophie sera le fil conducteur d’un événement qui se veut rassembleur et dont la programmation promet d’être éclectique. L’ambition des organisateurs est de créer les conditions d’une rencontre entre générations et entre disciplines – histoire, science politique, sociologie, arts, théâtre, musique, humour –, grâce à des conférences, des ateliers de discussion, des spectacles et des performances.
L’équipe de l’ASSOPHIA propose de faire circuler librement les idées qui proviennent de tous les horizons. «On entre pour une conférence, on reste pour une conversation, puis on ressort avec une question inattendue, ou avec un air de musique qui persiste. Les idées émergent souvent là où rien ne les annonçait, dans le hasard des échanges et des présences. Il s’agit donc de créer l’espace qui les rend possibles, le temps d’une nuit. Pas un colloque. Pas un festival. Simplement un moment où l’université accepte de se laisser habiter autrement…»
Pour l’occasion, l’Espace Quartier latin sera découpé en quatre zones consacrées à des conférences, à des présentations atypiques et à des activités hybrides alliant la philosophie à des performances artistiques, théâtrales et musicales.
Masculinisme, spécisme dans l’IA et autres sujets
Francis Dupuis-Deri, professeur au Département de science politique, et Mélissa Blais (M.A. histoire; Ph.D., sociologie), professeure à l’Université du Québec en Outaouais, présenteront une conférence intitulée «Masculinisme: radiologie d’une idéologie réactionnaire». Leur présentation abordera l’histoire du masculinisme, identifiera les principaux axes de son discours et évaluera la menace qu’il représente, en particulier pour les femmes. Les deux professeurs sont coresponsables du Chantier sur l’antiféminisme au sein du Réseau québécois en études féministes (RéQEF) et ont codirigé les ouvrages collectifs Le mouvement masculiniste au Québec: l’antiféminisme démasqué (Remue-ménage, 2015) et Antiféminismes et masculinismes d’hier à aujourd’hui (Presses universitaires de France, 2025) avec l’historienne Christine Bard.
Il a souvent été question de sexisme et de racisme pour dénoncer les biais de l’intelligence artificielle (IA). Mais qu’en est-il du spécisme? Peut-on dire que le déploiement des systèmes d’IA renforce ou affaiblit cette idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces? Martin Gibert, chargé de cours au Département de philosophie, abordera ces questions et parlera de la manière dont la révolution de l’IA touche les animaux et leur exploitation.
Un groupe étudiant de l’Université de Montréal proposera une discussion autour du thème «Initiation à la philosophie: apprendre à penser en commun». La pensée philosophique s’apprend et s’exerce surtout par la pratique du dialogue. C’est à tout le moins le parti pris qui sera défendu lors d’une discussion de groupe visant à découvrir collectivement les contours de la notion de parole.
À partir d’une présentation sur les potentialités et les limites du témoignage et de la parole, ces enjeux seront approfondis dans le cadre d’une communauté de recherche philosophique. Deux questions seront alors abordées: «Peut-on témoigner de tout? Est-ce que tout devrait pouvoir tout dire?»
Prestations culturelles
L’édition 2026 de La Nuit de la philosophie proposera plusieurs performances culturelles. Ainsi, la troupe de théâtre des étudiantes et étudiants de philo de l’UQAM, dirigée par Jennyfer Desbiens, présentera une adaptation théâtrale du Banquet, un texte du philosophe de l’Antiquité grecque Xénophon sur la nature et les qualités de l’amour.
L’humoriste Rafaële Bolduc proposera une lecture commentée de passages du Phédon de Platon, un dialogue qui relate la mort du philosophe Socrate et rapporte ses dernières paroles.
Laurence Poulin, Victor Girardin et Éloi Veilleux présenteront La nuit en quatre chapitres: conte folklorique, sur les aventures d’une jeune femme dans les bars de Montréal. Se situant à la jonction entre slam et contes traditionnels, la performance comprendra des thèmes musicaux et des interactions avec le public.
Multi-instrumentiste, l’auteur-compositeur-interprète Pierre Alain-Faucon offrira une prestation musicale accompagnée de chansons, sous le thème «Les arts bureaucratiques».
Pour connaître la programmation et l’horaire complet de La Nuit de la philosophie, on clique ici.