Cinq personnes étudiantes membres de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), inscrites à divers programmes de maîtrise et de doctorat (concentration études féministes), participent à la deuxième édition de la Tournée des cégeps, une série de conférences présentées dans sept établissements collégiaux du Québec. Cette tournée, amorcée le 17 février, se déroule jusqu’à la fin avril.
L’objectif est de sensibiliser la communauté collégiale à travers la mobilisation de savoirs féministes vulgarisés, en plus de créer des ponts entre les milieux collégial et universitaire. Les membres étudiants de l’IREF présenteront leurs travaux de recherche à deux reprises dans l’un ou l’autre des établissements collégiaux participants.
Ophélie Lacroix
Titre de la conférence: «Tu sais, ce n’est pas lui qui va se poser ces questions-là: la contraception et l’avortement dans les balados québécois»
Cégep du Vieux Montréal, 25 février, et Collège Montmorency, 28 avril
Doctorante en communication, Ophélie Lacroix exposera les résultats d’une recherche portant sur les discours de balados québécois qui traitent de contraception et d’avortement. Elle proposera une réflexion sur la responsabilité des femmes dans le contrôle de la fertilité et sur le rôle des médias numériques dans la diffusion des discours sur la sexualité et la santé reproductive. Diplômée de la maîtrise en communication, elle mène des recherches sur les discours et les pratiques numériques liés à la santé sexuelle et reproductive, et examine comment ces espaces participent aux reconfigurations idéologiques antiféministes. L’étudiante est aussi membre du Réseau québécois en études féministes (RéQEF) et du Laboratoire sur la communication et le numérique (LabCMO).
Sony Carpentier
Titre de la conférence: «Homomasculinités et rejet du féminin. Comment la domination masculine configure des hiérarchies chez les hommes homosexuels et/ou queers»
Cégep Saint-Laurent, 2 mars, et Cégep André-Laurendeau, 10 avril
Le doctorant en sociologie Sony Carpentier (B.A. communication; M.A. sociologie) examinera comment des hommes homosexuels et queers décrivent le masculin et le féminin, et comment ces représentations hiérarchisent les identités au sein de la communauté. En s’appuyant sur la sociologie des masculinités et une perspective féministe matérialiste, sa recherche montre que ces discours reproduisent les rapports de pouvoir entre les genres. Dans le cadre de sa thèse, Sony Carpentier se concentre sur l’apprentissage des normes de masculinité chez les adolescents. Également réalisateur pigiste, le doctorant a notamment travaillé à Radio-Canada, où il a contribué au lancement du service d’actualité jeunesse MAJ.
Audrey Pepin
Titre de la conférence: «Le féminisme à l’ère d’Instagram: entre soin et performance de soi»
Cégep André-Laurendeau, 19 mars, et Collège Montmorency, 28 avril
À l’aide du concept de «reconstruction de l’intime», la candidate à la maîtrise en science politique Audrey Pepin explorera le féminisme en ligne, où les expériences personnelles, notamment liées à la santé mentale et au bien-être, acquièrent une portée politique. L’étudiante s’intéresse particulièrement aux formes contemporaines de militance féministe en ligne et à leur potentiel de transformation sociale et politique. Son mémoire de maîtrise porte sur les reconfigurations féministes de l’intime sur le média social Instagram. Elle est membre du Collectif Action Politique et Démocratie (CAPED), du Laboratoire sur la communication et le numérique (LabCMO) et du Réseau Québécois en Études Féministes (RéQEF).
Sandrine Décarie
Titre de la conférence: «Réfléchir les inégalités de genre à travers les modalités du cauchemar et de l’ironie: regard sur l’œuvre de l’artiste surréaliste Mimi Parent (1924-2005)»
Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, 24 mars, et Cégep Marie-Victorin, 25 mars
Étudiante à la maîtrise en histoire de l’art, Sandrine Décarie abordera la place des femmes dans le mouvement surréaliste. À travers une perspective féministe, elle présentera l’œuvre de l’artiste québécoise Mimi Parent, dont les peintures et objets questionnent le corps féminin et l’espace domestique. Son étude révèle comment Mimi Parent et d’autres artistes ont transformé les marges du surréalisme en un espace de résistance créative et critique. Parallèlement à son parcours universitaire, elle occupe le poste de coordonnatrice de la revue Le Carnet et développe une pratique artistique multidisciplinaire en tant que tatoueuse, céramiste et peintre. Elle est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ).
Valérie Sagine Toussaint
Titre de la conférence: «La construction de la migrante haïtienne “illégale” et “indésirable” en contexte de migration et le contrôle de son corps»
Collège Ahuntsic, 17 février et Cégep du Vieux Montréal, 16 avril
Candidate à la maîtrise en science politique, Valérie Sagine Toussaint analysera comment le corps des migrantes haïtiennes est construit comme «illégitime» et soumis à un contrôle social et politique hérité du colonialisme. En s’appuyant sur les écrits de féministes noires, elle montre que les stéréotypes raciaux et sexistes associés à la figure de la Jézabel continuent d’influencer les politiques migratoires et reproductives, déshumanisant les migrantes haïtiennes et renforçant les rapports de pouvoir raciaux et de genre. Ses recherches portent, notamment, sur les violences institutionnelles, le féminisme haïtien et les migrations intra-caribéennes. Elle s’intéresse aux inégalités, aux discriminations ainsi qu’au transfert des connaissances pour outiller les communautés.