Le Conseil d’administration a approuvé la création, le 22 janvier dernier, de quatre nouvelles chaires stratégiques pour un mandat de trois ans. Les chaires sont attribuées aux professeures Josée Charette (éducation et formation spécialisées) et Catherine Haeck (sciences économiques) ainsi qu’aux professeurs David Lafortune (sexologie) et Ney Wendell (théâtre). L’UQAM compte maintenant 34 chaires stratégiques.
Lancé à l’automne 2013, le programme des chaires stratégiques vise à soutenir le développement de la recherche et de la création en structurant des domaines émergents, intersectoriels ou novateurs. Les chaires sont attribuées à une ou un titulaire par voie de concours selon divers critères: le potentiel d’innovation des travaux proposés et de collaborations internes et externes, les retombées scientifiques, sociales et culturelles, l’intégration et l’encadrement des personnes étudiantes.
Familles immigrantes et milieux scolaires
La Chaire Bienvenue aux familles immigrantes: l’équité et l’inclusion grâce aux milieux scolaires, dont la titulaire est la professeure Josée Charette (Département d’éducation et formation spécialisées), s’intéresse au rôle des milieux scolaires dans le parcours migratoire des familles et dans leur processus d’intégration à la société d’accueil. Si les milieux scolaires représentent un vecteur d’équité et d’inclusion pour les familles immigrantes et leurs enfants, ils peuvent aussi contribuer à reproduire et à renforcer des inégalités. Au Québec, certains écrits rapportent les effets néfastes de politiques linguistiques restrictives sur l’accès des parents immigrants aux informations concernant le parcours scolaire de leurs enfants, critiquent le classement erroné d’élèves immigrants en classe spéciale plutôt qu’en classe ordinaire et révèlent un taux de diplomation plus faible chez les élèves nés hors Québec. Les milieux scolaires manquent d’outils pour reconnaître et contrecarrer ces inégalités encore peu documentées. La Chaire vise, notamment, à générer des connaissances sur les inégalités susceptibles d’être produites ou renforcées ainsi que sur les initiatives pouvant être mises en place en matière d’équité et d’inclusion. Elle veut contribuer à la transformation des pratiques à tous les paliers d’action des milieux scolaires. Elle s’appuiera sur des recherches en cours, dont certaines menées avec le ministère de l’Éducation, des Centres de services scolaires et des écoles.
Santé et réussite éducative
Dirigée par la professeure du Département des sciences économiques Catherine Haeck, la Chaire sur le bien-être des enfants: santé, éducation et économie s’intéresse au parcours des enfants du Québec, de la naissance à l’âge adulte. En collaboration avec des experts en santé, éducation et psychologie, elle s’appuiera sur plusieurs bases de données, dont «Enfants du Québec», développée par l’Institut de la statistique du Québec et l’Observatoire pour l’éducation et la santé des enfants du CHU Ste-Justine, et la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail de Statistique Canada. Ces données contribueront à documenter les trajectoires de vie des jeunes, à mieux comprendre les inégalités de réussite à l’école et les facteurs favorisant leur réduction, et à orienter les décisions publiques. Son programme s’articule autour de trois axes. Le premier portera sur les liens entre environnement, santé et éducation. Le second évaluera les retombées sociales et économiques des services de garde à contribution réduite, des maternelles 4 ans à temps plein, du programme Passe-Partout et du programme de nutrition prénatale OLO. Le dernier outillera les jeunes dans leurs choix scolaires. Une application interactive illustrera les trajectoires de revenus selon les diplômes, les établissements et le sexe. L’objectif est de réduire les inégalités d’information, surtout pour les jeunes de milieux modestes.
Sextech et santé sexuelle
Le professeur du Département de sexologie David Lafortune, titulaire de la Chaire d’étude sur la réalité virtuelle, les outils sexotechnologiques et la santé sexuelle (ÉROS), vise à comprendre comment la sextech transforme les pratiques sexuelles, les formes d’intimité et les dynamiques relationnelles. Représentant un marché qui atteindra 123 milliards de dollars en 2031, la sextech désigne les images et vidéos pornographiques générées par l’intelligence artificielle (IA), la pornographie en réalité virtuelle (environnements sexuels immersifs), les agents conversationnels romantiques (chatbots) et les jouets sexuels connectés. La Chaire étudiera ces innovations comme leviers pour la recherche, l’intervention et l’éducation sexuelle. Divers travaux montrent, notamment, que la réalité virtuelle et les jouets sexuels peuvent améliorer le traitement de troubles sexuels, que les chatbots facilitent l’accès à l’éducation sexuelle et favorisent le développement d’habiletés romantiques. La Chaire se penchera aussi sur les préoccupations éthiques, sociales et juridiques suscitées par l’essor de la sextech: hypertrucages sexuels et pornographie juvénile, biais algorithmiques renforçant les stéréotypes de genre, isolement social lié à un usage excessif de chatbots, protection des données personnelles. Elle analysera les usages problématiques de la sextech, sensibilisera la population aux enjeux soulevés par ces usages et fournira aux décideurs publics et aux entreprises technologiques des recommandations en matière de prévention et de régulation.
Arts et santé mentale
Face à l’augmentation préoccupante des troubles anxieux, dépressifs et de l’isolement social chez les jeunes, la Chaire sur les arts pour la santé mentale des enfants et des adolescent-e-s, dont le titulaire est le professeur de l’École supérieure de théâtre Ney Wendell, propose une approche novatrice conjuguant recherche, création et action. Sa mission est d’étudier les pratiques artistiques (théâtre, danse, musique et arts visuels) comme leviers de prévention, de promotion et de soutien du bien-être. En effet, ces pratiques peuvent favoriser l’expression émotionnelle, réduire le niveau de stress, renforcer la résilience et stimuler l’estime de soi. La Chaire regroupera des créatrices et créateurs en arts ainsi que des chercheuses et chercheurs en santé et en éducation afin d’évaluer leur impact sur la santé mentale des jeunes et développera des projets de création artistique. Elle collaborera à la consolidation d’un champ de recherche intersectoriel et collaboratif dans l’espace francophone, tout en formant et accompagnant la relève scientifique et professionnelle. Elle créera enfin une plateforme en ligne regroupant une banque d’activités artistiques adaptées aux milieux scolaire, communautaire et de santé ainsi qu’aux familles. On y trouvera également des outils pédagogiques pour le personnel enseignant et professionnel ainsi que des capsules vidéo, des webinaires et des conférences destinés au grand public.
Mandats prolongés
Le Conseil d’administration de l’UQAM a également résolu de prolonger, pour deux ans, la Chaire en biologie computationnelle et structurale des réseaux protéiques du professeur Laurent Cappadocia (Département de chimie), et la Chaire de recherche en santé mentale périnatale et bien-être de la famille de la professeure Catherine Herba (Département de psychologie) .
Enfin, le Conseil a reconduit, pour une durée de quatre ans, la Chaire UNESCO en développement curriculaire des professeurs Patrick Charland (Département de didactique) et Stéphane Cyr (Département de mathématiques).