À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février, la Faculté des sciences a dévoilé les noms des boursières 2026 du Fonds pour les femmes en science dans trois catégories: Persévérance, Leadership, Ambition. Les cinq étudiantes sont Émilie Folie-Boivin (maîtrise en sciences de la Terre), Sooa Song (doctorat en mathématiques), Laura Jeanne Raymond-Leonard (doctorat en biologie), Amélie Allard (maîtrise en biochimie) et Laurianne Ladouceur (doctorat en sciences de l’environnement).
Encore cette année, la Faculté des sciences est partenaire de l’événement Femmes et filles de science, qui aura lieu le 21 février, au Centre des sciences de Montréal. L’Espace UQAM proposera plusieurs activités: observation des cellules immunitaires en action au microscope et d’insectes vivants dans un terrarium, manipulation de véritables fossiles, découverte du rôle des mathématiques dans l’art. La doctorante Mélanie Raymond, boursière de l’édition 2024, animera une discussion avec les boursières 2026 Amélie Allard, Émilie Folie-Boivin et Laura Jeanne Raymond-Leonard, qui témoigneront de leurs parcours respectifs.
Avant la conférence de Joanie Lamoureux, animatrice de la populaire émission Le safari de Joanie à Télé-Québec, un panel présentera de façon ludique le parcours de Marie Meloche, de l’Institut Jane Goodall, et de Teodora Stan, étudiante à la maîtrise en sciences de l’environnement de l’UQAM.
Bourses Persévérance
Émilie Folie-Boivin, maîtrise en sciences de la Terre
Étudiante à la maîtrise en sciences de la Terre, Émilie Folie-Boivin se consacre à la reconstitution de l’histoire climatique du sud-ouest du Groenland. Sous la direction de la professeure Anne de Vernal, elle analyse des fossiles microscopiques contenus dans les sédiments marins afin de mieux comprendre les changements environnementaux ayant marqué cette région arctique.
Son parcours témoigne d’une détermination exceptionnelle. Après une carrière en journalisme, entre autres comme collaboratrice régulière pour Québec Science, Émilie a repris des études en sciences biologiques, puis s’est tournée vers les géosciences, où elle s’est rapidement distinguée par la qualité de son travail, sa curiosité intellectuelle et ses excellents résultats scolaires. Elle a effectué un séjour universitaire de quatre mois au Groenland, une expérience qui atteste de son adaptabilité et de sa capacité à évoluer dans des environnements extrêmes. Émilie contribue aussi aux activités de son équipe de recherche, notamment en participant à des projets de vulgarisation auprès des jeunes.
Sooa Song, doctorat en mathématiques
La doctorante en mathématiques Sooa Song se spécialise en combinatoire énumérative, un domaine qui vise à comprendre et à dénombrer les structures complexes issues des ensembles partiellement ordonnés. Ses travaux portent notamment sur les intervalles de la droite réelle d’un ensemble ordonné, pour lesquels elle a développé de nouvelles formules et algorithmes. Elle a présenté ses résultats dans des colloques majeurs, dont une rencontre de l’American Mathematical Society et la Canadian Discrete and Algorithmic Mathematics Conference.
De la Corée du Sud aux États-Unis, puis à Montréal, elle a toujours démontré une persévérance remarquable. Malgré une affection oculaire, elle a poursuivi ses recherches en adaptant ses méthodes de lecture, de programmation et de résolution de problèmes. Étudiante au rendement exceptionnel, elle s’est également distinguée par son leadership.
Très impliquée dans sa communauté, Sooa coordonne le programme de mentorat DREAMS de l’Institut des sciences mathématiques, qui met en relation des étudiantes et étudiants de 1er cycle avec des mentores et mentors aux cycles supérieurs. Elle-même est un modèle pour la relève en mathématiques.
Bourse Leadership
Laura Jeanne Raymond-Leonard, doctorat en biologie
Dans le cadre de son doctorat en biologie, Laura Jeanne Raymond-Leonard étudie la biodiversité des sols urbains. Ses recherches visent à comprendre comment les pratiques de gestion des espaces verts influencent la faune du sol, en particulier les collemboles, un groupe d’arthropodes dont elle est devenue l’une des expertes les plus reconnues au Québec.
Plusieurs réalisations majeures ont marqué son parcours: en plus de développer une méthode novatrice pour caractériser les pièces buccales des collemboles, aujourd’hui utilisée à l’international, elle a signé de nombreux articles comme première autrice, notamment dans Proceedings of the Royal Society B et Soil Biology and Biochemistry. Elle s’investit dans maintes collaborations, contribuant entre autres à des bases de données nationales et mondiales sur les invertébrés du sol, dont Global Collembola, un projet ayant mené à des publications dans Nature Communications et Scientific Data.
L’influence de Laura Jeanne rayonne bien au-delà de ses recherches. Elle forme la relève en entomologie, anime des activités de vulgarisation auprès de jeunes publics et participe énergiquement à diverses initiatives scientifiques locales et internationales.
Bourses Ambition
Amélie Allard, maîtrise en biochimie
Amélie Allard s’intéresse aux mécanismes moléculaires qui permettent aux plantes de résister au stress. Son projet de maîtrise en biochimie porte plus précisément sur la dynamique des structures d’ARN chez le riz exposé à des températures élevées, une approche novatrice qui pourrait éclairer la résilience des cultures dans un contexte de changements climatiques.
Après un premier baccalauréat en génie électromécanique, elle a réussi avec excellence un baccalauréat spécialisé en biologie moléculaire et cellulaire, avant de se consacrer à la recherche en biochimie. Elle a acquis une expérience significative dans plusieurs laboratoires, explorant successivement les interactions plantes-microbes, les virus végétaux et la fonction du microbiote foliaire. Ses travaux ont été présentés lors de conférences provinciales et nationales, et un premier article, dont elle est première autrice, est en préparation pour publication dans une revue scientifique.
Amélie joue également un rôle actif en vulgarisation scientifique. Responsable du montage du balado Les Lucioles et impliquée auprès des Scientifines, elle contribue fortement à rendre la science plus accessible et inclusive.
Laurianne Ladouceur, doctorat en sciences de l’environnement
Les recherches de Laurianne Ladouceur en sciences de l’environnement se concentrent sur les sols agricoles, plus précisément sur la dissipation du glyphosate et de son principal produit de dégradation, l’AMPA, ainsi que sur l’expression des gènes microbiens associés à ces processus. En alliant analyses moléculaires, échantillonnage sur le terrain et collaborations étroites avec les productrices et producteurs, elle contribue à éclairer l’usage durable des intrants en grandes cultures.
Titulaire d’un baccalauréat en agronomie et membre de l’Ordre des agronomes du Québec, elle a effectué sa maîtrise avec une moyenne exceptionnelle de 4,2/4,3, ce qui lui a valu de présenter ses travaux dans plusieurs congrès scientifiques et activités de vulgarisation.
Au-delà de ses recherches, Laurianne se distingue par un leadership rassembleur et un lien privilégié avec le terrain. Productrice maraîchère et conseillère agricole, elle conjugue science et pratique avec l’ambition de contribuer à des systèmes agricoles plus durables.
Des projets étudiants en santé environnementale
À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, le Réseau des femmes en environnement (RQFE) organise un webinaire, le 11 février de 12 h à 13 h, afin de mettre en lumière deux projets académiques portés par des étudiantes dont les travaux contribuent à mieux comprendre les liens entre corps, environnement et santé.
La doctorante en éducation et praticienne somatique Julie Drouin (M.Sc. biologie, 2007) présentera son projet qui explore comment le corps et le mouvement peuvent devenir des leviers d’éducation écologique et de mobilisation environnementale, tandis que la diplômée Romy Seminaro (M.Sc. sciences de l’environnement, 2025) présentera sa recherche portant sur l’exposition aux perturbateurs endocriniens présents dans les produits de soins personnels et leurs impacts sur la santé des femmes.
Les deux présentations seront suivies d’un échange animé par Sarah Machane, professionnelle en santé environnementale et coordonnatrice régionale chez Cascades.