Voir plus
Voir moins

L’art pour exprimer la réalité vécue après un traumatisme craniocérébral

Le Laboratoire Neurotrauma participe à un projet à la frontière de la science et de la culture.

19 février 2026 à 15 h 12

Mis à jour le 24 février 2026 à 15 h 30

Le Laboratoire Neurotrauma de l’UQAM, spécialisé dans l’étude des effets des traumatismes craniocérébraux, s’est associé avec la compagnie Espace K Théâtre (EKT) de Baie-Comeau et l’Association des handicapés adultes de la Côte-Nord (AHACN) dans un projet visant à sensibiliser la population à la réalité des personnes vivant avec un traumatisme craniocérébral (TCC) modéré à sévère. Ce projet a donné lieu à l’exposition Exprime ta réalité, présentée à la bibliothèque Alice-Lane de Baie-Comeau depuis le 27 janvier dernier jusqu’au 9 mars prochain.

Lancé par la professeure du Département de psychologie Marie-Julie Potvin et la chercheuse en arts vivants de Baie-Comeau Josée Girard, ce projet original a pour objectif de vulgariser, au moyen de l’expression artistique, les difficultés les plus invalidantes vécues après un TCC. On souhaite ainsi favoriser une meilleure compréhension de la récupération après un tel traumatisme.

Quatre artistes de Baie-Comeau provenant de diverses disciplines, Josée Girard, François Corriveau, Fanny Lessard et Jean Claude Rochette, témoignent par une vingtaine d’œuvres de la réalité de 17 personnes ayant vécu un TCC et bénéficiant des services de l’AHACN.

Parmi ces personnes, Réal parle de l’obligation de réinventer sa vie après un accident de vélo, de la résilience et de la nouvelle réalité qu’il a dû apprendre à habiter.

Ingénieure électrique de formation, Marie-Josée a survécu à un accident d’hélicoptère. Aujourd’hui, elle témoigne d’un combat invisible: apprivoiser le temps, le mesurer, le combler.

Ancien camionneur, monsieur P. a fait une chute. L’œuvre qu’il a choisie évoque l’absence: celle d’un métier, d’un rythme, d’une identité que le traumatisme craniocérébral lui a arrachée.

Victime d’un accident alors qu’il n’avait que cinq ans, Guy parle avec les yeux de l’enfant qu’il était, son innocence marquée trop tôt par la collision.

Depuis plus de 20 ans, madame D. est nourrie par intraveineuse. Elle n’a ni mangé ni bu depuis un accident de la route, en 2005. L’œuvre qui la représente parle du corps, du temps figé et d’une réalité qu’on peine à imaginer.

Par le théâtre d’objets, Rémi M. explore une séquelle fréquente du traumatisme craniocérébral: l’attention qui se fragmente, qui se perd.

Alexandre a subi, au début de la vingtaine, un accident de la route qui a freiné ses élans. Il témoigne d’un manque d’outils pour composer avec sa mémoire qui fuit, d’un monde où atteindre ses rêves demande désormais plus que de la volonté.