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Élection du pape Léon XIV: un message clair à l’administration Trump

Le pape aura toute la latitude pour rappeler à l’ordre le président américain et son vice-président, croit la professeure Catherine Foisy.

Par Jean-François Ducharme

9 mai 2025 à 10 h 08

Le cardinal Robert Francis Prevost est devenu, le 8 mai dernier, le pape Léon XIV. «Il a choisi le nom de Léon en référence au pape Léon XIII, qui, à la fin du 19e siècle, était monté au front sur les questions sociales à une époque marquée par les excès du capitalisme et les dangers du socialisme, souligne la professeure du Département de sciences des religions Catherine Foisy. Cent trente ans plus tard, des enjeux se posent de manière similaire, notamment sur les plans de la justice sociale et de l’accumulation à outrance des richesses.»

Né à Chicago, Léon XIV détient la nationalité américaine et péruvienne, lui qui a mené une œuvre missionnaire au Pérou durant deux décennies. Le premier pape de l’histoire natif des États-Unis a la réputation d’être un modéré capable de concilier des points de vue divergents.

Au cours des dernières années, alors qu’il était cardinal, Robert Francis Prevost a partagé sur les médias sociaux des publications critiquant le président Donald Trump et le vice-président J.D. Vance, en particulier pour leurs positions antimigrants. «Avec cette élection, le Collège cardinalice envoie un message très clair à l’administration Trump à l’effet que le Vatican ne sera pas le vassal des États-Unis, affirme Catherine Foisy. Le pape aura toute la latitude pour agir sur le plan moral et éthique et rappeler à l’ordre le président Trump et le vice-président Vance, un catholique, sur les questions des migrants, de culture, d’éducation, de justice sociale et d’équité.» La professeure n’est toutefois pas convaincue que le Vatican aura des impacts concrets sur les politiques de l’administration Trump. «Cette administration a déjà été semoncée par plusieurs leaders religieux, sans broncher», déplore-t-elle.

La première phrase de son discours inaugural, prononcé en italien et en espagnol depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, se traduit ainsi: Que la paix soit avec vous tous, très chers frères et sœurs. «Dans la configuration géopolitique actuelle, cette phrase n’est pas anodine, affirme Catherine Foisy. Le pape se positionne pour la paix dans les conflits en Ukraine, à Gaza, en Inde, au Pakistan, au Congo et ailleurs dans le monde.»

Selon Catherine Foisy, Léon XIV ira au front pour défendre les droits humains et les questions environnementales. Toutefois, elle n’anticipe pas d’avancées majeures sur l’ordination des femmes. «Sa conception anthropologique de l’être humain s’inscrit dans la lignée de tous ses prédécesseurs, dit la professeure. Selon cette conception, les femmes ont pour vocation de prendre soin, de materner, et ne peuvent donc pas diriger des institutions. L’homme qui s’attaquera à ce dossier un jour n’est probablement pas encore né.»