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Mettre l’IA au service des personnes autistes

Un projet d’agent conversationnel vise à faciliter l’accès à l’aide financière pour les personnes autistes et leurs proches.

Par Claude Gauvreau

29 avril 2025 à 16 h 32

La professeure du Département de sociologie Catherine des Rivières-Pigeon, directrice de l’Équipe de recherche pour l’inclusion sociale de l’autisme (ÉRISA), a développé avec ses partenaires de recherche un projet de création d’un agent conversationnel (chatbot), dont la fonction est d’aider les personnes autistes et leurs proches à compléter des formulaires de demande d’aide financière gouvernementale.

Dévoilé à l’occasion du Mois de l’autisme, ce projet d’accompagnement des personnes autistes et de leurs familles est mené par la Fédération québécoise de l’autisme (FQA), en partenariat avec la professeure, l’Institut québécois en intelligence artificielle Mila, Videns, une compagnie spécialisée en intelligence artificielle, et l’organisme à but non lucratif Finautonome. Le projet bénéficie du soutien financier de l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ).

Les personnes autistes et leurs proches ont des besoins nombreux et diversifiés, entraînant des dépenses importantes, qu’il s’agisse de l’accès à un diagnostic ou de l’obtention de services spécialisés en orthophonie et en ergothérapie, par exemple.

«Ces personnes ont droit à une aide financière gouvernementale, tant de Québec que d’Ottawa, pour satisfaire leurs besoins, souligne Catherine des Rivières-Pigeon. Le hic est que les formulaires de demande d’aide sont particulièrement complexes. Depuis plusieurs années, la FQA et les recherches indiquent que les personnes autistes et leurs familles éprouvent des difficultés à remplir ces formulaires de manière adéquate, si bien que leurs demandes d’aide sont souvent refusées.»

Grâce à l’expertise de l’Institut Mila et de l’entreprise Videns, un agent conversationnel a été «entraîné» afin d’aider à fournir les bonnes informations et les bonnes réponses aux questions soulevées dans les formulaires, lesquels exigent des descriptions détaillées des limitations que les personnes autistes vivent au quotidien. Pour le moment, deux formulaires seront priorisés, l’un provincial et l’autre fédéral.

«L’agent conversationnel servira aussi à informer adéquatement les personnes en ce qui concerne les différents programmes d’aide auxquels elles ont droit, note la professeure. Nous en sommes actuellement à la phase un du projet, qui comprend différents tests pour s’assurer que l’outil reflète les réalités conversationnelles des personnes autistes et que le contenu généré soit le plus approprié possible. L’objectif est que le chatbot soit opérationnel à compter de l’été prochain.

Sollicitée à titre d’experte auprès de décideurs politiques, Catherine des Rivières-Pigeon connaît bien les défis auxquels est confrontée la communauté autiste. Depuis 2008, elle a mené plusieurs études portant, notamment, sur la santé et les conditions de vie de parents d’enfants autistes.

En 2022, l’équipe de recherche de la professeure, la FQA et Videns avaient également uni leurs forces pour créer le premier Observatoire québécois de l’autisme. Videns s’était alors jointe à la FQA et à l’UQAM pour travailler à la mise au point d’un prototype d’agent conversationnel convivial, adapté aux besoins individuels des personnes autistes et à leurs défis de communication spécifiques, leur permettant ainsi d’interagir au maximum de leurs capacités.