Réfléchir à la datafication de la société
Les données occupent une place prédominante dans toutes les sphères de la vie sociale, qu’il s’agisse des gouvernements engagés dans des démarches d’ouverture de données publiques, des entreprises qui intègrent la science des données dans leurs stratégies d’affaires ou des internautes qui génèrent, souvent à leur insu, des quantités de traces monnayables par le simple fait d’utiliser le web. Pourtant, le concept de données demeure abstrait pour la plupart des gens. Que produit cette circulation intense des données dans nos sociétés contemporaines? L’ouvrage Les publics de données: penser la datafication de la société, sous la direction des professeures et professeurs Florence Millerand, Mélanie Millette et Alexandre Coutant, du Département de communication sociale et publique, et Guillaume Latzko-Toth, de l’Université Laval, aborde la question des «publics de données», des groupes constitués parce qu’un algorithme a repéré un ensemble d’intérêts partagés ou parce qu’une organisation a anticipé des usages communs. Il explique les enjeux soulevés par les publics de données en présentant les acteurs, les dispositifs sociotechniques et les collectifs façonnés par le processus de datafication de la société. Publié aux Presses de l’Université de Montréal.
Vers une nouvelle ruralité
Le renouvellement de la ruralité est un défi majeur. Comment réinventer des territoires à la fois vivants et viables? Vers une nouvelle ruralité : l’expérience des Ateliers des savoirs partagés explore les tensions entre l’exploitation des ressources et la préservation des milieux de vie. Alors que les régions se transforment, de plus en plus d’initiatives solidaires et respectueuses des écosystèmes émergent. Les Ateliers des savoirs partagés (ASP) sont l’un de ces espaces où chercheuses, chercheurs, actrices et acteurs croisent leurs savoirs et travaillent collectivement pour concevoir des solutions innovantes et inclusives favorisant la transition socioécologique et la réappropriation des territoires. «Les ASP mobilisent différentes approches et de multiples pédagogies: ateliers, visites, chantiers de réflexion, forum, écoles d’été, documentation d’initiatives inspirantes, construction de récits, etc. Elles ont pour objectif de redonner aux communautés des moyens de favoriser la vitalité de leur milieu. Elles veulent aussi favoriser l’émergence d’idées et de trajectoires nouvelles et, ainsi, soutenir les localités en proposant des perspectives innovantes, voire des utopies, souhaitables et réalisables», lit-on en introduction de l’ouvrage, publié sous la direction du professeur du Département de géographie Juan-Luis Klein, du professeur associé du Département de sociologie Denis Bussières (Ph.D. sociologie, 2018), de l’agente de recherche Christine Champagne (M.Sc. géographie, 2008), de la doctorante en géographie Caroline Dufresne, de la professeure du Département d’organisation et ressources humaines Maude Léonard (Ph.D. psychologie, 2016) et du professeur retraité de l’UQAC Pierre-André Tremblay. Paru aux Presses de l’Université du Québec.
Galilée sous un autre jour
Galilée a révolutionné notre manière de voir les planètes. Astronome de génie, il était aussi un homme d’affaires, un politique, un mari et un père. Dans L’ambassadeur de Galilée, le professeur du Département d’histoire Yves Gingras et l’historien des sciences William R. Shea offrent un éclairage original sur la vie du savant en reconstituant les mémoires d’un observateur privilégié de sa carrière, Francesco Niccolini, qui fut de 1621 à 1644 ambassadeur à Rome du grand-duc de Toscane, dont Galilée était le protégé. Témoin et acteur des événements ayant mené à la condamnation de Galilée en 1633, l’ambassadeur raconte avec verve les relations de l’astronome avec les personnages importants de la cour vaticane, dont le cardinal Francesco Barberini et le père dominicain Niccolò Riccardi, secrétaire du Saint-Office au moment de la publication du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, ouvrage qui mit le feu aux poudres. Établis à partir de la correspondance de Niccolini, ces mémoires fictifs révèlent un Galilée qui consacre plus de temps à cajoler les grands de ce monde, à se défendre devant ses ennemis, à se livrer à des commerces petits et grands et à fréquenter des artistes qu’à observer le ciel, l’œil collé à sa lunette. Bref, un Galilée vivant et humain. Paru chez Boréal.
Initiation au patrimoine
Qu’est-ce que le patrimoine? Pourquoi le protéger? Comment activer l’engagement des petites citoyennes et des petits citoyens pour protéger le patrimoine à leur échelle? À travers des exemples de monuments emblématiques, mais aussi des bâtiments de tous les jours, l’album jeunesse La ville nous parle: petite initiation au patrimoine, rédigé par la chargée de cours de l’École de design Marie-Dina Salvione et l’illustrateur Laurent Pinabel, est une invitation à partir à la découverte du patrimoine québécois, canadien et mondial. Au fil d’une promenade, un adulte et un enfant observent l’environnement bâti autour d’eux. Le texte, accessible et ludique, révèle aux enfants de 6 à 11 ans ce qu’est le patrimoine. En découvrant le patrimoine bâti à l’échelle locale, nationale et internationale (on explique, par exemple, la liste du patrimoine culturel de l’UNESCO) et en s’interrogeant sur le vocabulaire architectural (comme corniche, soupirail, tambour et lanterneau), les jeunes sont sensibilisés aux richesses parfois subtiles de la ville et des paysages. «Est-ce que le patrimoine est toujours beau?, demande l’enfant. Ça, c’est un peu délicat… parce que ce qui est beau pour toi ne l’est pas forcément pour quelqu’un d’autre, lui répond l’adulte. Ce qui importe avec le patrimoine, c’est qu’il nous aide à comprendre qui nous sommes.» Publié aux Éditions du Passage.
Superviser les stages au collégial
Pas moins de 428 programmes techniques avec stages crédités sont offerts dans le réseau des cégeps publics francophones. Dans chacun de ces programmes, les personnes qui supervisent les stages doivent créer elles-mêmes leurs outils pour accompagner et évaluer leurs stagiaires, puisque la littérature scientifique à cet égard était jusqu’à maintenant inexistante. Afin de combler ce vide, la professeure du Département d’éducation et formation spécialisées Julie Lefebvre et la conseillère pédagogique Raymonde Gosselin ont sollicité l’ensemble des directions des études des cégeps francophones aux quatre coins du Québec. Les auteures ont collecté pas moins de 130 documents réalisés par des équipes départementales, des personnes enseignantes ou des conseillers et conseillères pédagogiques, qu’elles partagent dans l’ouvrage Le coffre à outils de la supervision de stage au collégial. Au moyen d’un code QR, tous les documents peuvent être téléchargés, utilisés ou adaptés dans n’importe quel milieu de stage, que ce soit en administration, en communication, en informatique, en santé ou en éducation. L’ouvrage aborde, entre autres, le dialogue de rétroaction, l’accompagnement des stagiaires présentant des difficultés, le portfolio de développement professionnel, l’autoévaluation et l’évaluation par les pairs. Publié aux Presses de l’Université du Québec.
Un collège autochtone avant-gardiste
La professeure du Département d’histoire l’art Édith-Anne Pageot est l’autrice de l’ouvrage Le Collège Manitou. Renouveau artistique et médiatique autochtone, qui aborde l’histoire du premier établissement d’enseignement postsecondaire géré par des Autochtones dans l’est du Canada, entre 1973 et 1976. Il souligne la singularité de son programme en arts et en communication et met de l’avant l’apport des femmes ayant contribué à la mise en œuvre de processus d’autochtonisation de l’établissement. Les méthodes avant-gardistes en recherche et en recherche-création, de même que les approches éducatives, nourrissent encore aujourd’hui la réflexion sur la façon de produire et de partager les savoirs. «Le cadre d’apprentissage communautaire, interculturel et intergénérationnel du campus, situé en pleine forêt boréale, est un repère de sens, écrit Édith-Anne Pageot. Le milieu de vie de Manitou attise le sentiment d’appartenance, impulse l’autodétermination et avive une vision positive de soi.» Ce projet expérimental cultive l’espoir chez une jeune intelligentsia autochtone au sein de laquelle se trouvent des éclaireurs qui deviendront des leadeurs et des mentors dans diverses sphères d’activités, en politique, en éducation, en arts et en communication. Avec ses témoignages d’anciens élèves, employés et professeurs ainsi que ses archives inédites, l’ouvrage ouvre des avenues innovantes pour imaginer des environnements éducatifs inclusifs et respectueux. Paru aux Presses de l’Université de Montréal.