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Le doctorat en muséologie, médiation, patrimoine célèbre ses 20 ans

Une journée d’étude a été organisée pour souligner l’événement.

2 décembre 2025 à 14 h 01

Mis à jour le 5 décembre 2025 à 10 h 26

Les cycles supérieurs en muséologie avaient convié la communauté universitaire ainsi que la communauté muséale à une journée d’étude, le 13 novembre dernier, visant à souligner le 20e anniversaire du doctorat en muséologie, médiation, patrimoine. «Je n’ai pas à vous dire combien ce programme doctoral nous tient à cœur, a déclaré sa directrice, la professeure du Département d’histoire de l’art Jennifer Carter, qui a prononcé le mot d’ouverture. C’est notamment grâce à lui que notre milieu universitaire et professionnel s’est enrichi, ces deux dernières décennies, par le renouvellement de la recherche et par les praxis innovantes développées par de nombreuses personnes – professeures, professeurs, étudiantes et étudiants – ayant passé par ce programme ou qui y sont encore associées et qui continuent de façonner activement le domaine de la muséologie, de la médiation et du patrimoine.»

Créé en 2005 par le professeur de l’École des médias Bernard Schiele, qui a prononcé un mot d’introduction, et Jean Davallon, de l’Université d’Avignon et des pays de Vaucluse, avec le soutien du professeur émérite Raymond Montpetit, le programme du doctorat en muséologie, médiation, patrimoine mise depuis sa création sur une approche interdisciplinaire.

«Face à la complexité du monde muséal et patrimonial, aucune discipline ne peut, à elle seule, en saisir toute la richesse, souligne Yves Bergeron, professeur au Département d’histoire de l’art et directeur de l’Institut du patrimoine. C’est dans le croisement des perspectives disciplinaires que réside la possibilité d’une compréhension véritablement approfondie des institutions patrimoniales comme objets de recherche.»

Quatre tables rondes ont eu lieu dans le cadre de l’événement, lesquelles avaient pour thématiques l’évolution des problématiques de recherche; l’expérience du doctorat; les collaborations et partenariats entre les musées et les universités; et les pratiques décoloniales, l’éthique de la recherche et les nouveaux protocoles de collaboration en muséologie.

Un programme unique

«Cette journée d’étude a offert l’occasion de revenir sur le contexte de création de ce programme qui à ce jour demeure unique», souligne Yves Bergeron.

Depuis 1987, la maîtrise en muséologie accueillait des cohortes d’étudiants québécois et internationaux qui choisissaient Montréal afin de mieux comprendre l’esprit de la muséologie nord-américaine, rappelle le professeur. Cette période a vu le développement du réseau muséal québécois, porté notamment par la création, en 1988, du Musée de la civilisation (MCQ). «Sous la direction de Roland Arpin, le musée et son équipe ont contribué à définir un nouveau modèle institutionnel, bientôt désigné sous l’appellation de “musée de société”, préfigurant le rôle social des musées, précise Yves Bergeron. La particularité de ce modèle repose notamment sur les valeurs du mouvement de la nouvelle muséologie et une approche résolument centrée sur les communautés et les visiteurs. Afin de bien enraciner cette approche, le MCQ choisissait d’opter pour une approche résolument interdisciplinaire de la muséologie.»

En novembre 2000, le rapport Arpin, cosigné par Raymond Montpetit, recommandait à la ministre de la Culture de doter le Québec d’une nouvelle politique du patrimoine et de relancer la recherche universitaire par la création d’un Institut national du patrimoine, souligne le chercheur. «Deux instituts universitaires en patrimoine ont ainsi vu le jour, l’un à l’Université Laval et l’autre à l’UQAM. Dans le même élan, des chaires de recherche en patrimoine ont été créées et de nouveaux programmes ont pris forme.»

Cette effervescence a coïncidé avec l’adoption, en 2003, par l’UNESCO, de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui a renouvelé l’intérêt pour l’étude du patrimoine. «Dès lors, les universités ont réinvesti le champ du patrimoine et de la muséologie, stimulant tant la recherche fondamentale que la recherche appliquée», observe Yves Bergeron.