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L’Acfas honore Pierre Chastenay, Michelle Garneau et Nathalie Lacelle

Les trois professeurs obtiennent respectivement les prix Collaboration interordre, Michel-Jurdant et Adrien-Pouliot.

21 novembre 2025 à 10 h 21

Mis à jour le 9 décembre 2025 à 14 h 58

Le professeur du Département de didactique Pierre Chastenay, la professeure du Département de géographie Michelle Garneau et la professeure du Département de didactique des langues Nathalie Lacelle ont remporté respectivement les prix Collaboration interordre (collégial et universitaire), Michel-Jurdant (sciences de l’environnement) et Adrien-Pouliot (coopération scientifique avec la France), décernés par l’Association francophone pour le savoir (Acfas). Ces prix leur ont été remis lors du 81e Gala de l’Acfas, tenu le 20 novembre dernier, au Grand Quai du Port de Montréal.


Pierre Chastenay

Pierre Chastenay est membre de l’équipe lauréate du prix Collaboration interordre, créé en 2023 sous le parrainage du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec. Ce prix est décerné à une équipe de recherche issue des mondes collégial et universitaire pour souligner l’excellence et le rayonnement de travaux réalisés dans le cadre d’une collaboration. Les autres membres de l’équipe lauréate sont Martin Aubé, professeur de physique au Cégep de Sherbrooke et professeur associé en géomatique à l’Université de Sherbrooke, Marie-Élise Parent, professeure au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’Institut national de la recherche scientifique, et Johanne Roby professeure de chimie au Cégep de Sherbrooke.

L’équipe a mené une étude sur la pollution lumineuse et la santé intégrant une approche didactique. L’équipe du collégial a plongé des personnes étudiantes dans une situation réelle de recherche sur la pollution lumineuse, alors que l’équipe universitaire en didactique a analysé les effets de cette participation. L’équipe universitaire en épidémiologie a examiné, quant à elle, la façon dont la lumière nocturne est associée au risque de développer le cancer, et ce, au sein d’une vaste cohorte populationnelle.

Pour Pierre Chastenay, en compagnie d’une étudiante au doctorat et d’une postdoctorante de l’UQAM, enrôlées dans le volet de la recherche en sciences de l’éducation, le travail consistait à développer des outils de collecte de données quantitatives et qualitatives afin de suivre le développement de l’identité scientifique des personnes étudiantes du collégial participant à la recherche.

Membre de l’Ordre du Canada, Pierre Chastenay est une figure incontournable de la communication scientifique au Québec. Il s’est d’abord fait connaître du grand public comme animateur d’émissions de télévision, dont Le code Chastenay, un magazine de vulgarisation scientifique sur les ondes de Télé-Québec. Astronome de formation, il a fait bénéficier le Planétarium de Montréal de son expertise pendant plusieurs années, en plus de publier des livres qui font découvrir l’astronomie aux jeunes générations.

En 2014, Pierre Chastenay a reçu le prix Raymond-Charrette, remis par le Conseil supérieur de la langue française pour la qualité de ses interventions dans les médias; en 2015, le grade de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade, décerné par l’Organisation internationale de la francophonie; en 2017, le prix Qilak pour la communication, l’éducation et la sensibilisation du public en astronomie, attribué par la Société canadienne d’astronomie; en 2020, le prix Thérèse-Patry, décerné par l’Association des communicateurs scientifiques; en 2024, le prix du CRSNG pour la promotion des sciences auprès des jeunes. Son ouvrage Une visite guidée du système solaire (Courte échelle, 2021) lui a valu le prix Hubert-Reeves pour la jeunesse.


Michelle Garneau

Michelle Garneau est la récipiendaire 2025 du prix Michel-Jurdant, parrainé par la Fondation canadienne pour l’innovation. Créé en 1985, ce prix est décerné à une chercheuse ou à un chercheur pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions dans le domaine des sciences de l’environnement.

La professeure est une spécialiste des archives écologiques et climatiques conservées dans les sédiments des tourbières. Elle possède, entre autres, une expertise approfondie dans l’analyse des effets des changements climatiques sur les écosystèmes tourbeux. Les résultats de ses projets de recherche l’ont aussi amenée à mettre en lumière le rôle essentiel des milieux humides dans la séquestration du carbone, qui surpasse même celui des forêts. Ses recherches actuelles la positionnent parmi les spécialistes de premier plan, tant au Canada qu’à l’étranger, qui affinent notre compréhension des impacts des variations climatiques sur les écosystèmes.

Michelle Garneau a été titulaire de la Chaire de recherche Dynamique des Écosystèmes tourbeux et changements CLImatiQUEs (2009-2014), qui lui a permis de mettre sur pied un programme de recherche sur les effets des variations climatiques sur les écosystèmes tourbeux du Québec boréal et subarctique. Elle a établi de nombreuses collaborations scientifiques fructueuses avec plusieurs équipes en Europe et aux États-Unis. Elle a également été professeure invitée dans plusieurs institutions prestigieuses, notamment à l’Université de Plymouth et à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni), à l’Université d’Helsinki (Finlande) et au CNRS de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier (France).

Outre ses travaux sur les milieux tourbeux, la paléoécologie et les effets des changements climatiques sur les zones humides, la professeure s’intéresse aussi à la biogéochimie des tourbières, en particulier à la dynamique des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane. Grâce à une approche interdisciplinaire, mêlant géographie physique, biologie et paléoécologie, elle a étudié les interactions entre le climat, la végétation et l’hydrologie au cours des 10 000 dernières années. Cette perspective historique a enrichi sa compréhension des changements environnementaux passés et actuels.

Les travaux de Michelle Garneau ont aussi eu une incidence directe sur les politiques environnementales québécoises. Ses recherches, menées sur plusieurs décennies, ont contribué à la modification du cadre réglementaire de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, en soulignant l’importance de la fonction de séquestration du carbone des milieux humides pour la lutte contre les changements climatiques.

En 2024, elle a coconstruit, avec une équipe de recherche interuniversitaire (UQAM, Université McGill, Université Laval, Université de Montréal, Université du Québec à Trois-Rivières), le plus grand projet québécois et canadien consacré à la quantification des bilans de carbone des milieux humides, en comparant les valeurs en conditions naturelles avec celles en conditions perturbées. En plus des importantes données scientifiques qu’il génère, ce projet de recherche permet d’éclairer les politiques publiques en matière de conservation des puits de carbone pour la lutte contre les changements climatiques.

À deux reprises, le gouvernement canadien a désigné Michelle Garneau pour siéger à des comités du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en lien avec les inventaires nationaux de gaz à effet de serre. En 2022, elle a également agi comme autrice et collaboratrice principale du Global Peatland Assessment, une initiative du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Elle est par ailleurs membre du comité scientifique du programme national français FairCarboN du CNRS, ainsi que du comité du programme polonais Mire Clim de l’Académie polonaise des sciences.


Nathalie Lacelle

Nathalie Lacelle (Ph.D. sciences de l’éducation, 2009) est la lauréate 2025 du prix Adrien-Poulot, parrainé par le Consulat général de France à Québec et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Créé en 2000, ce prix est décerné à une chercheuse ou à un chercheur pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions menées en collaboration avec la France.

Nathalie Lacelle se distingue, au Québec comme en France, par ses travaux sur les pratiques éducatives à l’ère du numérique. Des deux côtés, son nom est devenu indissociable du paradigme de la littératie médiatique multimodale. Dès le début des années 2000, elle s’impose dans le paysage de la recherche en éducation, alors que peu de personnes réalisent encore l’importance des mutations numériques sur les pratiques de lecture et d’écriture. Issue du monde littéraire et didactique, elle pressent que les formes traditionnelles de l’enseignement du français ne peuvent plus ignorer la montée en puissance des écrans, des images, du son et, plus généralement, de la multimodalité.

À partir de 2006, ses travaux de didactique trouvent un écho en France, où une préoccupation pour le renouvellement des pratiques éducatives à l’ère du numérique commence à se manifester. S’amorce alors un dialogue scientifique durable. En 2013, elle est conviée aux Rendez-vous des lettres à Paris, à l’initiative du ministère de l’Éducation nationale de France, pour intervenir sur les approches renouvelées de lecture/écriture dans une culture dominée par les écrans. L’année suivante, à la demande l’UNESCO, elle est invitée, par l’Université de Rouen, à réfléchir aux enjeux de genre en littératie numérique.

Nathalie Lacelle a contribué à structurer un champ de recherche jusque-là dispersé. Ainsi, elle crée, en 2009, l’Équipe de recherche en littératie médiatique multimodale (LMM), qui fédère chercheurs, artistes, enseignants et intervenants du monde de l’éducation et de la culture. Cette volonté de mise en réseau est à l’œuvre lorsqu’elle organise, en 2013, les Rencontres internationales sur la multimodalité en didactique de la littérature à l’Université Laval. L’événement marque un tournant, car il contribue à faire de la multimodalité une notion incontournable en didactique du français. Depuis, cette thématique irrigue la recherche dans la francophonie et inspire de nouvelles politiques éducatives.

Entre 2017 et 2022, Nathalie Lacelle dirige une chaire institutionnelle en littératie médiatique multimodale à l’UQAM. En 2017, elle devient responsable du Laboratoire virtuel sur l’édition et l’éducation aux œuvres numériques jeunesse, dont elle tient toujours les rênes. Puis, en 2020, elle cofonde la revue scientifique Multimodalité, dont elle est toujours la rédactrice en chef.

La coopération scientifique entre Nathalie Lacelle et la France est structurelle. C’est ainsi qu’elle collabore avec des universités et laboratoires de renom, comme COSTECH (Compiègne), LIRDEF (Montpellier), CREM (Lorraine), LINE (Nice) ou encore LLA CREATIS (Toulouse). Elle travaille étroitement avec plusieurs chercheuses et chercheurs français, participe à des jurys de thèses et d’habilitation (HDR) à Paris, Rouen, Toulouse ou Lille, et accueille régulièrement des stagiaires postdoctoraux français à l’UQAM.

Nathalie Lacelle mène présentement ses recherches sur l’intelligence artificielle générative en éducation, les littératies en contexte de réalités étendues (virtuelles, augmentées et mixtes), ou encore les compétences médiatiques numériques des adolescents. À ce chapitre, elle a récemment codirigé un vaste projet international qui a permis de recueillir des données sur plus de 4 000 jeunes, répartis entre le Québec et la France, afin d’évaluer leurs niveaux de compétence en recherche d’information et en production médiatique numérique.

Il est possible de visionner des capsules vidéo coproduites avec Savoir média mettant en lumière les récipiendaires des prix.

La preuve par l’image

Lors du Gala, le professeur du Département de didactique Olivier Arvisais (Ph.D. éducation, 2021) a reçu un prix du jury parrainé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), dans le cadre du concours La preuve par l’image de l’Acfas. Ce concours récompense des images issues de recherches scientifiques dans tous les domaines de la connaissance.

L’UQAM, hôte du congrès de l’Acfas en 2027

Du 10 au 14 mai 2027, l’UQAM accueillera le 94e Congrès de Acfas. L’annonce a été faite par la chancelière de l’Université, Pauline Marois, à l’occasion du gala du 20 novembre.

«Accueillir le Congrès de l’Acfas représentera un moment fort pour l’UQAM, profondément engagée dans la promotion et la démocratisation du savoir en français, a déclaré la chancelière, Pauline Marois. Je me réjouis à l’idée de rencontrer des milliers de chercheuses et chercheurs de toute la Francophonie, rassemblés à l’UQAM, dans un Quartier latin en pleine revitalisation, pour découvrir, diffuser et célébrer la recherche, la science et l’innovation dans toute leur diversité.»

«Le congrès annuel de l’Acfas se déploie, depuis 1933, dans une université qui choisit d’accueillir ce qui est aujourd’hui le plus grand rassemblement scientifique multidisciplinaire de la francophonie, a rappelé le président de l’Acfas, Martin Maltais. Je remercie l’UQAM, son équipe et son recteur, Stéphane Pallage, amis de longue date de l’Acfas, d’être les hôtes de la 94e édition de notre congrès. Nul doute que l’UQAM fera honneur à nos missions partagées et à l’objectif de son Plan stratégique 2024-2029 de soutenir la vitalité de la langue française par la formation, la recherche et la création en français.»

L’UQAM en sera à la tenue de son 6e congrès de l’Acfas depuis sa création en 1969. Représentant le plus important rassemblement scientifique francophone interdisciplinaire au monde, le congrès de l’Acfas est un événement incontournable pour les actrices et acteurs du milieu de la recherche, les chercheuses et chercheurs établis ainsi que pour la relève étudiante. Cette mobilisation scientifique contribue directement à la mise en œuvre de la vision stratégique de l’UQAM: propulser la recherche, la création et l’innovation; enrichir l’expérience étudiante; soutenir la vitalité de la langue française; et participer activement à la relance du Quartier latin.

Réunis sur le campus de l’UQAM, les participantes et participants au 94e Congrès de l’Acfas pourront profiter de l’effervescence du centre-ville de Montréal. Avec ses espaces ouverts et collaboratifs, et ses infrastructures à proximité de nombreux lieux culturels et scientifiques, l’Université incarnera la démarche du quartier apprenant pour les milliers de congressistes qui prendront part aux centaines d’activités – colloques, communications, activités spéciales, foire d’exposantes et exposants – présentées lors de cet événement d’envergure.

Soulignons que la 93e édition du congrès se tiendra, elle, du 11 au 15 mai 2026 à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).