Dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, la Fondation Butters a annoncé, le 17 mars, un don de 500 000 $ à la Fondation de l’UQAM, destiné à soutenir la Chaire Dr William-Barakett de déficience intellectuelle et troubles du comportement (Chaire DITC), dont les cotitulaires sont les professeures du Département de psychologie Diane Morin (Ph.D. psychologie, 1993) et Mélina Rivard. Ce don majeur vise à appuyer la poursuite des recherches de la Chaire sur la prévention des troubles du comportement chez les personnes autistes ou présentant une déficience intellectuelle.
La Chaire DITC a pour mission d’améliorer la qualité de vie et le bien-être de ces personnes et de leurs proches, tout en soutenant les intervenantes et intervenants qui gravitent autour d’elles. Ses travaux s’articulent autour de quatre principaux objectifs: développer une expertise de pointe en recherche; améliorer la pratique des personnes intervenantes; faciliter la mobilisation et l’échange des connaissances; et former une relève spécialisée.
L’impact des troubles du comportement
Environ 30 % à 50 % des personnes présentant une déficience intellectuelle ont aussi des troubles du comportement pouvant prendre différentes formes (comportements stéréotypés, agressivité, automutilation). Le pourcentage est plus élevé chez les personnes autistes. Ces troubles du comportement ont des impacts importants sur la personne, sa famille et les personnes intervenantes. Ils sont une des premières causes d’hospitalisation et de mesures de contrôle (contentions, médication), en plus de limiter l’inclusion et la participation sociales des personnes concernées.
Plus que toute autre caractéristique de l’enfant ou de sa famille, ce sont les troubles du comportement qui affectent la qualité de vie des proches. En ce qui concerne les personnes intervenantes, les troubles du comportement sont souvent cités comme une cause de blessures et d’accidents de travail. Les coûts des services spécialisés qui leur sont associés sont également importants.
Un engagement de longue date
Lancée en 2008, la Chaire DITC porte le nom du Dr William Barakett, médecin de famille en Estrie qui est devenu président de la Fondation Butters en 2000. Son expérience l’a conduit à reconnaître l’urgence d’un engagement renforcé envers la recherche afin de comprendre, dès l’enfance, les personnes autistes ou présentant une déficience intellectuelle, de mieux les outiller et d’accompagner leur famille ainsi que les intervenantes et intervenants spécialisés.
Depuis 2009, la Fondation Butters a contribué à plusieurs projets de recherche de la Chaire DITC et est devenue, en 2021, un partenaire financier majeur. En 2024, la Fondation a manifesté sa volonté de soutenir financièrement le mandat 2025-2030 de la Chaire en s’engageant à verser une contribution de 500 000 $. Ce don est également un hommage à l’héritage du Dr William Barakett, décédé récemment, et à ses nombreuses années de service au sein de la Fondation. À la demande de sa succession, le conseil d’administration de la Fondation a demandé que la Chaire porte désormais son nom.
«En tant que membre du comité de direction de la Chaire depuis 2010, j’ai grandement apprécié le travail réalisé par les professeures Diane Morin et Mélina Rivard, et leurs équipes ainsi que ses retombées tangibles pour les personnes autistes ou présentant une déficience intellectuelle, les parents et les intervenantes et intervenants dans différents milieux», déclare Ron Creary, directeur général de la Fondation Butters.
«Au cours des 15 dernières années, notre Chaire a réalisé un grand nombre de projets qui ont démontré notre expertise, notre souci de travailler sur des enjeux définis avec les milieux de pratique, nos réalisations complémentaires ou conjointes, et notre capacité à assurer la mobilisation des connaissances, rappelle Diane Morin. Grâce à l’appui de la Fondation Butters, nous pourrons continuer à répondre aux besoins des familles et des personnes intervenantes à travers le Québec.»
Pour Jean-François Champagne, directeur général intérimaire de la Fondation de l’UQAM, ce soutien témoigne de la qualité des partenariats que la Fondation Butters et l’Université ont cultivés. «Ce don marque une étape importante dans l’avancement de notre mission commune pour un avenir plus inclusif et bienveillant», souligne-t-il.