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Imaginer de nouvelles possibilités pour l’éducation

Un groupe de recherche de l’École de langues organise une rencontre sur la décolonisation de l’enseignement et la réinvention de la pédagogie.

5 décembre 2025 à 16 h 48

Mis à jour le 9 décembre 2025 à 8 h 40

Le groupe de recherche Culture, Langue, Identité et Communauté (CLIC) de l’École de langues était le maître d’œuvre de Meeting of the Minds, une rencontre de deux jours qui s’est déroulée à l’Esplanade Tranquille, les 14 et 15 novembre dernier.

Organisé par Jaime Demperio et  Martyna Kozlowska, membres du corps professoral de l’École, avec le soutien des personnes chargées de cours et membres du CLIC Carol Johnson, Sara Djamàa et Ernest Bauer, l’événement a réuni une cinquantaine de participantes et participants (personnes enseignantes, étudiantes, chercheuses et membres du personnel administratif provenant de différentes disciplines).

«L’objectif était de réfléchir à plusieurs enjeux en éducation: la décolonisation de l’enseignement et de l’apprentissage, l’évolution des identités en salle de classe, les pratiques d’évaluation réflexives et alternatives, ainsi que le bien-être des communautés éducatives», souligne Jaime Demperio.

La rencontre a été conçue comme une «non-conférence»: un espace collaboratif et multilingue (anglais, français et LSQ) visant à favoriser l’échange ouvert plutôt que les communications formelles. Des spécialistes provenant d’universités canadiennes et américaines, dont les travaux influencent les discussions nationales et internationales sur la langue, l’identité, l’équité, la littératie et les médias, se sont joints aux participantes et participants de l’UQAM.

Les échanges ont porté sur les expériences vécues en salle de classe, sur l’évolution des attentes envers les personnes enseignantes et les personnes apprenantes ainsi que sur les structures  façonnant l’inclusion, l’équité et la durabilité dans les milieux académiques.

«Un moment marquant du rassemblement fut la visite guidée au Musée des beaux-arts de Montréal pour voir l’exposition L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs de Kent Monkman, note Jaime Demperio. Cette sortie a servi de point de départ pour réfléchir à la façon dont les institutions culturelles reproduisent, contestent ou résistent aux récits coloniaux, et à la manière dont des dynamiques similaires apparaissent en contexte éducatif. L’expérience a amené les participantes et participants à réfléchir aux liens entre représentation artistique, responsabilité historique et responsabilité pédagogique.»

Meeting of the Minds trouve son origine dans une série de «Mindset Sessions» menées par le groupe CLIC plus tôt cette année. Ces rencontres ont révélé un sentiment partagé de déconnexion post-pandémique chez les personnes enseignantes et étudiantes, explique Jaime Demperio. «La non-conférence visait à répondre à ce besoin en créant un espace de réflexion collective, de bienveillance et de réimagination. Plutôt que de produire des actes officiels, l’accent a été mis sur des discussions susceptibles de nourrir la réflexion continue et d’inspirer les pratiques futures.»

Les participantes et participants ont souligné la nécessité de sortir des cadres habituels pour réfléchir à la façon dont les institutions éducatives peuvent s’adapter à des réalités linguistiques, sociales et culturelles en transformation. «Plusieurs ont noté que le format collaboratif de l’événement a permis d’aborder avec franchise et nuance des enjeux délicats, comme les héritages coloniaux, les hiérarchies linguistiques et la charge émotionnelle du travail enseignant.»

Les pistes de réflexion abordées durant ces deux jours continueront d’orienter les travaux du groupe CLIC et résonneront dans les salles de classe, les discussions départementales et les processus décisionnels de l’université, espèrent les organisateurs et organisatrices. «En mettant de l’avant la relation, l’équité et les réalités vécues de l’enseignement et de l’apprentissage, Meeting of the Minds a invité la communauté de l’UQAM à imaginer de nouvelles possibilités pour l’éducation, fondées sur la collaboration et la responsabilité collective», conclut Jaime Demperio.