L’UQAM compte parmi les universités partenaires de l’Observatoire pour la culture indépendante et les festivals artistiques, dont la création a été annoncée par le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), le 1er décembre dernier. L’Observatoire, qui réunira également HEC Montréal et l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), se veut un nouvel espace de recherche, d’analyse et de réflexion consacré au développement du secteur culturel indépendant québécois. Il vise à guider les décideurs publics et à orienter les festivals dans leur prise de décision.
Les transformations profondes que traverse le monde des festivals indépendants – baisse de fréquentation, nouvelles habitudes de consommation culturelle, transition numérique, défis de financement – soulignent la nécessité de mieux documenter ce secteur. Pour soutenir la mise en place de l’Observatoire au cours des deux prochaines années, le gouvernement fédéral a confirmé une contribution financière de 200 000 dollars.
«Amorcé par le REFRAIN et son directeur Patrick Kearney, le projet vise à mobiliser le milieu de la recherche universitaire afin de repenser les indicateurs guidant les organismes subventionnaires et les autres bailleurs de fonds impliqués dans le financement des festivals et événements artistiques au Québec, et plus largement au Canada», explique le professeur de l’École des médias Philippe-Antoine Lupien qui, avec ses collègues Suzanne Lortie et Prune Lieutier, collaborera aux travaux cde l’Observatoire.
Actuellement, les principaux critères de financement reposent sur l’analyse des retombées économiques et touristiques. L’Observatoire soutiendra le REFRAIN en produisant des recherches permettant de générer des données probantes, principalement qualitatives, afin de transformer la manière dont les institutions culturelles établissent la répartition des fonds publics.
L’équipe uqamienne se penchera sur la diversité des missions, formes et tailles des festivals ainsi que sur les différents indicateurs non quantitatifs présents dans les programmes de financement actuels, tant aux niveaux local et provincial que fédéral. «Nous réaliserons également une série d’entretiens avec les directions générales ou artistiques d’une trentaine de festivals artistiques indépendants du Québec afin d’identifier les différents types de leaderships et d’habiletés qu’elles déploient, indique Philippe-Antoine Lupien. Dans une prochaine phase, ce travail nous mènera à examiner le rôle des festivals dans l’équilibre socioprofessionnel des arts vivants, notamment en analysant le rôle de ces événements auprès des artistes, comme des travailleuses et travailleurs culturels.»
Dans un deuxième temps, l’ensemble des actrices et acteurs réunis au sein de l’Observatoire chercheront à comprendre comment les festivals communiquent avec leurs publics, leurs parties prenantes et leurs communautés. «À l’UQAM, nous nous intéresserons particulièrement à la jeunesse et à la relève, tandis que d’autres partenaires se pencheront sur les partenariats commerciaux ou politiques», précise le professeur.
Fondé en 2020, le REFRAIN regroupe plus d’une centaine de festivals et événements artistiques indépendants situés dans toutes les régions du Québec.