La professeure du Département de sexologie Manon Bergeron (Ph.D. éducation, 2013), titulaire de la Chaire de recherche sur les violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur, a obtenu 184 000 dollars du gouvernement canadien pour mener une étude sur le consentement et les stéréotypes sexuels chez les jeunes Québécoises et Québécois, notamment les personnes 2ELGBTQI+.
«Les personnes entre 15 et 25 ans représentent le groupe d’âge le plus fortement touché par les violences sexuelles et le consentement sexuel demeure le thème central dans la prévention de ces violences, souligne Manon Bergeron. Or, nous avons besoin de mieux comprendre les liens entre la conformité aux stéréotypes de genre et la pratique du consentement sexuel. Notre étude apportera un éclairage novateur pour l’amélioration des programmes de prévention des violences sexuelles auprès des adolescentes et adolescents ainsi que des jeunes adultes.»
La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, dit être honorée de soutenir des projets comme celui de Manon Bergeron, qui permettent de mieux comprendre la réalité des jeunes en matière de violence fondée sur le sexe. «Cette précieuse collecte de données nous aidera à prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe au Québec et au Canada. Il est formidable de voir les établissements postsecondaires canadiens s’engager à développer un pays plus inclusif, alors que nous entamons une nouvelle année scolaire.»
En 2023, Manon Bergeron et sa collègue Martine Hébert ainsi que le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) et les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) ont reçu une aide financière de 6,22 M$ du gouvernement du Québec pour le déploiement d’initiatives visant à sensibiliser les élèves du secondaire au caractère inacceptable de la violence sexuelle. Les sommes ont été octroyées par l’entremise du programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel, qui a été développé et évalué conjointement par les deux professeures et par le RQCALACS, avec l’appui du Service aux collectivités de l’UQAM.
Manon Bergeron a remporté, en 2023, le prix Thérèse Gouin-Décarie de l’Acfas, décerné à une chercheuse ou à un chercheur pour l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions dans le domaine des sciences sociales. Elle a aussi reçu, en 2019, le titre de Scientifique de l’année de Radio-Canada pour sa contribution à l’avancement des connaissances sur les violences sexuelles.
Les violences sexuelles en chiffres
En 2018, 44 % des femmes au Canada, soit environ 6,2 millions de femmes, ont déclaré avoir subi au cours de leur vie une forme de violence de la part d’un ou d’une partenaire intime. Au cours de la même année, 30 % des femmes ont déclaré avoir été agressées sexuellement au moins une fois depuis l’âge de 15 ans, un taux presque quatre fois plus élevé que celui des hommes, et plus de 6 femmes sur 10 âgées de 15 à 24 ans ont subi des comportements sexuels non désirés dans un lieu public.