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Une Uqamienne au sommet du K2

Marie-Pier Desharnais, la première Québécoise à réaliser cet exploit, est diplômée en gestion des risques.

Par Marie-Claude Bourdon

2 août 2022 à 15 h 14

Depuis une semaine, Marie-Pier Desharnais (B.A. communication sociale et publique, 2010; M.A. géographie, 2013; D.E.S.S. gestion des risques majeurs, 2013) est dans tous les médias. Cette triple diplômée de l’UQAM est la première Québécoise (et l’une des premières Canadiennes) à avoir réussi l’ascension du K2, le deuxième sommet le plus élevé au monde, à la frontière sino-pakistanaise.

«Les mots me manquent pour décrire à quel point je suis reconnaissante et honorée d’avoir pu réaliser ce rêve, écrit-elle sur son compte Instagram. Gravir le K2 fut le défi le plus intense et exigeant de ma carrière d’alpiniste.»

Marie-Pier Desharnais, qui avait déjà gravi l’Everest en 2021, est parvenue au sommet du K2, à 8611 mètres d’altitude, le 22 juillet dernier, après une ascension de 11 heures à partir du camp 3. Aucun Québécois n’a réussi cet exploit avant elle.

Le professeur du Département de géographie Sylvain Lefebvre, qui a dirigé son mémoire de maîtrise, savait que son ex-étudiante avait obtenu un poste en gestion des risques au Qatar il y a quelques années. Mais il ignorait totalement qu’elle avait entrepris en parallèle une carrière d’alpiniste. «C’est une surprise et, en même temps, ce n’est pas une surprise, dit-il. C’était une jeune femme extrêmement motivée et déterminée, qui aime beaucoup les défis.»

Le professeur ne cachait pas sa joie lundi à la lecture d’un article de La Presse canadienne paru dans Le Devoir relatant l’exploit de son ex-étudiante. L’alpiniste y confie avoir puisé son inspiration dans la gestion des catastrophes et que «les cours d’un de ses professeurs à l’UQAM, Sylvain Lefebvre, ont donné un sens à sa vie».

«J’adore mon métier, dit le professeur. Quand on lit quelque chose comme ça, il est certain que cela fait chaud au cœur.»

Sylvain Lefebvre explique avoir d’abord enseigné à Marie-Pier Desharnais alors qu’elle était au baccalauréat en communication et qu’elle s’était inscrite à un cours en géographie. C’est dans ce cours qu’elle avait manifesté un intérêt pour la question des risques naturels et qu’elle avait décidé de s’inscrire à la maîtrise en aménagement du territoire sous sa direction.

«Marie-Pier avait vécu le tsunami de 2004, alors qu’elle était en voyage en Thaïlande, et le fait d’avoir survécu à cet événement l’avait beaucoup marquée, rapporte son ancien professeur. Elle a d’ailleurs fait son mémoire de maîtrise sur la relocalisation d’une population d’une île des Maldives qui a été pratiquement éradiquée par le tsunami.»

Si l’expérience du tsunami a marqué la jeune femme au point de l’amener à consacrer sa carrière à la gestion des risques, elle n’a manifestement pas éteint en elle le goût du danger. Le K2 constitue, en effet, une des plus difficiles et des dangereuses montagnes au monde. À quelque 8000 mètres d’altitude, la voie pour parvenir au sommet est très escarpée, sans aucun endroit pour se reposer, et l’alpiniste risque constamment d’être blessé par des chutes de pierres.

Jusqu’à l’ascension du 22 juillet, où plus de 100 personnes ont réussi à atteindre le sommet grâce à des conditions météo particulièrement propices, moins de 400 alpinistes avaient accompli cet exploit depuis la première ascension, en 1954. Et près d’une personne sur quatre qui a tenté l’expérience n’en est jamais revenue. En effet, le taux de décès est de 25% pour ce sommet, bien plus élevé que pour l’Everest (aujourd’hui de 1% environ). D’ailleurs, la même semaine où Marie-Pier Desharnais a réussi à hisser son drapeau au sommet du K2, le Québécois Richard Cartier, qui s’était rendu jusqu’au camp 4, est mort dans la descente avec l’Australien Matthew Eakin.

Marie-Pier Desharnais a confié à la Presse Canadienne avoir été «sous le choc». Mais la Québécoise ne compte pas s’arrêter. Dans le cadre du Projet Apex Woman, l’alpiniste s’est donné pour défi de participer activement au mouvement égalitaire des femmes en gravissant cinq des sommets les plus hauts ou les plus difficiles de la planète. Avec l’Ojos del Salado, à la frontière de l’Argentine et du Chili (6 893 mètres), dont elle a complété l’ascension en 2020, l’Everest (8 848 mètres) en 2021 et le K2 en 2022, il lui reste, pour dire «mission accomplie», les monts Vinson (4 892 mètres) et Sidley (4 285 mètres), en Antarctique, qu’elle projette de conquérir en décembre de cette année.

«À toutes les femmes, j’ai envie de dire : “Rêvons encore plus fort et continuons de repousser les limites”», écrit-elle sur son site Instagram. Parions qu’elle a inspiré de nombreuses jeunes Québécoises cette semaine.

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