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Ukraine: donner un sens à la vie par le cinéma

Le Labdoc présente des courts métrages documentaires qui témoignent de la résilience du peuple ukrainien.

Par Claude Gauvreau

24 mai 2022 à 10 h 05

Mis à jour le 9 juin 2022 à 13 h 08

Des civils ukrainiens s’affairent à protéger les monuments historiques, témoins de leur identité culturelle.
Photo: Babylon’13

Dans la ville d’Irpin, dévastée par les bombardements, des personnes bénévoles venues de cités avoisinantes s’affairent à nettoyer les débris. À Kyiv, des citoyens protègent les statues et monuments historiques, points d’ancrage de la culture ukrainienne. Ailleurs, des enfants sont accueillis dans un village pendant que leur père est au front. Ces scènes sont extraites d’une série de huit courts métrages documentaires qui seront projetés le 26 mai prochain, lors d’une séance spéciale organisée par le Laboratoire de recherche sur les pratiques audiovisuelles documentaires (Labdoc) et le Cinéma Public sous le thème «Images à penser: Ukraine».

«Les courts métrages ont été réalisés entre février dernier et aujourd’hui par le collectif Babylon’13, une association indépendante de documentaristes ukrainiennes et ukrainiens», précise la professeure de l’École des médias Diane Poitras, codirectrice, avec sa collègue Viva Paci, du Labdoc. «Quand le pays a été envahi par les troupes russes, nous nous sommes demandées comment nous pourrions manifester notre soutien au peuple ukrainien, raconte la professeure. En faisant des recherches, nous avons découvert l’existence de ce collectif et avons eu aussitôt l’idée de faire connaître ses documentaires.»

«Nous avons privilégié des courts métrages qui décrivent des scènes de la vie quotidienne dans toute sa complexité, qui construisent une polyphonie de voix provenant de différentes régions, et qui partagent des histoires de survie, de résistance et de résilience face à la guerre.»

Diane Poitras,

Professeure à l’École des médias

Les films projetés au Cinéma Public (voir encadré), d’une durée de 3 à 22 minutes, ne sont pas centrés sur des images de combats, de morts et de destructions. «Nous avons privilégié des courts métrages qui décrivent des scènes de la vie quotidienne dans toute sa complexité, qui construisent une polyphonie de voix provenant de différentes régions, et qui partagent des histoires de survie, de résistance et de résilience face à la guerre», souligne Diane Poitras.

On y voit, notamment, des civils non armés s’opposant à l’entrée des chars russes dans leur ville et d’autres qui, à pied, en voiture ou en train, fuient leur région bombardée. On voit aussi des artistes fabriquant de petits fours portatifs pour permettre aux civils et aux militaires de se réchauffer, ou des Roms qui, dans leur village, expriment leur fierté de voir leurs fils s’engager dans la défense de l’Ukraine. Dans un autre film, un petit garçon, auquel on demande ce que la guerre signifie pour lui, déclare: C’est quand il y a des tirs et des tanks, comme dans les jeux vidéo.

«Caractérisés par une pluralité d’approches, de styles et de contenus, les documentaires illustrent les différentes formes que revêt la solidarité au sein de la population, observe la professeure. Ils montrent comment la vie peut continuer d’avoir un sens, malgré la guerre.»

Soirée de projection

Les courts métrages documentaires seront présentés le jeudi 26 mai, de 18 h à 20 h, au Cinéma public, situé à la Casa d’Italia, au 505, rue Jean-Talon Est. On peut réserver un billet en ligne ici.  

Témoignages de cinéastes ukrainiens

Au cours de la soirée de projection, deux cinéastes membres du collectif Babylon’13, Mila Zhluktenko et Andrii Kotliar, seront présents via la plateforme Zoom pour répondre aux questions du public.

«La soirée a aussi pour objectif de soutenir le travail du collectif de cinéastes ukrainiens, effectué dans des conditions extrêmement difficiles, indique Diane Poitras. Sur place ou en réservant leur billet en ligne, les gens pourront, s’ils le souhaitent, faire un don en argent afin d’appuyer Babylon’13. La cinéaste Mila Zhluktenko a d’ailleurs lancé une campagne de sociofinancement intitulée «Filmmakers at war », en vue d’acheter des caméras, des micros, des trépieds, des sacs à dos et même des vestes pare-balles.»

«Comportant une pluralité d’approches, de styles et de contenus, les documentaires illustrent les différentes formes que revêt la solidarité au sein de la population. Ils montrent comment la vie peut continuer d’avoir un sens, malgré la guerre.»

Depuis sa création en novembre 2013, Babylon’13 a réalisé plus de 300 documentaires. «Le collectif s’est formé à l’occasion de ce qu’on a appelé la “Révolution de la dignité”, alors que près d’un million de personnes ont manifesté pendant plusieurs semaines sur la place Maïdan, à Kyiv, pour protester contre la corruption du gouvernement de l’époque», rappelle la professeure.

Tous les courts métrages portent la signature de Babylon’13, et non celle d’un individu, tient à souligner Diane Poitras. «Les documentaires circulent gratuitement sur YouTube et Instagram ainsi que sur la page Facebook du collectif, permettant à des gens partout dans le monde de suivre l’actualité du conflit en Ukraine.»

«Aujourd’hui, notre association regroupe plus d’une centaine de militants: réalisateurs, caméramans, ingénieurs du son, producteurs, traducteurs, etc., peut-on lire sur le site web de Babylon’13. Chacun d’entre nous a une expérience, une vision et un style de travail différents. Mais nous sommes unis par des valeurs communes et le désir de changer notre société à travers le cinéma.»

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