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Symposium international en égyptologie

L’UQAM accueille des sommités du monde entier pour célébrer le bicentenaire de l’égyptologie.

Par Claude Gauvreau

6 juin 2022 à 14 h 29

Mis à jour le 9 juin 2022 à 15 h 20

Du 17 au 19 juin prochains, le Cœur des sciences accueillera le symposium international «GOLDEN YEARS (1822•1922•2022) Montréal célèbre 200 ans d’égyptologie». Co-organisé par la professeure Valérie Angenot, du Département d’histoire de l’art, et son collègue Jean Revez, du Département d’histoire, deux spécialistes de l’Égypte ancienne, cet événement vise à commémorer à la fois le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens et le centenaire de la découverte du tombeau du célèbre pharaon Toutankhamon.

«Alors que des événements sont organisés dans différents pays afin de célébrer ces découvertes marquantes pour le patrimoine culturel mondial, le symposium permettra de mettre Montréal sur la carte de l’égyptologie, tout en faisant la promotion des recherches dans ce domaine», souligne Valérie Angenot.

Il y a deux cents ans, en 1822, le Français Jean-François Champollion devenait le premier à résoudre l’énigme des hiéroglyphes égyptiens, marquant la naissance de l’égyptologie. «En réalité, les premières pierres de cette nouvelle science ont été posées lors de la campagne militaire menée en Égypte par Napoléon Bonaparte, en 1798», rappelle la professeure. Cette expédition avait non seulement un caractère colonialiste, mais aussi une visée scientifique. «Une centaine de savants accompagnaient Bonaparte afin de documenter les richesses de l’Égypte. Mais pour comprendre une civilisation, il faut aussi pouvoir déchiffrer son écriture, d’où l’importance des travaux de Champollion.»

Un siècle plus tard, en 1922, l’égyptologue anglais Howard Carter découvrait le tombeau de Toutankhamon et son fabuleux trésor funéraire. «Il s’agit d’une autre découverte marquante qui permettra d’élargir l’horizon interdisciplinaire des études en égyptologie, indique Valérie Angenot. Le tombeau contenait plus de 5 000 objets, fournissant une mine d’informations sur les rites funéraires et la vie quotidienne dans l’Égypte antique, sur son histoire et sa culture.»

Un champ de connaissances inépuisable

Deux cents ans après l’émergence de l’égyptologie, beaucoup de choses restent à découvrir sur la civilisation et la culture de l’Égypte ancienne, estime la professeure. «Les champs de recherche des égyptologues se sont multipliés, dit-elle. Certains s’intéressent à l’histoire, à l’archéologie, à la philologie, à la médecine et à l’art, d’autres aux vins, au bois, à la botanique, etc. Des sous-disciplines se sont ajoutées, qui entretiennent des liens avec les études décoloniales, féministes et de genre, sans compter les nouvelles avenues ouvertes par les technologies numériques. Je participe moi-même à la mission internationale Scan Pyramids, qui consiste à percer le mystère entourant ces constructions légendaires au moyen de technologies de pointe.»

Valérie Angenot s’inquiète de la tendance, observée dans certains milieux universitaires, à supprimer des programmes d’étude sur l’histoire de l’Égypte, de la Grèce ou de la Rome antiques, sous prétexte qu’ils seraient devenus désuets. «Ce serait une grave erreur, car ces civilisations représentent les fondements de notre culture. Si nous voulons nous connaître nous-mêmes, nous devons connaître nos origines. Notre écriture actuelle, par exemple, est liée aux hiéroglyphes égyptiens.»

L’Égypte ancienne continue, par ailleurs de fasciner le grand public, observe la chercheuse. En témoignent, notamment, l’exposition sur les reines égyptiennes, organisée il y a quelques années par le Musée Pointe-à-Callière, qui a battu des records d’affluence, l’exposition produite par le British Museum, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, qui a été couronnée de succès à l’international, et celle sur Toutankhamon, présentée à Paris, qui a attiré plus d’un million de visiteurs. «Le public est attiré par le caractère très ancien et grandiose de la civilisation égyptienne, l’un des berceaux de la culture mondiale.»

 Des sommités mondiales

Le symposium réunira les plus grands spécialistes mondiaux de l’égyptologie, tels que les professeurs Elizabeth Frood, de l’Université d’Oxford, et Aidan Dodson, de l’Université de Bristol, en Angleterre, le professeur Marc Gabolde, de l’Université Paul Valéry Montpellier III, en France, l’archéologue Alain Zivie, du Centre national de la recherche scientifique, à Paris, et le conservateur Christian Greco du Musée de Turin, en Italie. Vanessa Desclaux, conservatrice au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France et chargée des collections Égypte antique, Proche-Orient chrétien et des papiers d’orientalistes, sera aussi de la partie. Ces experts présenteront des conférences sur leurs recherches les plus récentes et sur les archives leur étant associées.

Une projection d’un documentaire de la BBC, le 17 juin, commentée par l’égyptologue Elizabeth Frood, fera revivre la découverte du tombeau de Toutankhamon, telle qu’elle a pu être vécue en 1922, grâce à la colorisation des images d’archives.

Parallèlement aux conférences, qui se tiendront à l’amphithéâtre du pavillon Sherbrooke (SH-200), des étudiants de l’UQAM animeront des séances d’affiche. Les 18 et 19 juin, des membres de la Société pour l’étude de l’Égypte ancienne, en collaboration avec l’Association des études du Proche-Orient ancien, organiseront des ateliers ludiques et didactiques pour les enfants sur les thèmes de l’écriture hiéroglyphique, de la momification, des mythes et des légendes égyptiennes.

Un débat royal

Un débat avec les conférenciers aura lieu, le 19 juin, autour de l’identité de la femme qui a régné sur l’Égypte au 14e siècle avant J-C, entre le décès du pharaon Akhenaton et l’avènement au pouvoir de son fils Toutankhamon, un sujet de dispute entre égyptologues. Pour certains spécialistes, cette femme serait Nefertiti, épouse d’Akhenaton, alors que, pour d’autres, il s’agirait plutôt de Meritaton, fille aînée du couple royal.

Valérie Angenot défend une autre théorie. En s’appuyant sur des recherches épigraphiques et iconographiques, elle soutient que deux femmes, et non pas une, sont montées sur le trône d’Égypte à la mort d’Akhenaton, soit Neferneferouaton, qui avait le titre de reine-pharaonne, et sa sœur Meritaton, dont le statut était celui d’épouse royale. «Neferneferouaton a été écartée par les égyptologues parce qu’elle n’était pas la fille aînée», note la professeure.

«Le symposium sera l’occasion de réhabiliter cette reine que la société égyptienne patriarcale et l’Histoire ont cherché à effacer de la mémoire collective.»

Valérie Angenot

Professeure au Département d’histoire de l’art

Une grande part du trésor de Toutankhamon et son masque funéraire en or massif, le plus célèbre du monde, appartiendraient en réalité à la reine Neferneferouaton. Des traces de son nom subsistent d’ailleurs dans le texte gravé à l’intérieur du masque. «Le symposium sera l’occasion de réhabiliter cette reine que la société égyptienne patriarcale et l’Histoire ont cherché à effacer de la mémoire collective, souligne Valérie Angenot. Le débat sur son identité a des résonnances avec les études féministes et de genre contemporaines.»

En marge du symposium

Plusieurs autres activités seront organisées en marge du symposium. Ainsi, le 22 juin, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) organise une visite-conférence autour de sa collection des 49 volumes de l’expédition scientifique de Bonaparte en Égypte. La visite, qui se tiendra dans l’édifice de la Bibliothèque nationale (site Rosemont, 2275, rue Holt), sera commentée par Valérie Angenot et Isabelle Robitaille, bibliothécaire responsable des collections de livres anciens à BAnQ.

La COOP UQAM propose trois semaines thématiques sur l’égyptologie, du 13 juin au 1er juillet. Elle exposera dans ses vitrines des ouvrages liés aux thèmes du symposium, y compris ceux des conférenciers.

Les 16 et 20 juin, la Société pour l’étude de l’Égypte ancienne et l’Association des études du Proche-Orient ancien présenteront des conférences complémentaires des égyptologues Aidan Dodson et Marc Gabolde.

Enfin, du 17 au 24 juin, BAnQ organise une semaine thématique sur l’Égypte à la Grande Bibliothèque, présentant dans ses vitrines une sélection d’ouvrages égyptologiques anciens.

Cours spéciaux

À l’automne 2022, l’UQAM proposera des cours spéciaux consacrés à l’Égypte. Valérie Angenot donnera le cours «Art et architecture de l’Égypte et du Proche-Orient» et coanimera avec le professeur du Département de communication sociale et publique Camille Alloing le séminaire doctoral «Sémiotique visuelle scripturale: des hiéroglyphes aux émojis». De son côté, le professeur Jean Revez donnera des cours sur l’historiographie ancienne et récente de l’Égypte pharaonique et sur l’initiation à l’égyptien hiéroglyphique.

Pour toute information sur la programmation du symposium, sur les inscriptions et les autres activités organisées en marge, on visite le site web de l’événement.

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