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Réécrire la forêt boréale

Un projet original réunit un groupe de l’UQAM en études littéraires et un groupe de l’UQAT en écologie forestière.

Par Pierre-Etienne Caza

28 avril 2022 à 11 h 04

Mis à jour le 9 juin 2022 à 13 h 08

La première rencontre UQAM-UQAT a eu lieu en novembre dernier à la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet. Photo: UQAT

Que se passe-t-il lorsque six chercheuses et chercheurs émergents en études littéraires à l’UQAM rencontrent leurs homologues en écologie forestière à l’UQAT? C’est l’idée originale qu’a voulu explorer le professeur du Département d’études littéraires Jonathan Hope, spécialiste en écocritique, en écopoétique et en humanités environnementales. «L’objectif était de repenser les projets de recherche de ces étudiantes et étudiants en écologie forestière avec notre sensibilité littéraire, explique-t-il. Cela peut donner lieu, par exemple, à des réécritures sous forme de mise en fiction, de récit à la première personne, d’essai ou de poésie.»

Lui-même originaire de l’Abitibi, Jonathan Hope a été mis en relation avec le professeur en écologie forestière Miguel Montoro Girona, de l’UQAT, qui a accepté de participer au projet avec des étudiantes et étudiants de cycles supérieurs. Les professeures du Département d’études littéraires Cassie Bérard et Catherine Cyr sont également impliquées dans le projet, qui bénéficie d’un soutien financier du Fonds de développement académique du réseau (FODAR) de l’UQ et de Littérature québécoise mobile.

Rencontre en forêt

Le premier contact entre le contingent de l’UQAM et celui de l’UQAT a eu lieu en novembre dernier à la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD). «Ça faisait du bien de sortir de Montréal après ces deux années de pandémie», raconte en riant Jonathan Hope. 

Les chercheuses et chercheurs de l’UQAT ont présenté à leurs camarades uqamiens leurs projets de recherche, lesquels portent, par exemple, sur les bandes riveraines, les lacs, les bassins versants ou les populations de castor. «Nous les invitons à imaginer autrement leur projet en y injectant l’aspect créatif de la littérature, et ce, à partir de leurs matériaux de base, tels que les données recueillies sur le terrain, les cartes utilisées, les analyses préliminaires effectuées jusqu’ici», illustre Jonathan Hope. 

«Leur expérience universitaire est complètement différente de la nôtre, car ils ont besoin d’outils spécialisés pour recueillir des données sur le terrain, ce qui n’est pas notre cas, et ils entretiennent parfois des liens avec plusieurs partenaires pour réaliser leur recherche, observe le doctorant en études littéraires Pierre-Olivier Gaumond, dont la thèse porte sur l’intégration dramaturgique de concepts tirés des sciences exactes dans le théâtre québécois contemporain. Se frotter à leur environnement et à leurs contraintes, et les amener à réfléchir autrement, avec nos outils littéraires, fut enrichissant de part et d’autre.»

«L’approche écopoétique du projet m’a attirée, car j’ai débuté mes études universitaires en géographie, raconte la candidate à la maîtrise Erika Leblanc-Belval, qui s’intéresse, dans le cadre de son mémoire, à la poétique de l’eau et du corps dans les recueils de Marie-Andrée Gill. Il y a quelque chose du jeu, de la rencontre et du partage dans ce projet. Nous découvrons le domaine de l’écologie forestière et nous leur faisons découvrir les études littéraires.»

Rencontre urbaine

La deuxième rencontre a eu lieu les 20 et 21 avril derniers à l’UQAM.Photo: UQAM

La deuxième rencontre entre les deux contingents a eu lieu les 20 et 21 avril derniers, à l’UQAM. «En plus des moments pour travailler sur le projet comme tel, nous avions organisé une table ronde avec trois auteurs ayant développé un imaginaire environnemental, ainsi qu’une journée d’études consacrée à la réécriture des sciences naturelles à partir d’articles scientifiques», précise Jonathan Hope. 

«Cet exercice permet de voir la perspective de gens ancrés dans deux mondes aux antipodes. Nous, les scientifiques, avons en général une vision très terre à terre et logique des choses tandis qu’en littérature, c’est beaucoup plus libre, il n’y a pas nécessairement de solution ou de méthode», constate la candidate à la maîtrise en écologie forestière Mélanie Arsenault (B.Sc. sciences, 2011), qui a obtenu son baccalauréat à l’UQAM. «J’ai toujours tenu un journal intime et ce projet m’amène à développer ma créativité. Il me fait pratiquer un style d’écriture qui a beaucoup plus d’âme qu’un article scientifique», ajoute-t-elle.

Lectures publiques à venir

Une troisième rencontre aura lieu l’automne prochain en Abitibi. «L’objectif est d’organiser des lectures publiques des projets de réécriture, qui seront également consignés dans un site web», note Jonathan Hope. 

Le professeur espère également conclure une entente avec une maison d’édition régionale spécialisée dans la boréalité francophone afin de publier les textes dans un ouvrage papier.

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