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Première autrice dans JAMA Psychiatry

La doctorante Danielle Penney cosigne une méta-analyse sur l’efficacité d’une intervention auprès de personnes schizophrènes.

Par Pierre-Etienne Caza

25 mars 2022 à 9 h 03

Mis à jour le 9 juin 2022 à 13 h 09

Communément considérée comme le trouble de santé mentale le plus sévère, la schizophrénie touche environ 370 000 Canadiens.Illustration: Getty

La doctorante en psychologie Danielle Penney est la première autrice d’une méta-analyse évaluant l’efficacité d’une intervention visant à atténuer les symptômes de la schizophrénie. Cette étude a été publiée le 23 mars dans la prestigieuse revue JAMA Psychiatry, «une réalisation professionnelle qui n’arrive qu’une ou deux fois dans une carrière», se réjouit la jeune chercheuse. 

La professeure du Département d’éducation et pédagogie Geneviève Sauvé figure également parmi les cosignataires de cette étude, dont le chercheur principal est le professeur de l’Université McGill Martin Lepage, également professeur associé au Département de psychologie de l’UQAM. 

Réduire les symptômes aggravants de la schizophrénie

Communément considérée comme le trouble de santé mentale le plus sévère, la schizophrénie touche environ 370 000 Canadiens. Les symptômes aggravants peuvent inclure des hallucinations auditives, des croyances délirantes troublantes, un retrait social et une altération des fonctions cognitives. En se combinant, ces symptômes affectent gravement le fonctionnement social et occupationnel, le bien-être, ainsi que la qualité de vie. Malgré la prise de médicaments, environ 80 % des personnes vivant avec la schizophrénie demeurent affectées par ces symptômes. 

Danielle Penney

L’entraînement aux habiletés métacognitives (EMC) pour la psychose, une brève intervention de groupe en santé cognitive, vise à réduire la gravité de ces symptômes en évitant la confrontation et en se concentrant sur la rectification des biais cognitifs ou autres pièges de la pensée. Co-développée en 2007 par le professeur Steffen Moritz à l’Université de Hambourg, en Allemagne, l’EMC s’appuie sur plusieurs années de recherche en neuropsychiatrie et en psychologie. 

Quinze ans plus tard, une équipe réunie au Centre de recherche Douglas par le professeur Martin Lepage a voulu déterminer, en collaboration avec le professeur Moritz, l’efficacité de l’EMC à court et à long terme, dans le cadre d’une revue systématique et d’une méta-analyse combinant les résultats de 43 études incluant 1816 participants. 

Les résultats de l’équipe montréalaise démontrent que l’EMC est très efficace pour réduire les symptômes psychotiques tels que les délires et les hallucinations, en plus d’améliorer l’estime de soi et le fonctionnement social des personnes atteintes. «Pour être efficace, il faut minimalement 8 séances hebdomadaires de 45 à 60 minutes», précise Danielle Penney. 

Les bénéfices de l’EMC se sont maintenus jusqu’à un an après la fin de l’intervention, explique en outre la doctorante. «Ces résultats appuient l’utilité de l’EMC comme outil efficace pouvant être offert par des intervenants en santé mentale dans différents milieux de soins, tout en ouvrant la porte au développement d’approches alternatives telles que les interventions virtuelles.»

Ces résultats arrivent à point, insiste l’équipe de recherche, puisque les Canadiens pourront bientôt bénéficier de l’EMC. En effet, cette intervention sera offerte dans plusieurs sites dans le cadre d’une étude menée par le groupe et visant à implanter deux interventions virtuelles sur la santé cognitive pour les personnes présentant un trouble psychotique.

À l’origine, l’EMC a été conçue pour traiter la schizophrénie, mais elle a été adaptée avec succès pour soigner d’autres pathologies telles que la dépression et les troubles obsessifs-compulsifs.

Une thèse sur la psychose

L’article publié dans JAMA Psychiatry ne découle pas des travaux menés par Danielle Penney dans le cadre de sa thèse, même si celle-ci s’intéresse également à la thématique de la psychose. «Ma thèse porte sur l’impact de la régulation émotionnelle et du fonctionnement interpersonnel chez les individus atteints d’une psychose traumatique, c’est-à-dire une psychose qui se développe à la suite d’abus ou de négligence pendant l’enfance, précise-t-elle. Je compte tester une thérapie novatrice que j’ai élaborée pour ce type précis de psychose.»

Danielle Penney réalise sa thèse sous la direction du professeur du Département de psychologie Ghassan El-Baalbaki et du professeur associé Martin Lepage.

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