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Découvrir l’art autochtone moderne et contemporain

L’UQAM et le Musée des beaux-arts de Montréal proposent un nouveau cours en ligne gratuit et accessible au grand public.

27 septembre 2022 à 15 h 36

Un nouveau cours en ligne gratuit et accessible au grand public propose une lecture inédite de l’art autochtone du Québec et du Canada. Ohtehra’, l’art autochtone aujourd’hui s’appuie sur des œuvres et objets issus des collections d’art moderne et contemporain du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Fruit d’une collaboration entre le Département d’histoire de l’art de l’UQAM et le Service de la conservation du MBAM, ce cours sans frontières sera disponible sur la plateforme FUN à compter du 17 octobre prochain.

Le cours offre un accès privilégié à près de 100 œuvres d’art autochtones de 1960 à nos jours, et à une centaine d’œuvres et d’objets complémentaires – statuettes, illustrations et caricatures – qui couvrent plusieurs siècles. À travers leurs récits, plus de 20 artistes, spécialistes et personnalités des Premières Nations, métis et inuit invitent le public à « inverser son regard » occidental sur l’histoire en reconstruisant des perspectives autochtones.

Ohtehra’ fait une très large place aux voix et aux expertises autochtones. Conservatrice-médiatrice en art inuit du MBAM, Lisa Qiluqqi Koperqualuk (Inuit) a supervisé les contenus inuit, alors que Guy Sioui Durand (Wendat), sociologue, critique d’art, commissaire indépendant et professeur à l’Institution KIUNA et à l’UQAM, est intervenu à titre d’expert sur les contenus touchant à l’art des Premières Nations.

Jean-Philippe Uzel, professeur au Département d'histoire de l'art, Jacques Des Rochers, conservateur de l'art québécois et canadien (avant 1945) au MBAM, le professeur Guy Sioui Durand, la doyenne Joanne Lalonde et Mary-Dailey Desmarais, conservatrice en chef du MBAM. Photo: Nathalie St-Pierre

Composé de 7 modules thématiques, le cours d’une durée de 21 heures contient de nombreuses capsules vidéo qui racontent l’histoire de la production, de la diffusion et de la signification des objets et des œuvres présents dans les collections du MBAM. Il intègre notamment des entrevues filmées avec les artistes Shuvinai Ashoona, Rebecca Belmore, Hannah Claus, David Garneau, Meryl McMaster, Kent Monkman, Nadia Myre, Alanis Obomsawin, Meky Ottawa, Ooloosie Saila, Niap (Nancy Saunders), Michel Savard, Ningiukulu Teevee et Barbara-Ann Watso ; les historiennes de l’art Caroline Nepton Hotte et Carmen Robertson ; ainsi que le conservateur et la conservatrice autochtones Jonathan Lainey et Sylvie Paré.


Le sacré, les idées et les imaginaires

Le mot art n’existe pas dans les langues autochtones. Le titre du cours, Othehra’, prend source dans un concept huron-iroquois selon lequel les idées sont indissociables du monde sacré, mais aussi des imaginaires qui prennent forme. La pierre de fée (une petite pierre grise aux formes naturellement arrondies typique du nord québécois) lui sert d’identité visuelle. Pour les Autochtones, elle signifie l’émerveillement et la libération des pensées.

Le MBAM a été l’un des premiers musées d’art canadiens à collectionner l’art autochtone d’Amérique du Nord, dès 1917. Sa collection figure aujourd’hui parmi les plus importantes au pays. Sa force réside dans l’art moderne et contemporain, en particulier l’art inuit, qui a fait son entrée dans la collection au milieu du siècle dernier. Ces dernières années, elle a été enrichie de nombreuses œuvres d’artistes inuit et des Premières Nations, qui ont révolutionné la scène culturelle et ont participé à redéfinir les contours de l’identité québécoise et canadienne.

«Grâce à son entente avec cette grande institution culturelle québécoise qu’est le Musée des beaux-arts de Montréal, l’UQAM aspire à contribuer à la transformation sociale par l’art, et dans le cas du présent projet, par l’art autochtone. C’est donc dans un esprit de partage, de respect et de réciprocité entre les artistes, spécialistes et équipes de conservation que la réalisation de ce projet a pris place. Cette collaboration a permis de créer un contenu riche et unique», explique Joanne Lalonde, doyenne de la Faculté des arts de l’UQAM.

«Le MBAM se réjouit de cette collaboration avec l’UQAM. Cet ambitieux projet, mené au cours des quatre dernières années, a fédéré des artistes, des historiens et historiennes de l’art, des conservateurs et conservatrices de musée, et des personnalités de diverses communautés autochtones. Ensemble, nous avons mis en commun nos savoirs pour faire découvrir au grand public l’extraordinaire vitalité de la création autochtone moderne et actuelle. Ohtehra’ est une initiative éducative et numérique qui incarne pleinement la volonté du MBAM de mieux faire connaître la richesse et la diversité des expressions artistiques du Québec et du Canada», affirme Mary-Dailey Desmarais, conservatrice en chef du MBAM.

Outre Guy Sioui Durand, les professeurs Jean-Philippe Uzel et Dominic Hardy ainsi que leur collègue Édith-Anne Pageot, du Département d’histoire de l’art, ont participé à l’équipe pédagogique du cours.

Le Service de l’audiovisuel de l’UQAM, et plus particulièrement une équipe du Carrefour pédagogique et technopédagogique, a travaillé, de concert avec tous les partenaires impliqués, à l’élaboration et à la mise en oeuvre du projet: idéation, signature graphique du projet, coordination, production des vidéos, intégration sur le web et entente avec FUN MOOC (France université numérique).

Aucun prérequis n’est nécessaire pour s’inscrire au cours. Des quiz seront proposés tout au long des modules pour valider ses apprentissages. Un badge de réussite du MOOC (Massive Open Online Course ou «cours en ligne accessible au plus grand nombre») sera attribué aux personnes participantes ayant obtenu une note supérieure à 60 %.

Ce n’est pas la première fois que l’UQAM collabore à la mise sur pied d’un MOOC. Au cours des années passées, l’Université a conçu quatre cours en ligne en partenariat avec le Centre Pompidou de Paris, dont un MOOC sur les femmes artistes en 2021 et un autre sur le pop art en 2019.

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