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Décès de Françoise Riopelle

La chorégraphe, pionnière de la danse contemporaine à l’UQAM, s’éteint à l’âge de 95 ans.

Par Marie-Claude Bourdon

29 juillet 2022 à 9 h 59

Mis à jour le 1 août 2022 à 9 h 37

Françoise Riopelle faisait partie des sept femmes signataires du Refus global, le fameux manifeste publié en 1948 par un groupe de 16 artistes mené par Paul-Émile Borduas. Chorégraphe, elle a été pionnière de l’intégration de l’expression corporelle dans le milieu éducatif, pionnière de l’enseignement du théâtre aux premiers jours de l’UQAM, en 1969, et pionnière du module de danse, qu’elle a contribué à mettre sur pied en 1979. Elle s’est éteinte le 18 juillet dernier à l’âge de 95 ans.

Françoise Riopelle a appris la danse moderne en Europe, entre autres auprès de la chorégraphe allemande Mary Wigman, lors d’un séjour à Paris où elle accompagne son mari, le peintre Jean-Paul-Riopelle, entre 1946 et 1958. À son retour à Montréal, elle fonde, avec l’artiste Jeanne Renaud, la première école de danse moderne au Canada, en 1959.

À l’UQAM, la chorégraphe a mis sur pied le groupe Mobiles, qui s’éloigne de la chorégraphie formelle pour emprunter une voie plus théâtrale, une direction qui influencera des troupes québécoises importantes telles que Carbone 14 et O Vertigo, la compagnie de Ginette Laurin (B.A. danse, 1993). C’est Françoise Riopelle qui a fait venir Jean-Pierre Perreault comme professeur invité à l’UQAM, où il a créé sa célèbre pièce Joe, en 1983.

En 1978, Françoise Riopelle a aussi participé à la création du collectif Qui danse?, avec Dena Davida (Ph.D. études et pratiques des arts, 2006), prix Reconnaissance de la Faculté des arts en 2014, un autre pilier de la danse contemporaine à l’UQAM, qui a été chargée cours au Département de danse pendant 26 ans.

Pour Dena Davida, Françoise Riopelle était une précieuse alliée. «C’est Françoise qui m’a accueillie chaleureusement quand je me suis jointe à la communauté de la danse montréalaise, en 1978, en m’offrant une charge de cours pour enseigner le Contact improvisation, une nouvelle forme de danse, nous écrit-elle. Elle m’a aussi soutenue en accueillant à l’Université le projet Qui danse?, que nous avons mis sur pied pour permettre à de jeunes chorégraphes de présenter des créations en cours et qui est devenu le précurseur de Tangente.»

Dena Davida se rappelle une personne «exceptionnellement humaine, intellectuellement curieuse et très ouverte d’esprit».

Après sa séparation du peintre Riopelle, avec qui elle a eu deux filles, Yseult et Sylvie, Françoise Riopelle a été, dans les années 1960, la compagne du compositeur Pierre Mercure (qui a donné son nom à salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau). Ils ont collaboré sur des projets et ont eu un fils, Patrick Mercure. Avec des personnalités du domaine artististique, dont Françoise Sullivan et Lorraine Pintal, les trois enfants de Françoise Riopelle ont signé une lettre dans Le Devoir du 26 juillet dernier qui rend hommage à leur mère ainsi qu’autres femmes du Refus global.

«Ces femmes ont fait de l’expression artistique un puissant véhicule de revendication, de révolution, un plaidoyer en faveur du renouveau social et culturel, la quête suprême d’une créativité libre et affirmée, une chorégraphie enchaînant toutes les formes d’art, écrivent-ils. (…) Au nom de la liberté, souvenons-nous de leurs courageux combats, qui nous permettent aujourd’hui de vivre dans une société qu’elles ont elles-mêmes contribué à concevoir et à améliorer», écrivent les signataires.

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