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Contamination de l’air à Rouyn-Noranda: la pointe de l’iceberg

Le nombre de contaminants rejetés par la Fonderie Horne a considérablement augmenté au cours des dernières années, affirme le professeur Maikel Rosabal Rodriguez.

Par Jean-François Ducharme

1 août 2022 à 16 h 23

Mis à jour le 2 août 2022 à 17 h 19

La piètre qualité de l’air à Rouyn-Noranda défraie les manchettes depuis près d’un mois, mais pour le professeur du Département des sciences biologiques Maikel Rosabal Rodriguez, il ne s’agit pas d’une surprise. Directeur du Laboratoire en métallomique environnementale, ce dernier étudie la contamination métallique autour de la Fonderie Horne depuis une douzaine d’années. «On sait depuis très longtemps que les normes d’émission acceptables d’arsenic, de cadmium, de cuivre, de zinc et de plomb sont largement dépassées», souligne le professeur.

Selon un rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec, publié en début juillet, les concentrations élevées d’arsenic et de cadmium émises par la Fonderie Horne augmentent considérablement les risques de développer un cancer du poumon. «La Fonderie Horne est l’une des plus importantes émettrices de contaminants au Québec et au Canada», rappelle le professeur.

En plus de contaminants métalliques déjà répertoriés comme l’arsenic, le cadmium et le cuivre, d’autres métaux, dont le nickel, le cobalt et les terres rares, sont maintenant présents en forte quantité.

Des chiffres inquiétants

Pour mesurer les contaminants dans l’air, l’un des membres de l’équipe de Maikel Rosabal Rodriguez, Jérémy Dupont, étudiant à la maîtrise en sciences de l’environnement, utilise une méthodologie fondée sur le lichen. Des prélèvements de lichens sont effectués à intervalles réguliers à une vingtaine d’endroits dans un rayon de 50 kilomètres autour de la Fonderie Horne. On mesure ensuite la concentration des contaminants présents dans le site le plus rapproché et on la compare à celle du site le plus éloigné.

Selon cette méthodologie, les concentrations de plomb sont 700 fois plus élevées dans les 10 premiers kilomètres autour de la Fonderie Horne qu’au 50e kilomètre. Le zinc, 600 fois; le nickel, 130 fois. L’arsenic et le cadmium se retrouvent quant à eux dans une concentration entre 30 et 40 fois supérieure. «Ce sont des chiffres inquiétants», alerte Jérémy Dupont.

Les chercheurs s’inquiètent particulièrement de l’augmentation rapide des éléments de terres rares, utilisés dans de nombreux appareils électroniques. «Ce sont des métaux émergents, qui ne font l’objet d’aucune réglementation et dont l’état des connaissances actuelles ne permet pas de prédire leur toxicité», mentionne Maikel Rosabal Rodriguez.

Ce dernier est d’avis que la fonderie devrait se montrer plus transparente quant aux mesures de la qualité environnementale dans ces émissions atmosphériques. «Notre laboratoire demande d’avoir accès à des échantillons de la fonderie et de faire un suivi plus exhaustif des contaminants métalliques libérés, et l’on se heurte toujours à des réticences, explique le professeur. Pour évaluer les risques potentiels liés à la qualité de l’air, il est essentiel de faire un suivi transparent et actualisé de toutes les sources de contaminants. On ne doit pas attendre qu’un accident survienne avant de réagir.»

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