Un pôle de cinéma en chantier

De nouveaux locaux et équipements rehausseront la formation en cinéma, déjà reconnue pour son excellence.

18 Octobre 2021 à 10H02

De nouveaux locaux aménagés dans l'ancienne salle Marie-Gérin-Lajoie, au pavillon Judith-Jasmin, rehausseront la formation en cinéma, déjà reconnue pour son excellence. «Dotée d'une régie, la salle de projection de 120 places est l'endroit qui rappellera le plus la vocation précédente des lieux puisqu'on y a conservé la pente de l'ancienne salle MGL», note l'architecte Isabelle Bergeron.
Photo :Nathalie St-Pierre

Un studio de tournage avec loges pour les comédiens, une salle de projection d'une centaine de places et un studio d'enregistrement de son doté d'une régie et d'un local de bruitage. «Ce sera un bond quantique par rapport à nos locaux actuels», se réjouit le professeur de l'École des médias Clovis Gouaillier à propos des nouvelles installations du programme de baccalauréat en communication (création médias - cinéma), en chantier sur le site de l'ancienne salle Marie-Gérin-Lajoie, au pavillon Judith-Jasmin.

«Ce projet phare de la Faculté de communication et de l’UQAM permettra au programme de cinéma de continuer à être compétitif et à répondre aux besoins de l’industrie au Québec et ailleurs», affirme le doyen de la Faculté de communication Gaby Hsab.

Six nouveaux locaux

Réalisé par le Service de la planification et des projets immobiliers et le Service de l'audiovisuel, en collaboration avec l'École des médias, ce nouveau pôle de cinéma se veut un lieu fonctionnel où tous les espaces se complètent. «L'ancienne salle Marie-Gérin-Lajoie a été divisée en six grands locaux et un corridor de circulation reliera le niveau métro au niveau sous-sol, en respectant les normes d'accessibilité universelle», explique l'architecte Isabelle Bergeron, responsable du projet. La conception, l'exécution et la surveillance des travaux a été confiée à la firme Jodoin Lamarre Pratte architectes, qui avait à l'origine conçu la salle Marie-Gérin-Lajoie.

Le nouveau studio de tournage, d'une hauteur de deux étages.Photo: Nathalie St-Pierre

Le nouveau studio de tournage est une pièce polyvalente mesurant 13 mètres par 13 mètres, d'une hauteur de deux étages, comportant une multitude de branchements audiovisuels pour les micros et les caméras, ainsi qu'une grille d'accrochage au plafond pour les éclairages.

«Dotée d'une régie, la salle de projection de 120 places est l'endroit qui rappellera le plus la vocation précédente des lieux puisqu'on y a conservé la pente de l'ancienne salle MGL», note l'architecte.

Le studio d'enregistrement comprendra une régie de son et un local de bruitage. Tout comme la salle de projection, ce studio sera équipé de la technologie de son Dolby Atmos 3D, une technologie qui ajoute une dimension verticale à la bande son, maximisant ainsi sa spatialisation et son aspect immersif.

Outre ces trois nouvelles salles, on trouvera également un atelier pour ranger les décors, une salle d'appui à la préproduction (où comédiennes, comédiens et techniciens pourront se reposer et/ou casser la croûte entre les prises), et un comptoir de prêt du Service de l'audiovisuel pour entreposer les équipements propres aux programmes en cinéma, médias interactifs et musique de films. 

Ces nouvelles installations remplaceront les locaux actuels des étudiants en cinéma, situés aux deuxième et troisième étages du pavillon J. «Je ne compte plus le nombre de fois où les étudiants doivent se restreindre, car on aperçoit le plafond dans leur plan de caméra, souligne en riant Clovis Gouaillier, qui est aussi directeur du bac en cinéma. Or, le nouveau studio de tournage sera non seulement plus vaste, avec un plafond plus haut, ce qui réduira les contraintes d'espace, mais aussi mieux insonorisé.»

Un projet d'acoustique

L'insonorisation des locaux est effectivement un des enjeux majeurs de la production cinématographique en milieu universitaire, autant pour les tournages que pour les projections sur grand écran. «Dans notre studio actuel, il n'est pas rare que la perche capte le son de la dame qui marche avec des souliers à talons sur l'étage», illustre l'animateur pédagogique Jean Pelletier, qui agit à titre de coordonnateur de ce projet d'infrastructure médiatique pour l'École des médias au Service de l'audiovisuel. Regarder un film à plein volume pendant les heures de cours? «C'est périlleux, car on risque de déranger les cours ou les ateliers qui se donnent à proximité», renchérit Clovis Gouaillier.

Cette reconversion de la salle Marie-Gérin-Lajoie est avant tout un projet d'acoustique, confirme Isabelle Bergeron. «Le défi était de taille puisque tous ces nouveaux locaux sont adjacents les uns aux autres. Pour obtenir la meilleure insonorisation possible, nous avons opté pour désolidariser chaque local de la structure existante, en construisant "une pièce dans la pièce", illustre-t-elle. Un acousticien a été consulté pour déterminer la composition des murs, lesquels ont été montés en maçonnerie avec des espaces d'air, de l'isolant et des rangées de gypse.»

La ventilation peut aussi poser problème en s'immisçant dans la bande sonore des productions étudiantes. «Ce projet s'est déroulé conjointement avec la rénovation des salles mécaniques, note l'architecte. Au lieu d'une seule unité de ventilation, nous avons installé quatre petites unités qui peuvent être contrôlées séparément.»

Mise à jour technologique

En plus de gagner en espace, on profitera du déménagement pour acquérir de nouveaux équipements. «Mon rôle est de m'assurer que les étudiantes et étudiants aient accès à des équipements récents, universellement utilisés dans le métier et concordant avec les besoins de l'équipe d'enseignement de l'École des médias», explique Jean Pelletier.

Cela ne signifie pas pour autant que tout le matériel sera remplacé. Et s'il l'est, ce ne sera peut-être pas tout de suite. «Il faut parfois attendre que de nouveaux ordinateurs, de nouveaux logiciels de montage ou de nouvelles consoles d'éclairage aient fait leur preuve avant de les acquérir, explique l'animateur pédagogique. Et dans certains cas, nous tenons à conserver certaines pièces durables, comme nos lampes au tungstène qui ont 40 ans, qui fonctionnent encore très bien et qui sont très utiles pour la direction photo!»

La seule étape de la production cinématographique qui sera encore effectuée au troisième étage du pavillon J est le montage, dans l'une des quelque 20 salles de postproduction de son ou d'images de l'École des médias. «Nous bénéficions également d'une provision budgétaire pour une mise à jour des équipements dans ces salles», souligne Jean Pelletier. 

Des diplômés qui brillent 

Depuis de nombreuses années, les courts-métrages documentaires ou de fiction réalisés par les étudiants en cinéma se taillent une place dans plusieurs festivals internationaux, où ils sont remarqués et parfois aussi primés, rappelle Clovis Gouaillier. Plusieurs diplômés connaissent également de retentissants succès, comme Denis Villeneuve (B.A. communication, 1992), récipiendaire d'un doctorat honorifique de l'UQAM, en 2017, qui a été sacré cinéaste de la décennie, en 2020, par la Hollywood Critics Association. C'est aussi le cas de Florence Lafond (B.A. communication - cinéma, 2016), de Patrice Laliberté (B.A. communication/création médias - cinéma, 2017) et de Léa Pool (B.A. communication, 1978).

«En plus de ces beaux succès, nous sommes fiers de former des professionnelles et professionnels prêts à se retrouver sur un plateau de tournage dès leur sortie de l'UQAM, car ils ont pu se familiariser avec les rôles et le matériel propre à chaque métier. À cet égard, les nouvelles installations ne pourront que rehausser la formation unique offerte par l'École des médias.»

Le programme de baccalauréat en communication (création médias - cinéma) est contingenté à une trentaine de places, pour quelque 300 demandes d'admission par année. «Je suis convaincu que ces nouvelles installations attireront encore plus de candidats», conclut fièrement Clovis Gouaillier.

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