Trois personnalités et deux professeurs honorés

L’Université décerne trois doctorats honorifiques, la Médaille de l’UQAM et le premier Prix du mérite – Rayonnement.

27 Octobre 2021 à 10H34

L’Université décerne trois doctorats honorifiques, la Médaille de l’UQAM et le premier Prix du mérite – Rayonnement.
Photo :Denis Bernier

L’UQAM a décerné des distinctions honorifiques à trois personnalités au parcours exceptionnel et à deux de ses professeurs lors d’une cérémonie de reconnaissance tenue le 26 octobre. La poète, scénariste et réalisatrice Joséphine Bacon, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Ghislain Picard et la professeure émérite du Département d’administration et fondements de l’éducation de l’Université de Montréal Marie Mc Andrew ont reçu un doctorat honoris causa. La professeure émérite Donna Mergler et le professeur Benoit Barbeau, du Département des sciences biologiques, ont obtenu respectivement la Médaille de l’UQAM et le Prix du mérite – Rayonnement.

Joséphine Bacon

L’UQAM a remis un doctorat honorifique à Joséphine Bacon, sur la recommandation de sa Faculté des arts et de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF). L’Université reconnaît ainsi la contribution de Joséphine Bacon au milieu culturel et littéraire québécois ainsi que ses efforts de préservation de la langue et des traditions innues.

Née en 1947 à Pessamit, sur la Côte-Nord, la poète grandit dans la toundra avant d’être envoyée au pensionnat de Maliotenam, où elle passe 14 années de sa vie. Elle s’installe à Montréal au tournant des années 1970, où sa maîtrise de la langue innu-aimun l’amène à devenir interprète et guide auprès d’anthropologues intéressés par les Premiers Peuples du Québec et du Labrador. Son premier recueil de poésie, Bâtons à message (Mémoire d’encrier), paraît en 2009 et son poème «Dessine-moi l’arbre» remporte, en 2010, le Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal. Ses textes évoquent l’immensité du territoire, la liberté d’un peuple en marche et la fragilité d’une identité menacée.

Membre de l’Ordre des arts et des lettres du Québec et officière de l’Ordre de la Ville de Montréal, Joséphine Bacon a également publié Nous sommes tous des sauvages (2011), coécrit avec José Acquelin; Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat (2013), finaliste du Prix du Gouverneur général et du Grand Prix du livre de Montréal; Uiesh/Quelque part (2018), lauréat en 2019 du Prix des libraires du Québec, du Prix littéraire des enseignants de français, catégorie Poésie, et de l’Indigenous Voices Award. En 2017, elle reçoit le Prix international Ostana – écritures en langue maternelle, qui souligne les qualités artistiques d’un auteur représentant sa langue maternelle dans un contexte où celle-ci doit être défendue face à une langue dominante.

Ghislain Picard

Sur la recommandation de sa Faculté des sciences humaines, l’UQAM a décerné un doctorat honorifique à Ghislain Picard pour ses qualités exemplaires d’écoute, essentielles au maintien du dialogue entre les peuples, pour ses efforts à faire entendre et respecter les droits des Premières Nations et pour sa participation aux rendez-vous historiques les plus importants des 30 dernières années.

Membre de la nation innue, Ghislain Picard est né en 1955 à Pessamit, sur la Côte-Nord. Depuis 30 ans, il défend les intérêts et les valeurs des Premiers Peuples auprès de diverses instances au Canada et à l’international. Il a participé au Forum permanent des Peuples autochtones des Nations Unies, à New York, aux rencontres statutaires des instances de l’ONU traitant des questions autochtones, à Genève, ainsi qu’à des missions au Mexique, au Panama et en Colombie. Figure marquante, il a écrit l’histoire en devenant le premier autochtone à occuper le poste de président du conseil d’administration du Musée McCord, à Montréal.

Chevalier de l’Ordre national du Québec, Ghislain Picard a reçu, en 2005, l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur des mains du Consul général de France ainsi que le titre de citoyen d’honneur de la Ville de Montréal, en 2017. Le leader autochtone a fait l’objet de deux documentaires et d’un livre écrit par Pierre Trudel, intitulé Ghislain Picard – Entretiens (Boréal, 2009). Avec Denis Bouchard et Éric Cardinal, il a publié, en 2008, De Kébec à Québec: cinq siècles d’échanges entre nous (Les Intouchables), qui a obtenu le Prix de la présidence de l’Assemblée nationale, dans le cadre des Prix du livre politique 2009.

Marie Mc Andrew

L’UQAM a remis un autre doctorat honorifique à Marie Mc Andrew, sur la recommandation de sa Faculté des sciences de l’éducation, afin de souligner la contribution de la professeure émérite à l’avancement des connaissances en matière d’intégration des personnes d’origines diverses au Québec ainsi que son rôle déterminant dans l’élaboration de politiques et de programmes publics à cet égard.

Née dans les années 1950 d’un père irlandais et d’une mère québécoise, Marie Mc Andrew a contribué à modifier le paysage de l’éducation au Québec et à l’international en mettant au premier plan les sujets de l’intégration des personnes immigrantes, de la construction de l’identité dans des contextes pluralistes et du rôle du système d’éducation dans la transformation des rapports ethniques. De 1989 à 1991, elle a collaboré à l’élaboration de l’énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration intitulé Au Québec, pour bâtir ensemble, qui, encore aujourd’hui, encadre largement les actions du Québec en la matière.

Prolifique, Marie Mc Andrew compte à son actif près de 180 publications, dont pas moins de 91 chapitres de livre et monographies. Au cours des 10 dernières années, elle a participé à plus de 380 conférences et communications scientifiques dans 20 villes réparties sur quatre continents. Membre de la Société royale du Canada et de l’Ordre du Canada, la professeure a aussi été nommée, en 2018, membre émérite de l’Ordre de l’excellence en éducation du Québec. En 2005, elle a reçu le Prix québécois de la citoyenneté Jacques-Couture pour le rapprochement interculturel et, en 2015, le prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik.

Donna Mergler

La professeure émérite Donna Mergler a reçu la Médaille de l’UQAM, décernée à des personnes ayant atteint un haut degré de réalisation et de rayonnement, ou ayant rendu d’éminents services à l’Université. La chercheuse s’est distinguée, entre autres, par son apport à l’enrichissement du savoir scientifique sur les effets néfastes de contaminants sur la santé humaine. Elle a ainsi dévoilé les effets neurotoxiques à long terme de l’exposition au mercure chez des populations de l’Amazonie et mis en lumière l’empoisonnement au mercure et la mortalité précoce que subissait la communauté autochtone Grassy Narrows, en Ontario.

Donna Mergler a dirigé, notamment, le Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE), qu’elle a cofondé en 1987. Depuis, le CINBIOSE a été reconnu comme centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Organisation panaméricaine de la santé. Dans les années 2000, la professeure a mis sur pied les communautés de pratique en approches écosystémiques de la santé d’Amérique latine et des Caraïbes, en plus de participer à l’émergence de celle du Canada.

En 1990, avec sa collègue Karen Messing, la professeure a reçu le prix Muriel-Duckworth de l’Institut canadien de recherche sur les femmes. Membre de l’Ordre de Montréal, elle a aussi obtenu, en 1995, le prix Michel-Jurdant en sciences de l’environnement, remis par l’Acfas, et le titre de Femme scientifique de distinction, en 2008, décerné par le Centre de recherche en développement international du Canada. En janvier dernier, la publication de ses résultats de recherche sur la mortalité reliée à l’exposition au mercure des communautés autochtones de Grassy Narrows a été retenue parmi les 10 découvertes de l’année du magazine Québec Science et comme le meilleur article en épidémiologie environnementale 2020 par la Société internationale d’épidémiologie environnementale.

Benoit Barbeau

Le professeur du Département des sciences biologiques Benoit Barbeau a obtenu le tout premier Prix du mérite – Rayonnement. Inaugurés cette année, les Prix du mérite sont décernés à des membres de la communauté uqamienne qui se sont démarqués auprès de leurs pairs dans différentes sphères allant de l’enseignement à la recherche, en passant par la création et l’innovation. Ces prix sont destinés au personnel enseignant, à la communauté étudiante et aux membres du personnel-cadre et de soutien.

La pandémie de COVID-19 a bousculé nos vies, ici et ailleurs. Elle a également braqué les projecteurs sur Benoit Barbeau, expert en virologie. Au cours des 18 derniers mois, il a accordé plus de 700 entrevues, en français comme en anglais, à la radio, à la télévision ou dans la presse écrite, faisant ainsi bénéficier le grand public de ses connaissances scientifiques et de ses talents de vulgarisateur. En plus de ses nombreuses interventions médiatiques, le professeur a poursuivi son enseignement, ses travaux de recherche et l'encadrement de ses étudiants avec la rigueur et l’excellence qu’on lui connaît.

L’ouverture du concours pour les prochains Prix du mérite a été annoncée le 1er novembre. Ils seront décernés lors du Mois de la reconnaissance en avril 2022. Les membres de la communauté uqamienne peuvent dès maintenant faire valoir le mérite de leurs pairs en répondant à l'appel à l'appel de candidatures avant le 7 janvier 2022

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