Combattre le harcèlement de rue

Une étude soutenue par la Ville de Montréal et le Secrétariat à la condition féminine brossera un portrait quantitatif du phénomène.

11 Juin 2021 à 15H56

Actuellement, il n'existe pas de portrait chiffré pour mesurer le phénomène du harcèlement de rue à Montréal.
Photo: Getty/Images

Grâce à une contribution financière de 50 000 $ de la Ville de Montréal et de 60 000 $ du Secrétariat à la condition féminine, une équipe de recherche partenariale réalisera une étude visant à brosser un portrait quantitatif du harcèlement de rue et de ses impacts sur les femmes dans l’espace public montréalais. L’équipe est composée, notamment, d’Isabelle Courcy, professeure au Département de sociologie, de Mélissa Blais (M.A. histoire, 2007; Ph.D., sociologie, 2018), professeure à l’Université du Québec en Outaouais et professeure associée à l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), ainsi que de représentantes du Centre d’éducation et d’action des femmes (CÉAF), l’organisme à l’origine de la prise en compte du phénomène.

Coordonnée par le Service aux collectivités de l’UQAM, l’étude s’inscrit dans les efforts de la Ville de Montréal pour lutter contre les violences à caractère sexuel et sexistes dans l'espace public et pour promouvoir des relations égalitaires entre les hommes et les femmes. Elle permettra de mesurer le phénomène du harcèlement de rue et d’évaluer les stratégies à mettre en place.

«Encore aujourd’hui, le harcèlement de rue est une réalité à laquelle trop de filles et de femmes sont confrontées, déclare la mairesse, Valérie Plante. Fruit d’un partenariat entre la Ville, le Secrétariat à la condition féminine et l’UQAM, le projet d’étude nous donnera des moyens supplémentaires pour agir afin que notre métropole et ses espaces publics soient sécuritaires pour toutes les Montréalaises.»

À l’heure actuelle, il n’existe pas de portrait chiffré pour mesurer le phénomène du harcèlement de rue à Montréal, observe Nathalie Goulet, responsable de l'inclusion sociale, des sports et loisirs, de la condition féminine, de l'itinérance ainsi que de la jeunesse au comité exécutif. «Comme les incidents sont peu souvent rapportés, cet enjeu tend à être banalisé et il devient difficile d’avoir accès à un portrait juste et éclairé de la réalité, d’où la pertinence de cette enquête.»

D’autres métropoles, telles que Genève, Philadelphie ou Barcelone, ont mené des campagnes visant à sensibiliser la population quant à l’importance d’agir contre le harcèlement sexiste dans l’espace public.

«Le harcèlement dans l'espace public est une problématique à enrayer afin que les filles et les femmes puissent circuler dans leur ville d'appartenance en toute sécurité, note la ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. Or, pour agir sur une problématique, il importe d'en connaître la portée. Cette étude est donc un pas important pour mettre en place des mesures concrètes et efficaces.».

La rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, dit être heureuse de mettre au service de ce partenariat tripartite la riche expertise de l’Université en matière de violences subies par les femmes, d’études féministes et de recherches collaboratives. «Depuis sa fondation, l’UQAM est une pionnière des études sur le genre et a fait sa marque en développant, en association avec les milieux sociaux et communautaires, des recherches novatrices qui répondent aux besoins des populations, rappelle la rectrice. Ces recherches sont, entre autres, portées par notre Service aux collectivités, un modèle unique et attesté qui rayonne et inspire ici comme ailleurs.»

L’étude s’inscrit dans le prolongement d’une autre recherche dont les résultats ont été dévoilés le 14 avril à l’occasion de la Semaine internationale de lutte contre le harcèlement de rue. Menée par le CÉAF et une équipe dirigée par Mélissa Blais, la recherche s’appuyait sur les données d’un sondage en ligne réalisé par le CÉAF et sur des témoignages de femmes recueillis dans des groupes de discussion.  

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