Les archives du Voir  à l'UQAM

Un pan de l'histoire culturelle et médiatique montréalaise est désormais conservé à l'Université.

29 Juin 2021 à 15H03

Le professeur de l'École des médias Jean-Hugues Roy a mis la main sur les 121 volumes reliés de l'édition montréalaise du journal Voir, publié entre 1986 et 2019.Photo: Jean-Hugues Roy

Le professeur de l'École des médias Jean-Hugues Roy a organisé un déménagement imprévu au cours des derniers jours: il a mis la main sur les archives de l'édition montréalaise du journal Voir. «C'était naturel que ce soit l'UQAM qui en hérite, car c'était un hebdomadaire connecté au Quartier latin, souligne-t-il. D'ailleurs, les premiers bureaux de l'équipe étaient situés tout près de l'Université, rue Ontario.»

Fondé en 1986 par Pierre Paquet, l'hebdomadaire Voir fut pendant de nombreuses années la référence francophone pour la vie culturelle montréalaise branchée. Il avait été acheté en 2015 par le groupe Mishmash Média, propriété de XPND Capital. Il a été distribué gratuitement jusqu'en 2019, année où la version papier a été abandonnée au profit du web. La version numérique a cessé ses activités en 2020 dans la foulée de la pandémie.

Un attachement particulier

«Dans les années 1990, Voir était le journal cool. C'était un hebdo culturel, mais il y avait une petite section consacrée aux actualités et c'est là que j'ai fait mes premières armes comme journaliste», raconte Jean-Hugues Roy, qui fut embauché en 1988 par le rédacteur en chef Jean Barbe. «Il s'agissait de raconter la vie montréalaise en pratiquant une forme de journalisme de rue qui sortait des sentiers battus. J'écrivais sur des sujets underground comme les gangs de rue ou les premiers raves», se rappelle le professeur, qui y a travaillé jusqu'en 1995.

Au fil des ans, Voir a essaimé avec la publication d'éditions à Québec, Sherbrooke, Gatineau, Saguenay et Trois-Rivières, en plus d'une incursion du côté anglophone avec l'hebdomadaire Hour. «Seules les archives montréalaises seront conservées à l'UQAM», note Jean-Hugues Roy, qui a estimé le poids des 121 volumes reliés qu'il a transportés à un quart de tonne! «La disparition de ces exemplaires n'aurait pas signifié la disparition des archives du journal, puisque Bibliothèque et Archives nationales du Québec en possède dans sa Collection nationale, précise-t-il, mais l'idée que l'UQAM en garde une trace me semblait aller de soi.»  

Un projet de numérisation

Jean-Hugues Roy souhaite concevoir un projet de numérisation de ces archives afin d'en faciliter la consultation. «Tous ces numéros renferment des pans de l'histoire culturelle et médiatique montréalaise et je ne serais pas surpris que cela intéresse d'autres collègues à l'UQAM», note-t-il.

C'est notamment le cas de sa collègue du Département d'études littéraires Chantal Savoie, qu'il a croisée le jour du «déménagement» et qui a salué son initiative. «Je l'ai assuré que j'allais inciter les étudiantes et étudiants qui ne connaîtraient pas le Voir, tout particulièrement ses premières années d'existence, à compulser les rubriques du périodique dans la perspective de documenter différents aspects de la pluralité culturelle et des pratiques culturelles alternatives de la fin des années 1980 et des années 1990, souligne la professeure. Il y a là une grande richesse du point de vue de l'histoire culturelle. La majorité des étudiantes et étudiants à qui nous enseignons aux premier et deuxième cycles n'étaient pas nés au cours de la première décennie d'existence du Voir

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