Lectures de novembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des membres de la communauté universitaire.

9 Novembre 2021 à 8H36

Série «Titres à découvrir»

Femmes au travail

Sur le marché du travail, les femmes sont encore trop souvent considérées comme le «deuxième sexe»: leur corps, leurs tâches, leur rôle social sont relégués au second plan. Blagues sexistes et avances déplacées, outils inappropriés et maladies professionnelles: que peut-on faire pour améliorer les conditions des travailleuses? La professeure émérite du Département des sciences biologiques Karen Messing s'intéresse depuis longtemps à la façon dont les différences biologiques entre les femmes et les hommes sont prises en compte dans les milieux de travail. Dans Le deuxième corps. Femmes au travail, de la honte à la solidarité, elle présente ses recherches auprès de techniciennes en télécommunications, de travailleuses de la santé, de caissières d'épicerie ou encore de camionneuses. La chercheuse livre également ses réflexions sur le sexe biologique et l'identité de genre, en résonnance avec celles de Simone de Beauvoir. «Nous devons nous libérer de la honte qui porte sur notre corps et ses "différences", écrit-elle. Et, surtout, il faut trouver des façons de nous protéger mutuellement et de nous entraider dans notre lutte pour un milieu de travail mieux adapté à notre corps et à notre vie.» Paru aux éditions Écosociété.

Une visite guidée enchantée

Qu'est-ce qui fait briller le soleil? Comment se forment les étoiles filantes? Où soufflent les vents les plus puissants du système solaire? Qu'est-ce qu'une aurore polaire? Quelle planète possède le plus grand canyon? Combien de lunes tournent autour des planètes? Les jeunes lectrices et lecteurs qui effectueront Une visite guidée du système solaire trouveront réponse à ces questions, et beaucoup plus. Dans cet ouvrage documentaire aussi amusant qu’instructif, les enfants sont invités à suivre la guide terrienne Stella et ses touristes extraterrestres dans une visite guidée qui leur permettra de découvrir non seulement le Soleil et ses huit planètes, mais aussi des lunes, des planètes naines, des astéroïdes et des comètes. Rédigé par l'exceptionnel vulgarisateur et professeur du Département de didactique Pierre Chastenay, qui fut pendant 25 ans conseiller scientifique et responsable des activités éducatives au Planétarium, cet ouvrage offre un survol complet des connaissances actuelles en astronomie. Après l'avoir «testé» à la maison, on peut affirmer que les photos spectaculaires ne manquent pas de susciter des réactions enthousiastes et que les illustrations rigolotes de Thom font mouche à tout coup! Publié à la Courte échelle.

Un Québec dystopique

L’équilibre, quatrième roman de la professeure du Département d’études littéraires Cassie Bérard, nous plonge dans une société québécoise futuriste. Les technologies de surveillance sont omniprésentes et les citoyennes et citoyens ont désormais l’obligation de s’occuper des prisonnières et prisonniers. Au lieu de purger leurs sentences dans des prisons, ceux-ci se retrouvent dans des unités individuelles disséminées ici et là sur les terrains privés de gens qui doivent les nourrir et en prendre soin. Une décennie après la mise en place de ce nouveau système carcéral, force est toutefois d’admettre qu’il ne fonctionne plus: de plus en plus de prisonniers s’évadent. Comment ces évasions se produisent-elles? Pourquoi? L’inspectrice Estelle Robert, mandatée pour faire la lumière dans ce dossier ne s’entend guère avec ses collègues du Bureau d’inspection pénitentiaire… Le roman n’est pas construit à la manière d’un polar qui tient en haleine, mais plutôt comme un roman choral. Plusieurs points de vue y sont aussi exposés. Celui des enquêteurs et enquêteuses du Bureau, mais aussi celui d’un prisonnier observant «sa famille d’accueil» ou encore celui du maître d’œuvre de la réforme carcérale, le professeur et philosophe Laurent Lefebvre, qui procède à une analyse fouillée des failles du système. Publié aux éditions La Mèche. 

Humour et littérature

L’ouvrage collectif Études littéraires et Humour Studies. Vers une humoristique francophone regroupe une sélection de travaux en français présentés au 29e congrès de l’International Society for Humor Studies (ISHS), tenu à l’UQAM en 2017. Publié sous la direction du professeur du Département d’études littéraires Bernard Andrès et de la chercheuse Yen-Maï Tran-Gervat, cet ouvrage montre que la tradition francophone des recherches sur l’humour est ancrée dans les études littéraires et les humanités, tandis que les humour studies anglophones, majoritaires, sont dominées par la psychologie et les sciences sociales. Qu’ils concernent des formes brèves, comme le sketch ou la blague, ou des textes plus élaborés, comme l’essai, le roman ou le discours dramaturgique, les travaux ici réunis témoignent de la polymorphie et de l’ambiguïté de l’humour. On y trouve, notamment, une typologie de l’humour littéraire au Québec, une analyse où l’humour québécois contemporain est rattaché à une longue tradition de dérision et d’auto-dérision remontant à la Nouvelle-France, une étude sur l’humour en mode mineur pratiqué par l’écrivain Dany Laferrière ou encore une réflexion sur l’humour noir dans le théâtre de Samuel Beckett, qui met en scène l’absurdité de la condition humaine. Paru aux Presses Sorbonne Nouvelle.

Réflexions de la relève municipale

«Les villes peuvent sauver le monde.» La formule est devenue classique. Que ce soit en développant les réseaux de transport, en protégeant les milieux naturels, en planifiant la densification des agglomérations ou encore en organisant la gestion des matières résiduelles, ces gouvernements de proximité sont en effet au centre des enjeux écologiques du XXIe siècle. De Gatineau à Sainte-Luce, en passant par Granby, Rimouski et Saint-Camille, 11 brefs essais pour des villes résilientes et durables donne la parole à la nouvelle génération d’élues et d'élus d’ici, parmi lesquels deux diplômés de l'UQAM. Réélu le 7 novembre pour un second mandat à titre de conseiller municipal à Saint-Lambert, Loïc Blancquaert (B.A. relations internationales et droit international, 2009) s'intéresse à la gestion des matières résiduelles dans un contexte post-COVID. Le nouveau maire de Laval, Stéphane Boyer (B.A. communication, politique et société, 2012) partage ses réflexions concernant les «enjeux de gouvernance à surmonter pour espérer sauver le monde». Leurs collègues abordent, entre autres, les thématiques de la ville intelligente, de l'implication citoyenne, du transport actif et des inondations. Ensemble, ils pointent les failles, indiquent les écueils, réinventent les moyens, développent les solutions et tracent la voie vers les communautés de demain. Publié aux Éditions Somme toute.

Journal d’une peine d’amour

L’illustratrice et designer graphique Catherine Gauthier (B.A. arts visuels et médiatiques, 2007), mieux connue sous le pseudonyme Comme une image, publie un premier roman illustré. Petit carnet de solitude se lit comme un journal intime. En peu de mots, l’artiste raconte son enfance solitaire de fillette hypersensible, introvertie et différente des autres. «Je n’arrive pas à me faire des amies. Trop perdue dans ma tête», écrit-elle. Devenue jeune femme, elle tombe amoureuse d’un garçon et s’imagine enfin faire équipe avec lui… jusqu’au jour où un événement inattendu – une bombe qui lui laisse un trou dans le ventre – met fin à la relation. Après la rupture, elle oscille entre le désir d’exorciser sa peine en la criant sur tous les toits et celui de ravaler son chagrin et de poursuivre son chemin, à la recherche d’un second amour. «On hume l’air. C’est le printemps. On part en chasse.» Le livre donne la pleine mesure du talent de l’artiste, dont les dessins en noir et blanc sont saisissants de réalisme. Publié aux éditions Station T.

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