Agriculture urbaine au marché Jean-Talon

Un projet de recherche-intervention réunit une dizaine d’entreprises agricoles montréalaises.

21 Juin 2021 à 17H06

Série En vert et pour tous
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L’AU/LAB a mis en place un projet pilote de mise en marché collective au marché Jean-Talon, impliquant une dizaine d’entreprises agricoles urbaines montréalaises. Photo: AU/LAB

Il est difficile pour les producteurs agricoles urbains d’avoir accès à des points de vente tels que les marchés publics et les épiceries. «La mise en marché des produits est un enjeu important pour les petits producteurs puisqu’elle représente des coûts importants de main d’œuvre, de gestion et de transport», explique Éric Duchemin, directeur du Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB).

Pour remédier à la situation, l’AU/LAB a mis en place un projet pilote de mise en marché collective au marché Jean-Talon, impliquant une dizaine d’entreprises agricoles urbaines montréalaises. Le projet de recherche-intervention est mené en collaboration avec le Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec (CRETAU), la Ville de Montréal et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), dans le cadre du programme Territoires: priorités bioalimentaires. Le projet de recherche-intervention est rattaché au futur «Pôle sur la ville résiliente» de l’UQAM, lequel réunira, notamment, trois chaires de recherche-innovation pour une ville verte, durable et résiliente.

Rendre plus visibles les produits de l’agriculture urbaine

Durant tout l’été, la clientèle du marché pourra se procurer des verdurettes, des micropousses, des champignons frais, séchés ou marinés, du miel, des épices, des légumes frais ainsi que des produits à base d’insectes comestibles, comme des burgers de grillons et des boules d’énergie pour chiens. Tout est cultivé et produit dans des fermes sur le territoire montréalais. «Nous avons lancé ce projet, d’une part, pour aider les producteurs agricoles urbains et, d’autre part, pour documenter le fonctionnement d’une mise en marché collective, ses avantages, ses défis et ses contraintes», précise le directeur de l’AU/LAB. La collecte et l’analyse de données permettront à chaque entreprise d’évaluer différents aspects de sa contribution et de mieux comprendre le marché. Des sondages seront effectués auprès des consommatrices et consommateurs pour mieux comprendre leur connaissance et leur intérêt envers la production alimentaire urbaine ainsi que leurs préférences d’achat. «Les producteurs impliqués pourront aussi faire connaître leurs opinions sur le projet», ajoute Éric Duchemin.

Trois personnes embauchées par l’AU/LAB s’occupent du kiosque, de la vente à la gestion en passant par la distribution des sondages et la collecte de données. «C’est presque clé en main pour les producteurs!», observe Éric Duchemin. D’autres moyens de mise en marché seront à l’étude dans le cadre du projet. «On veut savoir, par exemple, si une plateforme web regroupant plusieurs producteurs agricoles urbains serait la meilleure solution, sachant que du côté de la clientèle, on préfère les sites où il est possible de se procurer une foule de produits diversifiés comme à l’épicerie, remarque Éric Duchemin. Il faudra examiner la question avec les producteurs en fonction de leurs besoins.» Le directeur de l’AU/LAB et son équipe sont également à la recherche d’autres points de vente, tels que des épiceries de quartier.

«L’objectif est de former une clientèle fidèle et de générer assez de revenus pour assurer une pérennité au projet», conclut Éric Duchemin.

Le kiosque Fermes urbaines de Montréal (numéro 180) du marché Jean-Talon est ouvert du jeudi au dimanche.

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